‹ IpsiboéChapitre 250 sur 287 · ET DERNIER · texte numérisé non relu

ET DERNIER

Cependant la foudre grondait sur le couple persécuté. Le comte de Toulouse avait appris le débarquement du roi d'Aragon à Marseille, et déjà tremblait sur sou nouveau trône. Son animosité contre Raymond , que le temps aurait dû calmer, n'avait fait que s'accroître encore. En possession d'Aix, l'un de ses plus ardens désirs, comme moyen de vengeance et de triomphe, était de s'emparer de Zénaïre, et de l'immoler à sa haine; aussi, de toutes parts, ses troupes étaient à sa recherche; et il venait eiifin de découvrir, par des indices certains, qu'elle et son amant s'étaient réfugiés au fort du sire de Sabran.

Amalric lui était connu : nouvellement reçu parmi les invisibles, cet orgueilleux

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Provençal était peu dévoué au parti de ses anciens rois. Ambitieux , déloyal et vindicatif, il était aussi variable en ses opinions, que méprisable en ses principes et qu'insolent en ses discours. Sous quelques actions de courage , il avait su masquer ses vices ; et le monde, trompé par de faux dehors, lui croyait la vertu des braves.

Le comte de Toulouse envoie un de ses plus éloquens affidés au sire de Sabran avec des instructions secrètes : et Amalric apprend de lui que des deux inconnus qui lui ont demandé asile , l'un est la reine Zénaïre, et l'autre un orphelin d'Aiguemar, obscur aventurier se disant fils de Fernand Bozon.

Le messager d'Alphonse ouvre aux yeux du suzerain la plus brillante perspective de fortune et d'élévation, s'il veut se saisir de la reine, et la faire périr, ainsi qu'Alamède, en une prison de son castel : il ébranle son âme ambitieuse et mercenaire pai' les offres les plus séduisantes; il lui peint comme assuré le triomphe des Toulousains, soutenus, dit-il, par les ducs de Bourgogne et par l'empereur d'Allemagne ; enfin il persuade

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