ÉPILOGUE
» l'homme doit trouver, ou mourir. La )> nouvelle Jérusalem, la ville de l'Apoca- )) lypse , figure le grand secret découvert et )) le jour de l'éternité; le serpent d'airain de » Moïse est la représentation de Varca- » num (i), qui doit un jour, du grand )) tombeau, s'élever vainqueur de la mort. )) La panacée (2) récupérée, le cercueil ne » s'ouvrira plus pour l'être vertueux et )) croyant ; la foudre écrasera l'impie ; et » l'univers purifié redeviendra l'ancien » Eden. »
Le fi:ont d'Ipsiboé rayonnait de son enthousiaste délire , et le monarque la contemple avec une nouvelle surprise. Après avoir ouï son discours sur la transmutation des métaux , le despote lui pardonne au fond du cœur son antécédente tirade sur l'émancipation des peuples.
<c — Puissent vos vœux être exaucés ! » lui répondit-il en souriant et d'un ton demi-
(1) Autre nom donné à la pierre philosopliale» Voyez Paracelse et autres.
(2) Ou remède universel.
ironique; « puissiez- vous donner à la fois, » je le désire sincèrement , un gouverne- » ment parfait aux nations et un arbre de )) vie aux hommes ! L'un est aussi possible »,que l'autre. »
Puis tous deux se sont séparés.
Avec quelle impatience le roi d'Aragon appelle de ses vœux le jour fixé par Ipsiboé pour sa cfonférence au marais ! Que la marche du temps lui paraît lente , et pourtant combien il redoute la décision qu'il attend .'
Enfin l'époque du départ est venue ; et , suivi d'mie escorte peu nombreuse , il a pris la route de Saint-Chrisogone. Depuis longtemps l'astre du jour éclairait un autre hémisphère lorsqu'il parvint au fameux marais.
Une infecte et noire vapeur élevée de ses eaux stagnantes couvrait la vallée redoutable : Raymond , glacé par l'humidité de l'air, considère avec un certain effroi les sohtudes sinistres qu'il traverse, et cherche à découvrir dans le lointain la demeure d'Ipsiboé; mais l'obscurité s'épaissit, et