‹ IpsiboéChapitre 83 sur 287 · LIVRE IV. J · texte numérisé non relu

LIVRE IV. J

» mis Je vois s'allumer les bûchers

» Je te vois au milieu des flammmes (i)

» Le glaive frappe, le sang coule.... Toute )) une terre est dépeuplée.... (2). Que de » forfaits! que de victimes!... Au tribunal » des derniers jours , toi la cause de tous ces )) crimes ! ô Bruys , que répondras-tu?

» — Qu'on s'empare de cette énergu- » mène ! dit le manichéen d'une voix ter- » rible. Soldats croyans, saisissez-la! Cette )) prophétesse des invisibles est possédée )) par le démon. »

La dame de Saint-Chrisogone est environnée aussitôt par les satellites de Bruys. Elle parle encore; mais ses accens sont étouffés sous les clameurs de la cohorte. « — Il te tarde , poursuit le chef, que le feu y> nous ait dévorés. Déjà tu prêches, je le »sais, une croisade contre nous; et dans )) ta charité orthodoxe, si tu gouvernais

(i) Il fut brùlé vif à Saint-Gilles par les liabitans du pays. ( ^oy^2 Veupon, HisL île Provence , tome IL)

(2) Ou sait comment finirent les Albigeois^

» le saint-siége, tu canoniserais nos boiu- » reaux. »

Alamèdeet son compagnon s'étaient jetés au milieu des manichéens, ils semblaient vouloir défendre Ipsiboé. « — Sont-celà, )) continue Bruys avec un rire sardo- >y nique , tes disciples et tes soutiens? Au- )) tour d'une aussi haute puissance, voilà » une cour bien chétive! voilà une garde » bien mesquine !....))

Et par son ordre, Alamède et Izorin, n'ayant nulle arme pour combattre, sont entraînés par la troupe hérétique vers une petite tour carrée sans plafond, sans plancher, sans toit, et n'ayant qu'une seule entrée. Là sont jetés les deux captifs. Un énorme monceau de pierres est roulé à l'extérieur, contre la porte fermée sur eux ; et le chef des brigands s'éloigne en emmenant sa prisonnière.

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