LIVRE xr
sissant avec force le bras d'Ipslboé; « sauvezw nous! vous me jugez mal. Arrachez-moi )) à l'affreuse gloire où cherche à m'ëlever
» mon père ! L'indigence, l'exil, la
)) mort, je préfère tous les supplices au » trône du monarque français. Je ne de- » mande au monde entier que son oubli.... M et Alamède.
» — Viens, ma fille! viens dans mes
» bras! » s'écrie la dame du marais avec
son exaltation habituelle lorsqu'elle retrouvait en autrui sa propre magnanimité; c( amante digne d'être aimée! Oui! viens ! )) tes dernières paroles t'ont gagné mon i* cœur à jamais. »
Puis d'un ton grave et prophétique :
f< — Mes enfans ! quel que soit le pouvoir y) de vos ennemis , quelque orage qui vous y) menace , aimez-vous et ne craignez rien ; )) je réponds de vos destinées. En dépit )) des grands de la terre, vous serez époux , » vous serez heureux,
» — Ah ! dit Edgar avec ivresse , ma » Zénaïre a votre cœur, et vous protégez )) notre flamme. 11 ne manque plus, ô ma
» mère! à notre bonheur mutuel qu'une » solitude inconnue où je n'entende plus » parler de princes ni de couronnes , où je )) ne sois que tendre fils , où je ne sois qu'éj) poux fidèle.
» — Eh bien! reprend Ipsil3oé, je vous )) y conduirai moi-même, nous partirons » au point du jour. Comme les routes con- » duisant à ce castel sont maintenant cou- » vertes d'émissaires envoyés par Alphonse » à votre poursuite , et que Zénaïre , d'ail- » leurs, résisterait diflicilement à la Ëitigue » d'une longue marche, je vais préparer » pour votre évasion une voie prompte, )) facile et sure. Au pied de cette forte-- » resse coule une rivière qui va s'enfoncer >) à peu de distance en des rochers inac- » cessililes; cette nuit à l'insu d'Amalric , » auquel il faut cacher nos secrets, je me » procurerai une barque et plusieurs haw bits de pêcheur. Puis avec l'aide d'Izorin )) nous fuirons ensemble ces lieux. »
Ce plan est accueilli avec transport, et Zénaïre entre ses mains a déposé ses pierreries : (c— Epouse d'Edgar! poursuit-elle,