LIVRE V. 2ÎJ
y> juger. On étudie les grands principes, on » s'en pénètre , et l'on se tait.
»Mais revenons à nos projets. Nonob- )) stant le manque des formalités religieuses, » je me crois en droit de vous élever au » grade d'écuyer. Approche donc . heu- )) reux candidat à l'illustre sacerdoce de )) la chevalerie ! Mets un genou en terre ! )) adresse une oraison au Seigneur ! et re- 5) cois ce glaive sacré que j'octroie au pour- » suivant d'armes ! »
En proférant ces phrases pompeuses , le sire deMonteroUes offrait à l'orphelin une brillante épée. La vue du fer étincelant émeut le cœur du vaillant page. Le désir de la posséder étouffe en lui toute autre idée. 11 oublie l'orgueilleux langage, ne voit que le don généreux ; et courbant son front intrépide, il reçoit l'arme de la gloire.
ce — -^ A demain donc î a repris Hugues. y) Pour suppléer à la pieuse cérémonie » qu'exigeait votre promotion , passez; votre » nuit en prières. »
Le paladin s'est retiré : presque aussitôt
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entre son père. Le vieillard est seulj il tient à sa main une lampe antique j et , bien que rigide et sévère, son visage est affectueux.
'Il s'assied, et s'adressant à l'orphelin :
<c — J'ai le pressenliment , lui dit-il, que y) la lettre d'Ipsiboé sera retrouvée au per- )} ron. En ce cas, que comptez-vous faire ?
)) — Obéir à ma bienfaitrice , et parlir » sur-le champ pour Aix.
» — Sans appui, si jeune, sans guide, et » sur des routes infestées de brigands, vous » allez courir mille dangers.
)) — Qui sait les braver peut les vaincre.
y) — Mais un protecteur....
» — M'est offert.
y> — Et quel est-il ?
» — C'est votre fds. »
Le baron, mécontent , se tait. « — 11 so )) rend à la capitale , poursuit Alamède; il j) m'a proposé de l'accompagner : j'ai ac- » cepté son offre avec joie, et demain je » suivrai ses pas.
» — Du moins , si vous suivez ses pas , )) dit en soupirant le vieillard, craignez