‹ IpsiboéChapitre 251 sur 287 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

A mairie , et le marché du sangest conclu ( i ).

Une circonstance fatale avait déterminé ia résolution du sire de Sabran, et servi le comte de Toulouse. 11 venait d'être informé que le fils de Fernand Bozon était l'orphelin d'Aiguemar, élève dvi marquis d'Eral; et c'était ce même orphelin qui, selon les informations par lui naguère recueillies, l'avait frappé de sa mandore. Il voyait donc en son pouvoir celui qu'un serment solennel lui commandait d'assassiner.

Alphonse eût mieux aimé sans doute tenir Zénaïre en ses fers; mais il n'eut point été prudent de la faire transférer à Aix. Elle aurait pu être délivrée sur la route par ses défenseurs dévoués, dont le nombre était considérable : et la capitale , d'ailleurs, la revoyant chargée de chaînes, eût pu se isonlever pour elle. L'astucieuse politique

(i) Le sire de Sabran prit parti contre Raymond Bérenger dans les guerres de Provence. 11 se rangea sous les drapeaux d'Alphonse Jourdain. Voyez Papon, Hist. de Prop.,i. Il, p. V07

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d'Alphonse a préféré qu'elle pérît par la main d'un de ses sujets. L'odieux de ce meurtre infâme retombe tout entier, non sur lui, mais sur le sire de Sabran.

La dame de Saint-Chrisogone venait de quitter Alamède ; et le prince, craignant d'alarmer Zénaïre, lui avait caché avec soin i^nscription menaçante qu'avait gravée son ennemi contre un des murs de la chapelle. Pventrés dans leur appartement, ils allaient, pressés par la faim, s'asseoir au souper dérisoire qui leur avait été préparé, cjuand la porte s'étant ouverte, Amalric s'offre à leurs regards.

Alamède ferme sa visière, et Zénaïre s'est voilée. Le félon châtelain s'approche; et attentif à leurs moindres mouvemens, son regard les fixe tous deux à la fois , aussi pénétrant que celui de l'insecte ailé dont chaque œil a , selon les véridiques savans, dixsept mille trois cents facettes (^i). .

(i) Loin d'ajouter, je retranche: le papillon en a 34,65o, qui sont autant d'yeux. Ceux qui vou-

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