‹ IpsiboéChapitre 63 sur 287 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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ëpauîes par des galons et des aiguillettes , une draperie rouge et royale tombe à plis presses jusqu'à terre , et derrière elle traiiiu au loin. t)eux écharpes en sautoir suspendent à ses côtés un soleil et une lune en pierreries. Enfin, autour de cette parure somptueuse flottent, tortillées au hasard, des gazes à paillettes d'argent, qui, accrochant tous les objets, contrarient la marche et les gestes de la haute et puissante daîîie*

Un ajustement si bizarre, des ornemens si magnifiques, une pompe si déplacée, ont fait oublier au jouvencel les images antécédentes. Ses craintes se sont dissipées. Grâce à l'appareil splendide de l'habitante du marais, il lui semble qu'en un instant le drame est devenu parade. A ses yeux la scène a changé ; il n'aperçoit plus l'effrayant, il ne voit plus que le burlesque.

« — Téméraire ! » répète une seconde fois Ipsiboé d'un ton impératif, « que veux-tu ? » que demandes-tu ? »

Mais cette apostrophe sévère ne frappait plus alors qu'à faux, et n'était plus à l'unisson avec les pensées d'Aîamède.Yainement

le page él ourdi cherche à contenir les élans de sa gaîté irréfléchie , son caractère léger l'emporte; et, mettant un genoj|i,en terre il répond d'un air dramatique :

(( — Reine de ces régions ohscures ! je y) viens prendre part à vos joies et demander )) place à vos fêles. Sur votre merveilleux )) théâtre admettez un acteur de plus. Que y) les rôles doivent être beaux, si j'en juge y) par les costumes !

„ — Jeune extravagant ! )) réphque avec noblesse et dignité la dame de Saint-Chrisogone, (( en quels lieux oses-tu railler ?... )) auprès du tombeau de ton père.

» — De mon père ! w répète l'orphelin.

En effet, là, presque à ses pieds, est un cofïre ou cercueil de plomb qu'une pièce d'étoffe écarlate ne cache à ses yeux qu'en

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