ÉPILOGUE. :28l
Il dit, et son langage est vrai. La clame de Saint-Chrisogone a réfléchi profondément ; puis elle s'exprime en ces termes :
« — Le mallieur des guerriers célèbres et » des politiques fameux est d'inspirer peu » de confiance. Pour eux des traités ne sont » que des délais, et des promesses que des D) mots : se fiera-t-on à tes sermens?
» D'ailleurs, un obstacle plus grand )) encore s'oppose à l'accomplissement de )) tes vœux. Alamède et Zénaïre se sont en- » gagés, au pied des autels, à n'accepter )) jamais aucun trône, et à ne vivre que )) pour eux-mêmes. Assez riche par mes )) présens et par les pierreries de ta fille , >) Alamède en sa solitude n'a rien à désirer » sur la terre; son amante et lui rejetteront » toutes tes offres.
)) — Non, si ton éloquence persuasive » plaide la cause paternelle. Ils se doiver»t » à leur patrie, ils se doivent à leur famille; )) et le Saint-Pontife de Rome pourra les » relever de leur vœu.
)) — Eh bien! ">) reprend Ipsiboé, ce je » consens à leur faire parvenir la prière ; 3e Edit. Tome IL 24
» j'appuierai tes propositions autant que » je croirai le devoir; et je te communique- » rai leur réponse.
» — • Leur demeure?...
)) — Je ne puis encore ni ne veux te la » révéler.
» — Elle n'est point la tienne ?
» — Non : ils ne vivent point près de » moi. Pour que l'amour reste durable, il )) ne faut point de tiers entre époux ; je me » rends souvent à leur retraite, mais je n'y )) séjourne que peu.
» — Et quand aurai-je leur réponse?
)) — "Viens, le dernier jour de ce mois , "S) à la neuvième heure du soir, au marais » de Saint-Chrisoji^one : la décision des » époux te sera fidèlement transmise.
)) — Par toi-même?
)) — Ovii, si elle doit combler tes vœux;
» snion tu ne me reverras jamais. -»
En prononçant ces derniers mots, la voix d'Ipsiboé était sombre; et son visage avait pris une expression singulière et mystérieuse j qui semblait: ainionccr qu'une résolution étrange et subite venait d'être prise