‹ IpsiboéChapitre 279 sur 287 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

h je n'ignore point que ce noble héritier » des Bozons, le jour même où les im^iï) sibles comptaient le proclamer souve- « rain, rejeta la grandeur suprême pour )) suivre la reine proscrite. Je sais qu'au )) pouvoir d'un perfide il partagea les fers y> de ma fille; je sais qu'un breuvage fatal » leur flit à tous deux présenté; mais les » captifs ont-ils péri?

)) — Non, interrompt Ipsiboé. Le ciel i) n'a point permis ce crime. Lorsque l'in- » fàme sire de Sabran envoya demander eu » toute hâte une poudre mortelle à Al- ;) fernie, cette odieuse créature n'en avait » point de préparée : peu habile en son art » perfide, et d'après des bruits mensongers )) me croyant une autre Médée, elle vint )> à Saint -Chrisogone; et le ciel voulut » que j'y fusse. Alfernie m'était inconnue, » sa prière me fut suspecte ; et je lui remis , y) comme poison subtil . un fort et puissant » narcotique : le traître d'abord fut joué, )) puis la liqueur trompa mon fils, Zénaïre, )) et même Izorin.

)) — Ainsi, dit le prince ravi , les captifs

» ont été sauvés ! Achevez, vivent-ils

» encore?

» — Ils sont morts pour toi et le monde. » — Mais leurs destins?...

» — Sont fortunés. Ils sont libres , ils y) sont époux. L'un et l'autre ils goûtent » en paix, au fond d'une retraite pure, )) toutes les délices de la vie. Au riant val- » Ion qu'ils habitent, il ne manquait qu'un » couple heureux pour être un paradis sur » la terre.

)) — Zénaïre! fille chérie! s'écrie Ray- » mond avec transport. Tu vis ! je pourrais )) te revoir! Dieu du ciel, tu m'as exaucé! » oh! reçois mes actions de grâce! ))

Sa joie était vive et sincère, ses prières étaient ferventes; la dame de Saint-Clirisogone, ne le regardant néanmoins qu'avec un dédain ironique , a pris la parole eu ces mots :

(( — Quelle métamorphose en toi!

)) avec quelle prompte vigueur se sont sou- )) dain développés dans ton âme jadis in- )) crédule les sentimens religieux! Partie

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