ÉPILOGUE. 2.6g
barbares, la statue sainte d'une nicbe, le décors d'un autel gotbique.
Jamais dame en pareil costume ne s'était montrée à la cour ; et jamais nulle genlifemme n'avait, avec plus d'assurance, traversé la salle du trône.
Le monarque stupéfié, le corps rejeté en arrière , la regarde et reste sans voix . (( —Raymond ! » reprend-elle avec force, ce comme tous les oppresseurs couronnés , » tu ne respectes pas plus la liberté indiviy> duelle que toutes les autres libertés pu- )) bliques. Ma demeure a été violée, les » droits de mon sexe méconnus. Tes seules » volontés sont les lois; tu te joues du com- )) mun des hommes. Eh bien ! fier des- )) pote, triomphe ! Me voici, que veux-tu » de moi ?
» — Quel discours et quelle arrogance! « répond le prince courroucé; (( femme, sais- » tu qui je suis ?
» — L'usurpateur de la Provence , l'as- M sassin de Fernand Bozon. »
Un des templiers, fluieux , s'avance vers
elle à ces mots; et cherchant à la dérober à l'emportement du monarque, il veut l'enlever de la salle Mais Ipsiboé le repoussant avec indignation ; « — Comte de Bar- » ceione ! » reprend-elle : « ôte à l'instant » de devant moi ces estafiers du despotisme. » J'ai droit de commander ici 3 j'y portai )) jadis ta couronne, et ce palais était le » mien. Usurpation , baisse les yeux devant » la légitimité .' Toi qui m'oses faire arrêter ,
■» sais-tu toi-même qui le parle ? Une
» reine, au moins ton égale, la veuve de » Fernand Bozon. »
Elle dit, et jette un œil fier sur les assistans étonnés. Son maintien soudainement ennobli avait pris un aspect auguste, une dignité souveraine ; la ridicule forme de ses vêtemens avait disparu devant la mâle énergie de son langage; sa fermeté, captivant l'admiration, l'élevait à une hauteur qui ne permettait plus aux regards de s'arrêter sur des dehors que sa grande âme dédaignait ; ce n'était plus l'inconnue d'un marais , c'était la veuve d'un monarque.
Raymond cède lui-même à l'empire de