‹ IpsiboéChapitre 280 sur 287 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

» du fond d'un cœur glacé , quelle subite » explosion de sensibilité paternelle!...

» — Tu me juges mal, répond-il. Les » années ont changé Raymond ; il com- » mit des fautes sans doute, mais son » repentir les efface. La disparition de ma y> fille, en déchirant mon âme, l'a rouverte » aux plus tendres affections de la nature ; )» par le ciel enfin éclairé, j'ai vu le néant » de la gloire , et je sens le vide du trône. » O toi dont une seule parole a plus fait » battre mon cœur en un instant, que ne l'a- » valent fait en un demi-siècle toutes les voix » flatteuses de la renommée ! rends-toi , de 7) grâce, à mes prières ! que par ton généreux » secours je puisse revoir Zénaïre ! »

Pour la première fois , oubliant l'orgueil de son rang, le roi d'Aragon, les mains jointes, et dans uneattitude suppliante, implore humblement une témme.

Ipsiboé parait émue.

« — Je voudrais croire à ta conversion , » reprend-elle; mais hélas! je connais Bayy) mond : devenu subitement père et chré- ); lien, il se jette au champ des vertus

aSo iPsiBOÉ.

» comme un soldat au champ des massa- » cres j c'est pour lui le sol d'une journée , » demain il foulera d'autres terres.

y> Comte de Barcelone! Zénaïre est calme » et heureuse, pourquoi veux-tu troubler )) son bonheur? Epouse d'Alamède , elle ne » peut plus l'être du roi de France. Con- )) tente-toi des jouissances de la grandeur, )) laisse -lui celles de l'amour.

y) • — Ah ! ce n'est point pour l'enlever à » celui qu'elle aime , » répond le monarque, « ni pour l'unir à Louis Yll, que je rede- » mande ma fille; non, je ne veux que la » voir encore et l'embrasser avant ma mort. » Ipsiboé, je te le jure, si tu la rends à ma D) tendresse, je couronnerai ton fils roi de )) Provence 5 il partagera le sceptre avec )) Zénaïre; et un gouvernement tel que tu )) le désires pourra par toi être établi. J'uni- )) rai ainsi les deux dynasties rivales; je u contenterai tous les partis; j'éteindrai j )) toutes les haines : les Bozons et les Bé- » rengers ne feront plus qu'une famille; » en lin, la paix et le bonheur public seront ;; ton immortel ouvrage. »

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