LIVRE II
» — Erreur! dis sa restauration.
)) — Yeut abattre....
)) — Non, veut relever.
» — Mais du moins ôter la couronne...
)) — Non , la donner au roi légitime.
» — Vous comptez donc armer les » peuples?
» — Nous comptons éclairer les hommes.
» — C'est détruire....
)) — Non ; c'est fonder.
)) — Je m'y perds.
» — Tu t'y trouv eras.
» — Vos plans sont périlleux et hardis. n Le monde à éclairer est bien vaste!
» — Le monde a des bornes connues, )) le génie humain n'en a point.
)) — Mais vous flattez- vous de chan- » ger....?
» — Oui, » s'écrie Ipsiboé avec l'exaltation la plus vive , « de changer la face du » monde. Ecoute, jeune servant des cas- » tels, l'espérance des hommes libres : les » temps barbares sont finis j les temps ci- » vilisés commencent. Les peuples sont las » de la tyrannie, et les chrétiens de l'imf 3« EcUt. Tome I. 8
go ipsiBoÉ.
» piété. Le bandeau de l'erreur se déchire ; » les fers de l'esclavage se brisent; il faut )) des barrières aux trôpes et des réformes )) dans l'Eglise. Trop long-temps la terre » asservie fut un immense sanctuaire tou- )) jours ténébreux et sanglant, dont les )) grands étaient les sacrificateurs, et le )) vulgaire les victimes,... O dégradation de » l'humanité ! j'ai vu le coursier d'un )) évêque être , après marché débattu , payé » deux hommes et trois femmes (i). En » une cérémonie sainte , j'ai vu braire , au » pied des autels, l'âne des mystères de )) Vesta (2). J'ai vu sur le pavé de nos y> tem})les des choristes armés d'un fouet
(i) Hugues de Champfleuri , évêque de Soissons , désirant un beau cheval pour faire son entrée dans son évêché, en acheta un qu'il paya cinq serfs de sa terre. Gaule poétique ^ tome IV, page 35o. — Saint-Foix, Essais sur Paris ^ t. V, p. 198.
(2) Voyez Mémoires cVhist.j décrit, et de litt.j par l'abbé d'Artigny, t. IV , art. 64, page 270 , et t. VII , art. i4, p. 67. —Ducange , Gloss. V». Festum asinorum kalendœ. — Du Tillet, Fête défi fousj p. 5.