LIVRE V. 2IO
» de suivre ses avis. Cet insensé pourrait
y> vous perdre Je ne m'opposerai point
» à ce que vous vous rendiez à votre des- » tination sous l'escorte d'un chef vaillant ; » mais à Aix séparez-vous. Je vous l'or-
)) donne au nom d'Ipsiboé ! au nom de
)) votre mère adoptive .'....
» — Cependant Hugues deMonterolles...
» — Est au nombre des ennemis de la y> dame de Saint-Chrisogone. Hugues, en w revenant de la Palestine , a vu Zénaïre à )) sa cour. La beauté de cette orgueilleuse )) princesse a troublé ses sens et sa raison; » et, attelé au char de ses admirateurs, il
)) court déshonorer son nom Alamède,
» fuyez la sirène trompeuse qui momenta- » nément occupe le trône ! Piedoutez ses )) charmes perfides ! et n'allez pas , vil cour- » tisan, brûler aussi un encens coupable à » l'autel de la fausse idole !
» Puisque Ipsiboé vous protège , je vous » dois tout mon intérêt. Or , vous pré- » munir contre les pièges et les périls qui » pourraient vous entourer , est en quelque » sorte une loi pour moi. Apprenez donc
2ï4- IBSIBOÉ.
)) que le règne de l'usurpatrice touche à sa )) liu , que la grande armée du comte de y> Toulouse est prête à fondre sur la Pro- )> vence, et que la ville des Bozons attend » son prince légitime. Opprobre, malheur, )) anathème à qui défendra Zénaïre ! »
Le châtelain alors se lève , et termine ainsi son discom^s : « -— Conservez mes )) paroles en votre mémoire ; exécutez reli- )) gieusement les ordres de la puissante )) Ipsiboé. Sans nulle crainte, avec cony) fiance, j'ai dû m'ouvrir à son élève. )) Allez, jouvencel d'Aiguemar! qu'Ipsiboé )) veille sur vous! et que le ciel vous soit )) propice! ))
Le suzerain s'est éloigné. L'orplielin, peu d'instans après , fatigué des travaux du jour, s'est endormi profondément.
Au premier rayon de l'aurore, Izoriti éveille son maître. Hélas! de retour au castel, il n'a réussi qu'en partie dans se.s recherches. La lettre de la dame du marais au duc de Roquemire, échappée du manche cassé de la mandore, a élé retrouvée