‹ IpsiboéChapitre 255 sur 287 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

donne à voix basse un nouvel ordre au commandant de ses archers, Yainement lo prince, en sa rage, a voulu résister aux gardes, le malheureux est désarmé; ses mains et celles de Zénaïre sont chargées de fers ; et leur arrêt de mort est prononcé.

Au sommet d'une tour isolée, située à l'extrémité de la citadelle, ils sont traînés par les satellites du suzerain. Une porte massive en chêne tourne et se referme sur eux ; ils sont en une étroite enceinte qui n'a pour clarté qu'une lampe et pour Ht

qu'un monceau de paille O barbarie

épouvantable! des coups de marteau retentissent..,. Condamnés au plus horrible des supplices , ils entendent clouer la porte, qui ne doit plus s'ouvrir à leur vue ; porte fatale , qui , semblable à celle de l'enfer du Dante, eût pu porter pour inscription : Ici entré j plus d'espérance!

Quelle exclamation d'horreur échappe aux deux infortunés!... Ils envisagent leur destin, et déjà des derniers momens ils anticipent l'agonie.

Le prince cherche, mais en vain, à

rendre quelque espoir à la reine ; Jui-méme , hélas! n'en a aucun. La dame de Saint- Cbrisogone ne les aura point oubliés; mais, comme eux proscrite et trahie, que peutelle faire pour les sauver? Les défenseurs de Zénaïre , informés par Ipsiboé de l'acte infâme d'Amalric, peuvent accourir à leur aide , mais avant qu'ils aient battu les troupes d'Alphonse et pris d'assaut le fort de Sabran , le spectre à la faux inflexible aura frappé les deux victimes.

Tombée sur la paille de sa prison : ce — Si )) jeune encore cesser de vivre.'.... » dit la malheureuse captive: « et jamais, 6 cher )) Alamède! je n'ai tant aimé l'existence.... )♦ Mourir quand j'allais être heureuse ! » quand l'amour et la liberté , m'ouvrant » une carrière nouvelle , semblaient , déi- » tés caressantes, me tendre leur coupe » enchantée!.... w

Ses pleurs ont étouffé sa voix, ce — Non , » s'écrie le fils de Bozon avec un accent à la fois plein de tendresse , d'angoisse et d'énergie ; « non , tu ne mourras point ici !

» — Le crois- tu? » répond Zénaïre.

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