‹ IpsiboéChapitre 276 sur 287 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

l'étrange femme aux contrastes. 11 éloigne ses chevaliers. « — Epouse de Fernand!

» lui dit-il , qu'ai-je entendu ! quoi ! vous » seriez cette Ipsiboé si célèbre !...

)) — Oui, si célèbre, interrompt -elle, )) par ses constantes infortunes... mais quel » qu'ait pu être mon sort , je le préfère en- )) core au tien : des longues épreuves de la » vie je sors sans tache et sans reproche. » Raymond ! en peux-tu dire autant ?

y) — Je sais quelle fut ta carrière, » a répliqué le roi d'Aragon; c( je sais quelles » furent tes intrigues avec une secte fa- )) meuse qui t'avait choisie pour son chef; » par toi fut ébranlé mon trône , espères-tu )) l'abattre encore ?

» — Non : mes yeux se sont dessillés; )) Les peuples ignorans de ce siècle aiment » mieux être gouvernés avec une faux et » des verges qu'avec un sceptre et des ba- » lances. Les couronnes, je le vois trop, ne » conviennent qu'à des tyrans ; elles sont » les proies déplorables que s'entre-arra- » chent les conquérans, vrais vampires du » genre humain 3 ne redoute plus rien de

» moi • j'abdique à jamais les grandeurs, )) Perfide, sanguinaire, absolu, règne î tu » mérites le trône.

y> — Et que sont devenus tes invisibles , » ta grande société secrète ?

» — Je le saurais , qu'en ce moment je » ne t'en informerais point.

» — Tes régénérateurs sont anéantis , y) leur feu redoutable est éteint.

» — Eteint, non; mais il est couvert.

y> L'association des grandes âmes qui veu- » lent l'émancipation de la terre, la liberté » des nations, et l'extension des vraies lu- » mières, n'est pas d'un siècle , mais de tous. )) Ostensible ou cacbée, elle fut, elle est, et )) sera comme l'éternelle Providence qui se » manifeste sans être vue, et triomphe sans » montrer ses armes. Elle serait morte au- )) jourd'hui que demain elle revivrait. Ta » flamme a pu brûler le temple; mais tel j) que l'immortel phénix, il ressortira de » ses cendres : il a pour base la sagesse, » pour clef de voûte les vertus. Les lois des » régénérateurs dans tout noble cœur ont » leur siège, elles seront de tous les âges :

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