‹ IpsiboéChapitre 244 sur 287 · LIVRE XI. ^o · texte numérisé non relu

LIVRE XI. ^o

des hommes, rêvait encore le bonheur des peuples ', qui s'éleva au trône et en redescendit avec la même grandeur d'âme ; et qui , en toute circonstance , fidèle épouse . tendre mère, se montra pure en sa conduite, et sublime en ses sentimens!

u — Compagn e du malheureux Fern and ! » s'écrie la reine avec douleur , (( quelle des- » tinée fut la tienne ! que de tempéles ont » battu ta vie!. . Ah ! le ciel te devait Ed- 3) gar, et à Edgar le diadème... Héritier des )) Bozons , fuis-moi ! Raymond a fait périr « ton j>ère5 remonte au rang de tes aïeux, » et venge ta famille outragée !

» — Zénaïre ! » interrompt le prince y « je vais te répondre ; suis-moi. »

A ces mots , saisissant sa main , il l'entraîne vers la chapelle; et, près des autels , à genoux , la main levée sur la croix sainte ; « — Arbitre suprême! s'écrie-t-il , écoute » mon serment solennel I.... Instruit par » l'iiistoire de mes pères , par la vie écrite » des princes , et par le tableau de tous les » règnes, je jure de ne jamais ceindre la

)) couronne , quelque brillante qu'elle pa- » raisse; de ne jamais poursuivre la gloire » sous quelque aspect divin qu'elle s'offre ; )i de ne chercher enfin le bonheur qu'en M une existence cachée , avec les vertus et » l'amour!.... Je vous connais, grandeurs )) humaines ; sous vos pompes je vous vois » nues!... Le sceptre des rois est un hochet » sur des poignards , la gloire des héros » une fumée sur des ruines , et la renom- » mée des grands hommes un vague tinte^ » ment dans le vide.

» — Et moi , f) s'écrie à son tour Zénaïre avec la même exaltation, c( je jure de ne » jamais reprendre le pouvoir souverain, » me fût-il offert de nouveau par tout un » peuple agenouillé ; de repousser avec hor- » reur toutes les adulations de la terre, » comme l'encens des dieux du mal j et de )) rejeter tous les titres à la réserve d'un seul M nom.... celui d'épouse d'Alamède!

» — Dieu puissant ! » a repris le prince, » toi qui lis ici dans nos cœurs , accueilles^ » tu notre serment?...

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