‹ IpsiboéChapitre 62 sur 287 · LIVRE III. I2S · texte numérisé non relu

LIVRE III. I2S

sent de leur robe. Deux noms sont écrits sur le cadre : (( Fernand Bozon. )) Au bas du portrait sont ces mots : « Peuple , il peut » revivre ; vengeance ! »

L'autre peinture offre une femme assise sous le dais souverain. Son maintien noble est d'une reine, son regard céleste est d'un ange: telle que les déités de la fable, elle joint la grâce à la beauté. Devant cette

image suave, Alamède reste en extase

Mais un poignard, que tient une main invisible , a tracé ces mots sur le trône : « Peuple y haine à l'usurpatrice ! » En un lointain vaporeux , on revoit la même princesse; mais tout est changé autour d'elle ; des religieuses coupent ses longs cheveux , et un voile noir levé sur sa tête présente ces paroles en caractères de sang : <c Disparaisse ainsi Zênaïre ! »

Le sensible page a frémi A l'instant

une voix sinistre, rompant un silence effrayant, du fond de l'enceinte lui crie : « — Qui t'amène ici , téméraire ? »

L'orphelin recule troublé. Des frissons courent dans ses veines.... et son flambeau

vacille en sa main. Derrière la colonne torse une figure grandie par les ombres et qui lui païaît gigantesque, vient à lui sombre et menaçante, comme une apparition funeste. Son attitude imposante annonce la puissance, mais quelle sorte de puissance? Celle des démons ou des anges ? Celle des vivans ou des morts ?

Elle approche.... se débarrasse du drap noir dont elle était enveloppée. 0 surprise ! c'est Ipsiboé j c'est l'inconnue aux grands effets.

Entre ses cheveux , d'un iioir d'ébène , s'entremêlent des cbaînons d'or, qui, de distance en distance , présentent des médailles antiques ; l'une d'elles , d'un volume énorme , fixée au milieu de son front , oi3^*e une face monstrueuse à longues oreilles, qui semble figurer Midasj et, pour compléter sa coiffure, une branche fleurie de myrte artificiel retombe du sommet de sa tête, portant deux roitelet* en cire.

Elle est revêtue d'une tunique de soie bleue, doublée de fourrures grisâtres et garnie déplumes de paon. Attachée sur se;

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