LIVRE XI
ment et de la vérité , je lui peins l'infâme conduite des princes chrétiens envers le malheureux Fernand j je lui expose que leur inimitié provient des refus du roi Bertrand 11 de porter contre lui ses armes j je lui promets , au nom de la Provence , une rançon considérable s'il veut relâcher son captif; et je m'offre en otage à sa place jusqu'au paiement de la somme offerte.
(C — Jeune et noble étrangère ! » me répond Saladin non moins frappé de mon courage qu'étonné de ma confiance , (c cece lui dont tu plaides la cause avec tant de )) chaleur doit avoir une âme qui réponde » à la tienne ; il mérite la liberté. Fernand » reverra son royaume ; je ne veux ni ran- )) çon ni otage. Que la générosité des mu- >) sulmans fasse contraste avec la déloyauté » des chrétiens ! Retournez tous deux en » Provence ; et que votre patrie apprenne » de vous que parmi les chefs infidèles il » est des âmes magnanimes. »
» Fernand me fut rendu le jour même.
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Combattre de nouveau Saladin n'entrait plus en notre pensée. Je quittai mes éperons d'or , le fils des Bozons son armure ; et sous le simple vêtement des pieux voyageurs au Saint-Sépulcre , nous reprîmes seuls et à pied la route de la terre natale.
)) Craignant la perfidie des croisés, nous traversâmes , toujours déguisés , les provinces qu'ils gouvernaient , et parvînmes au port de Césarée. Là , malgré la distance qui me séparait de lui, Fernand voulut aux saints autels , avant de s'embarquer pour l'Europe , me prouver sa reconnais- »ance en me donnant le titre d'épouse.
» Des vents contraires et de nouveaux évènemens malheureux , inutiles à détailler, retardèrent notre arrivée en Provence. Hélas ! quand nous débarquâmes à Marseille , Raymond portait depuis long-temps le diadème des Bozons
)) Fernand se rend secrètement chez le duc de Roquemire, un des suzerains du royaume les plus dévoués à sa famille.
Bientôt un parti formidable proclame le