ÉPILOGUE
» tisaris qui t'environnent, une essence )) pure et utile.»
Le prince altier et violent s'était jusqu'alors contenu; mais il allait tonner contre elle , lorsqu'une soudaine pensée vient encore imposer à son âme une nouvelle contrainte. La dame de Saint-Chrisogone est mère d'Alamède, et le destin de Zénaïre ne peut que lui être connu. « — Veuve de » Bozon ! » lui dit-il d'un ton calme et affectueux , «: je rends grâce au hasard qui » nous a fait connaître l'un à l'autre ; quelle » que soit la demeure que vous choisissiez , » elle sera désormais inviolable. J'honore » vos nobles sentimens, et j'admire votre ►) mâle courage. Je vous ferai rendre par- 0 tout les honneurs dus au rang des prin- » ces ] et quelque désir que vous m'expri- » miez , je serai heureux de le satisfaire.
» — Fais-moi donc avancer un siège. En » ces lieux , de toutes manières , nous som - » mes déplacés l'un et l'autre ; tu es assis , » je suis debout, n
Raymond quitte son fauteuil royal; et sur un divan asiatique, ayant pris place
à côté d'elle : « — Princesse ! » a-t-il continué, c( vous fûtes frappée par le sort; » comme vous il m'accable aussi ; j'ai perdu )) mon unique fille.
)) -^ Que dis-tu? Pour perdre une fdle )) il faudrait avoir été père. Raymond ! tu >) ne le fus jamais.
» — Ipsiboé! le noir mystère qui couvre
» sa disparition t'aurait-il été dévoilé?
» Ne peux-tu me rendre au bonheur?....
» Ipsiboé, je t'en conjure.,..
» «^ J'étais certaine , » répond-elle , ce que }) tes offices et tes promesses préludaient à » quelque prière. Les princes ne flattent )) que par nécessité et ne caressent que pai- 5) politique. Quand vous lui êtes néces- )) saire, l'arbre royal ofTre de beaux fruits; » mais n'a-t-il plus besoin de vous, ces » fruits sont ceux du lac Asphalte, ils ne » sont remplis que de cendres. ))
Feignant de n'avoir point entendu ;
<( — Princesse! » poursuit le monarque, <( vous eûtes un fils de Fernand , il portait le » nom d'Alamède et fut aimé de Zénaïre ;