‹ Irène et les ennuquesChapitre 12 sur 15 · y6 IMKNK KT I,KS KINIJOLKS · texte numérisé non relu

y6 IMKNK KT I,KS KINIJOLKS

lanlin, Irène, Mîirio, Shiiii nkios, Aétios ft .Ifîiri. ].*• |)('Uj)l(' (lu j>;il;iis se liissîiil l«- lon^ ri iiiu* }>.'irrit'r«'. Un gros iiit('ii<l;ml dlsiiil ;i sou voisin.

— Ne nie serre pas si loit, loi. tu lrif)pes mon ni;uitean...

— Pour ce qu'il le coûte... Tu en rachèteras un aulie en volant davantage.

— Ah î je vois la figure de la sainte Augusta,.. dit une femme... Regarde comme elle prie, l'Arménienne.

— On dit qu'elle a piétiné les images. Il faut se méfier des Arméniens...

Un Franc à longues moustaches et à braves vertes constatait :

— Pour la quatrième fois, je reviens à Byzance. Il y a plus de langues coupées, plus d'yeux crevés, mais le reste ne change pas.

— Dis-moi Sidi,... priait un arabe grave et ardent ;... peux-tu désigner dans le cortège cette fleur d'oasis, dont parlent toutes les lèvres, cette Théodote !

— On ne la voit plus,... répondit un caloyer dont la mine sévère flétrit le vice de cette parole indiscrète î... La concubine a dû être reléguée dans les îles, en attendant les feux de l'enfer.

— Elle semblait malade au reste. Elles n'ont pas de sang sous la peau, ces filles du palais. J ai chaud,

moi !

— Silence... barbare... ordonna le héraut. Mais le Franc cria plus fort :

— J^ii chaud... eunuque... j ai chaud...

La cohue le hua :

Le cortège approchait. Il|descen(Jit les marches vertes de l'escalier. Déjà tout ivre de gaité, malgré les splendeurs de la chappe et des ornements impériaux, Tautocrator parle aux dignitaires à genoux :

— Je vous salue, Nobilissimes... Bons oncles.-, vous persuadiez les légions arméniennes contre la chrétienté. ^'otre éloquence a, paraît-il, usé vos langues jusqu à la racine... Que le Christ les fasse repousser... Nobilissimes... les fasse repousser, vos langues comme je vous pardonne en partageant mon pain avec vous.

Ayant pris les gâteaux d'anis sur un plat d'or tendu par les chambellans il les distribue. Mais ii mesure ([ue les dignitaires y mordent leurs visages sont secoués nerveusement, ii cause d'un excès de poivre dans la pâte.

— Alexis, admire la clémence du Sauveur qui voulut que tu perdisses les yeux ii temps, afin de ne pas voir les conséquences de ta défaite.

Il leur donne les gâteaux.

— Quelle maladie agite les aveugles?... se demande l'assistance.

— Ils éternuent tous.

— L'Lmpereur a fait sans doute augmenter la dose d'épices.

— Pour se mcxjuer de leurs figures...

Et les éternuements répétés d'Alexis font éclater de rire les étrangers admis ii la fête.

— Souille, stratège!., ordonne très haut une jolie

2yS IRKNK i:t i,ks kinloues

«iihiciihiirc, fliittousr il Ir^^aid (!»• (Constantin (|ii «II»voit se divntii'. ., Sonllh-, <•! tu ••xpulscras de ton nfz... une l)asili(juo. . .

— \'A ToiK'le Nicétas présunif uiic autre... Deux

Iilppogiv plies vont sortir de ses uaiiiies, certalnemenl... Keprends lialeinc, oncle...

— Bon, ils pleurent tous... Les larmes débordent les paupière des aveugles...

I/hilaritc secoue la niuUltude en voiles de couleurs, en diadèmes de perles, en manteaux brodés d'insif^nes.

— Ça les fait souffrir, tu sais... Rien ne cicatrise entièrement leurs plaies...

— Ils font des grimaces plaisantes,... Ah! celui-là plus gros qu'une jarre de saumure...

Constantin, déclame :

— Damianos, à toi qui allumais les villages sur la côte de Bithynie, afin d'épouvanter ceux de Byzance, Notre très pieuse mère et Moi-même, afin qu Alexis devînt le Basileus des Romains et que tu fusses son logothète...; et à toi, Pierre, toi qui ne verras plus rien avant les flammes de THadès en signe de mon pardon je t'oO're à manger de mon mets impérial...

Les aveugles grimacent et éternuent. La foule ricane : • — Ah ! ils pleurent tous...

— Ton caprice,... proteste Alexis,... peut faire rouler nos tètes dans le sang de nos veines coupées, Rayon du Christ, cependant...

— Qui parle sans être interrogé?., gronde le héraut durement.

IRENK KT LKS EUNUOUES

Or la nibiculalre espiègle muriiuire afin crainiiser Tentourage :

— lisse taisent par la bouche, mais non par le iiez...

— Vois le vieil KiidoeiriK^ 11 ('leriiue eonune une catapulte (juand elle lance des pierres.

— Kt cet Alexis. 11 secoua son airogance sur la poussière à présent.

Une vieille en noble colère, se hausse et s écrie :

— Je ne suis qu'une pauvre femnie, moi; cependant, à la place de l'Autocrator je n'insulterais pas ainsi ceux qui furent mes amis.

— Garde-toi de paroles imprudentes, femme;... conseille un olïicier... On ffèle dans les basses-fosses des Nouméra...

— Nous voici en été. (la m'évitera la chaleur.

Les aveugles et les muets continuent d'éternucr, le peuple de s'esbaudir.

Constantin atteste l'approbation de la foule.

— Ils n'aiment pas les épices... mes amis !...

— Laisse,... ô mon maître,... intercède INIarie,... laisse maintenant ces humbles sans te réjouir de leur défaite. Les uns sont tes parents, les autres des patrices...

— Il ne convient pas,. .. ajoute Irène,... de les abaisser davantage...

Alors Constantin solennellement déclare :

— Ils voulurent abaisser Notre Force, détruire Ta Piété, ruiner La Ville. Ta sagesse seule nous préserva de leurs embûches !

'J.So IHKNK KT I.KS KUNt'OUKK

— Ta personne reniera-l-elle ceux ([u\ vonlurtMit la (léllvr(;r au piix de leur saii^?... huila Daniianos.

— Ceux (jiil lutli'rent en ton iioiii contre les maléfices des magiciennes ?... rappela J'ierre.

Kt Damianos, plus hardi :

— (Contre Tlladès, et hi fille de l'Hadès...

— Contre la lâcheté des eunuques et des idolâtres qui adorent les images.

— (Contre les esclaves des barbares.

- — Ton Autocratie nous a reniés. Et nous heurtons notre courage h la nuit...

— A la nuit perpétuelle...

— Le bourreau a Ibuillé nos yeux avec le fer rouge.

— Et les larmes brûlent nos paupières.. . Rayon du Christ !

Ainsi se déchaînèrent tous ces désespoirs, toutes ces douleurs.

Hors la foule une voix tremblante de raj^e anathématisa.

— Celui qui abandonne ses amis, que le Tiiéos Técrase !

Alors Staurakios ordonna.

— Chassez les femmes...

Constantin frappa du pied, •:

— Chassez-les tous... Chassez la populace et les aveugles.

Les gardes écartèrent les uns et les autres.

— Par où sortir?... demandait Alexis, au soldat qui le bousculait... Ne frappe pas un Drongaire, candidat.

IRKNE ET LKS EUNUQUES Li8l

— Est-ce la colonne de la porte que je louche... interrogea Théodore, à tâtons.

Le héraut l'arrêta brutalement !

— Non, lu touches à riCinpereur... sacrilège... Dianianos, fier, se retourna :

— Guide mes pas sans me frapper... je suis patrice. Les muets saisirent les aveugles par la main et

les entraînèrent. Un officier les houspilla :

— Dehors, dehors que vos mains, Nobilissimes, prennent les mains des liommes sans yeux...

Les soldats expulsèrent en même temps le peuple ({ui grognait et se déballait jusque dans les jardins.

Solennels, Tempereur et son cortège quittèrent le lieu de 1 algarade, et remontèrent aux galeries de Dapliné. Là (lonstantin s arrêta pour dire :

— Mère : tes ennemis, les crois-tu suffisammeni abaissés ?

— fl ne faut pas ([u'ils le soient plus.

Le fils et la mère se regardèrent, puis ([uelques instants se promenèrent, (hms la splendeur de leurs costumes cérémoniels. parmi les iiommuges de la cohue vivante d'escarboucles et d or.

Quand on se fut arrêté pour une seconde fois. Marie baisa la main de son époux :

— Rends-toi semblable au Théos par Tabondance de ta miséricorde.

— Ta sagesse veut-elle peser ceci,... insinua la prévoyance d'Eulychès. .. : beaucoup parmi le peuple révèrent encore les Aveugles et les Muets.

•J.r)'» IMK.NK KT 1,1. s KL > LOUES

Le ((Mlr^c (-oiiliiiiiii s;i iii;i rclio sans (jiio r«'mj><.'iTiii' i'<'j)()ii(lil :

— Leurs \()i\ vicimcut de s'clovcr, 1( i rii<*'riie, vers Ion visaf(e.. . ajouhi Sl.iiirakios.

— On |)lainl Iciii- hii niilial ion ;... dil IMiarès. (lonslanlin, i<''])li(jna :

— J^laignait-on notre détresse, lorsque leur cuijidilé eut vidé le trésor ii ce point que nous dûmes cesser la guerre faute d'argent pour le transport des lourrages ?

— La multitude est stupide,... objeclait Irène, jouant avec les crépines de sa manche... Klle plaint les peines physiques et visibles. La douleur intellectuelle l'apitoie moins parce qu'elle ne la comprend pas.

La pitié de Marie renchérissait

— Laisse en paix les aveugles et les muets, maintenant, Constantin.

Aetios sourit avec indulgence :

— Laisse-les dans le palais comme un témoignage honoré de notre force victorieuse.

Et Phares, branlant de la tête :

— Tant que les séditieux attendront d'eux seuls le signal, rien ne deviendra redoutable.

,Tean haussa les épaules, dédaigneux :

— Ce sont des humanités dérisoires pour justifiei' des espérances dérisoires.

Sur la plus haute terrasse de Daphné, le cortège parvint. Irène s'assit en un trône de pierre brute :

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— Aussi gardons-nous de les iiiiniiliet' davantage, de peur (jue, devenus digne de pitié, ils réunissent [)lus de sympathies.

Slauralvios s'accoudait derrière elle :

— Il semble utile cpic nous les montrions au peuple couverts de leurs insian^s, entourés de serviteurs, hôtes du Palais.

— Il sera dil (pilrène et (Constantin respectent le malheur de l'adversaire soumis,... prévit Phares sentencieux.

— (]ar les peuples se gouvernent avec des mots,... énonça Jean.

— Avec des mots et des cortèges,.,, complétait Aétios éloquent... Les aveugles et les muets forment un cortège ; et notre clémence est un mot favorable pour la vénération de Vos Majestés.

Constantin se causa :

— Rhéteurs grimpez sur la borne, on écoute... L'inquiétude de Marie s'obstinait cependant :

— Ton oreille a-l-elle écouté tout à l'heure le sentiment du peuple, en faveur des aveugles ?

— Elle a entendu,... accorda 1 époux complaisant. Irène toucha la main de son fils.

— Il importe de craindre ([u'un aulre n ellace b'ur prestige de nobles victimes, (ju "un autre ne leui- succède dans l'imagination du peuple, les visées des ambitieux et la confiance des soldais.

Alors Aétios, levant le doigt, ellleura ses paupières et sa bouche.

•aH/\ ihknk f:t lks i:um:oles

— Un (jiii, lui, :mr;iil dos yeux pour voir et une lîm^uo pour pcrsuadei'.

l'^t iMiîiii's, malicieux, liinicle :

— Ui), coinine deviendra le sacellairc Niccpliorc, si l'on veut dire.

L'Empereur tourna les yeux vers sa mère :

— Ta Piété l'achètera.

— Déjà, Nicéphore a reçu des insignes qui valent cinq talents d'or.

Jean sourit :

— On les achète, mais ils se remettent aussitôt en vente.

— Quel trésor ne s'épuiserait ?... craignit Aélios. Irène secoua la tète :

— Nous l'avons éprouvé avec toi, (Constantin, et beaucoup. Avant que tu eusses atteint 1 âge viril, c'était toi l'espoir des capitaines endettés...

— Mais,... dit Jean,... ils attendirent la proclamation de ta majorité, pour agir.

— Et jusqu'à ce temps l'Etat profitait de leur patience. Staurakios étalait les mains comme pour aplanir les

difficultés :

— Si tu avais un fils, nous pourrions compter quinze ans d'ordre intérieur.

Constantin fit une moue en montrant Marie.

— Par malédiction, notre Augusta n'enfante que des filles.

— C'est une infortune après d'autres infortunes,... gémissait Marie en baissant les yeux.

Eutychès aggrava cette appréciation :

— Un malheur, certainement...

— La sûreté de l'h^tat exigerait la naissance criin fils,... déduisit Aélios en lissant les plis de sa rohe.

— Mieux vaudrait cela.

La voix de TArménienne tremblait. Ses reofards se voilèrent. Elle tendit pitoyablement les deux mains vers son époux :

— Je suis encore très jeune, moi; on dit cjue les

chances de maternité nombreuse augmentent avec

Constantin l'interrompit :

— Depuis sept ans Byzance et le monde attendent un hoir. Qu'en pense le Patriarche?

— Ce que le Théos a noué, rien ne peut le délier... décréta Tarasios, gravement.

— Est-ce une épouse, celle qui n'enlante pas de lils.\.. demandait l'empereur à Tassistance.

Staurakios marcha sur le patriarche.

— Ta Sainteté probablement estime que le sacrement de mariage (ut institué afin de prémunir la perpétuité de la race contre l'intrusion du sang étranger ?

— Je le pense,... affirma Tarasios.

Aétios comptait sur ses doigts les arguments :

— Afin de constituer une seule chair avec deux chairs, afin de créer ainsi la vigueur d'une race, qui, de génération en génération, ferait accroître, dans son essence, la même substance de sang chrétien, de

u8() m km: ki i,ks klnl'olks

(oi chrétienne toujours phis lohuste pour confesser :i travers les siècles l.i divinité tri[)le et niic... Tarasios appronvait de la léte :

— (Ion substantiel le m en t.

Sni' ce mot, il se signait avec deux doij^ls. Tous niurniurcieiil :

— Consubstantiellement ;.,. et se sifrnèrent.

— i^t si cette condition de la perpétuité de la vir niale, but du mariage, semble ne pas devoir être remplie?... opposait l^utychès.

Tarasios pressentit la déduction qui devait alK)utir au vœu du divorce. Il se défendit fermement :

— Ce que le Théos a lié, aucune force humaine ne le peut délier.

— Pas môme la sagesse de Ta Sainteté?., offrit Phares, flatteur.

Tarasios secoue la tète :

— Ma Sainteté est impuissante à délier cela î Constantin se croisait les bras, pour ricaner.

— Alors tu es moindre que le Pape latin qui lie et qui délie... ?

— Le Pape latin trafique de la vérité et du mensonge,., riposta, méprisant, Tarasios.

11 se leva, s'éloigna.

Aétios, le poursuivit :

— Le Décret de Foi te donne cependant tout pouvoir dans les choses spirituelles.

Staurakios insistait en gesticulant avec son reliquaire d'émaux bleuâtres :

— Il te donne le pouvoir absolu...

L'un et riiutre arrt'^tèrciit Tniasios par les pans de la dalmati([ue :

— No laissez pas sorlii" \v paliiarche avant ([u il nous ail enl«'ndus.

Phares rassemblait sa robe d'apparat pour les rejoindre :

— Il parlera dans la salle de porphyre, devant les Icônes impériales...

Eutychès s'empoiiait en toussant, en frappant de sa haute canne bleue le sol dallé.

— Il nous trahit, celui que nous avons élevé au pontificat.

Et les eunu([ues, en tulmute, sortirent derrière lui.

Feij^^'ni^nt d'indinérence Constantin resta seul avec sa mère et sa femme. l'éperdue, Marie embrassa les genoux de Tempereur, et sanglotait :

— Tu m'as délaissée, tu m'as mise sous les pieds des prostituées, tu m\is ôtée de ta présence... Et maintenant tu veux que le titre d'épouse même me soit enlevé...

Constantin, froidement, résumait le problème :

— Ton Augustalité a entendu. Le manque d'héritier mâle excite les espérances des séditieux... Tout dépérit à cause de ta stérilité.

Marie joignait les mains :

— O Despoïna, ne direz-vous rien qui me défendre... Irène, pitoyable, répondit cependant l\ sa bru :

— Le riiéos se détourne de toi, lui-même. Tu sais : je t'ai choisie sans naissance pour la sainteté de ton

•>(S8 IHKNK F:T I,KS KINIOIKS

aïeul IMiilarMe , d |)nii!' les vertus de ton esprit; tnais les (U'Iauts de Inii corps uuisenl au destin d*l'Klal...

— I*eul.-il nailre une piln- en nos (-(I'uis.,. Je t adore, (Constantin... Te voir, c/est la lumière... '!'e f}uitter, c'est romhrc... Tu me préeipiteras dans la nuit...

Implacable, il niait :

— lu me hais, toi...

— Ah !.. criait Marie, comme blessée par le fer. Caressant les accoudoirs de son trône, il accusa :

— Tu me hais certainement... Que ta sincérité m'écoute... Tu as suivi mes pas... Tu as épié mes gestes... Tu as été l'espion de mes pensées.

— Je t'aime. Je voulais que rien de toi ne lut étranger à mon àme; je voulais souffrir toutes tes douleurs, me réjouir de toutes tes joies...

— N'utilise pas la grammaire des rhéteurs. Aucune de mes joies ne te réjouissait. Tu ne veux pas boire, et tu baisses les yeux quand les danseuses retirent leur écharpe.

I/épouse, du regard, implora 1 impératrice qui détourna son visage :

— Il convientque je me critique. En vous unissant, je me suis trompée.

Marie rectifia.

— Tu ne t'es pas trompée pour moi.

— Je me suis trompée pour toi, pour lui. Mon espoir était que ta vertu l'influençât.

— Sa vertu me rend plus ivrogne qu'un Scythe, et

IRKNK ET LKS FINUOLKS

plus voluptueux qu'un Sarrasin, hmt elle semble Teniiuyer elle-niènic...

li'épouse s'allaissa sur le siège de pierre :

— Je ne crois pas avoir de torts.

Croisant les mains contre son ventre lui conclut :

— Tu as le tort de rester stérile... Tu iTengendres ni les fils, ni la joie, ni la vertu. Depuis que tu es mon épouse, j'acquiers des vices.

— Il est vrai..., constatait Irène..., tristement. Constantin ne ménagea plus rien :

— Tu flétris ta beauté par les jeunes, les veilles. \\i refuses d'employer les onguents, l'art des masseuses, les parfums; et tu semblés te désoler dans ta dévotion..,

— Je me désole du mensonge que la vie révèle... Je suis malheureuse...

Maussade, Irène haussa les épaules :

— Ce n'excuse rien. Tu es une femme sans force pour résister à la peine, pour propager le bien, pour engendrer les empereurs... Faible, tu es indigne de ton rang...

— Voilà longtemps (jue je railirme. Ma mère, enfin, m'approuve.

Irène interrogea brusquement sa bru :

— On dit aussi que tu blasphèmes... (jue tu piétines les saintes imafjes.

— Il sudit (piun serviteur t ait entendue.., appuie l'empereur.

— Je comprends. \ Ous recueillez des tc'nioiixnaoes contre moi.

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