‹ Irène, ou Le magnétisme comédievaudeville en deux actesChapitre 15 sur 42 · MÈNE. OU LE MAGNETISME · texte numérisé non relu

MÈNE. OU LE MAGNETISME

Ht CLlRMONT, à voix laite.

N’cst-ce pas?

la baronne, a pari.

Il est très-bien, cc petit jeune homme !

le chevalier, bas à Clermont.

Tu la connais?

i>k CLERMONT, de meme.

Nullement ! Je viens d'nppn mire par noire hôtesse que c'était madame la baronne de Saint* Sa vio!

LE CHEVALIER, OMC respect.

Une baronne !

DE CLERMONT, à dcmi-VOÎX.

Qui tient aux premières familles de la Saiutor.çe et d 1 Poitou! une jeune voyageuse fort intéressante... qui, seule et sans chevalier. brave les dangers d’une longue roure!

LE CUEYAUER, de même.

En vérité !

de CLERMONT, de même.

Une affaire importante, et pour laquelle elle a besoin de pro- ] lecteurs, l'appelle à Versailles!... (Ami'i graduée ti ta rampe.) le chevalier, passant prêt de ta baronne.

Si mes amis... si ma famille pouvaient être utiles ü madame la baronne...

la baronne. s'inclinant.

Vous êtes trop bon !

le chevalier, avec cmtûrrn*. •

Si moi-même... je pouvais ici... en cette ville... (S'rnfffnotit.) le chevalier de Monlaran, officier de marine... dès que j*en aurai le brevet!... d’ici lu je suis libre... et vous servir serait pour moi un honneur... dont je serais bien lier... un honneur... que... que...

la baronne, d'un air aimable • Que je ne refuse pas, monsieur!...

le chevalier, à Clermont avec joie.

Elle ne refuse pas! (A voix basse.) Un mot encore, vicomte... parce que la délicatesse et le sentiment de mon infériorité me défendent d'aller sur les brisées des anciens, dis-moi si tu n’atmes pas déjà ccttc jolie voyageuse que lu viens d’apercevoir?

PE CLERMONT

Moi, du tout!

Dieu vrai?

DK CLERMONT.

Je le le jure... Pourquoi cette demande ?

le chevalier.

C’est que du pi entier coup d'œil je me suis senti entraîné cl séduit... niais plutôt que de trahir un ami... je résisterais!...

DE CLERMONT

Ne rési&tc pas! je t’en prie...

le chevalier.

Je te dis cela, non pa< que j'aie la moindre Idée... ni surtout le moindre espoir ... car je n'al jamais été aimé do ma sic.

dk CLERMONT, riant.

Ce pauvre chevalier!.,.

LE CHEVALIER

Jamais! cc doit être si iMficilc de faire une passion! tr. CLERMONT.

l ll tout.

m CHEVALIER.

Ko vérité !

DE CLERMONT

I e difficile, vois-tu bien, c’est de s’en défaire !

LE CHEVALIER

Allons donc!

scirJE xxx.

tfS PRÉCÉDENTS, TÉRÉXINE.

TtttiîiNE. arroarn.tr.

Madame est servie! [A paît, apfmvml U chirahcr., Ail — ils sont trois !... cela vaut mieux 1 ( A la baronne. ) .1 * vous demande panJon de voua avoir fait attendre, monsieur Jaquemart le cuisinier u'en ÛoUsoU :*•-> !

LA BARONNE, llchemcnl»

uMaiVALiea, fa. A Clm imf pendjr.r n „t la imn-.it ttffai ; la dpftafo desonmanUM.

Puis-je la conduire jti.qn’â la tw le & nimger? OUt-il oser .

CB CLERMONT, de même.

Oui sans doute !

LF. CHEVALIER.

Me permeurez-vovs, ui i'iame la baronne, de vous offrir la main?

UE Clermont, à pari, voyant la baronne qui acecple, et montrant le chevalier.

A la bonne heure, au moins... voilà un ami !

LA BARONNE, à coix basse tl passant prêt de lui.

Ne vous réjouissez pas? je reviendrai !

de Clermont, ô part.

C’est ce que nous verrons ! ( Le chevalier sort par le fond avec n baronne, j

s ci NE XXIX.

DE CLERMONT, TÊRÉZINE.

de CLERMONT, à part.

Maintenant et à tout prix, il faut parvenir jusqu'à Irène! ( Appelant. ) Térézinc?

TêRÉziNE. accourant vilement.

Monseigneur !

DE CLERMONT

Où as-Ublogé madame la baronne?

térézine, vivement.

Pas de ce côté!

DE CLERMONT

C’est bien!

TÊntZINE.

Dans l'autre bâtiment! ci si maintenant monsieur le vicomte veut souper!...

DE CLERMONT

Merci!... je n’ai pas faim.

TÉRÊZINl.

El votre autre ami qui vous attend toujours!

DE CLERMONT

Il se passera de moi sans peine : à table, il oublie tout! TÊRÉZINE.

C’est vrai. Réné, notre premier garçon, m'a dit qu’il on était à sa cinquième d-? champagne !

DE CLERMONT

Th vois bien!... peut-être même a-t-il déjà regagné 6a chambre?...

térézine , montrant la porte d droite.

Si monsieur le vicomte en veut faire autant {Jfonfrnnl le 6onccoir qu’elle tient à la main.), je vais l’éclairer !

DE CLERMONT

Cc n’est pas la peine! je n’ai pas sommeil!

TÊRÉZINE.

C’C-I comme ces dames?... nous en avons ici... beaucoup!... Madame la marquise d’Effiat et ses trois tilles... et la soeur et la fille d’un vice-amiral!... car nous logeons ici le vici-amiral. rien que celai... monsieur de Ürienne qui doit, dil-on, appareiller celle nuit.

de clermont. vivement.

Celle nuit !... et tu dis que sa fille cl s.» sœur ne dorment pas... c’est tout naturel!

TÊRÉZINE.

C’est-à-dire sa sa ur est déjà rentrée dans sa chambre depuis longtemps, mais la jeune fille, ainsi que madame d’EUiat cl les autres demoiselles 6»nt encore sur la terrasse.

DE CLERMONT, ttltc émotion.

Vraiment ?...

TÊRÉZINE.

Dame!-, il fait si chaud sons cc beau ciel de Toulon, qu il est agréable de respirer la fraîcheur de la nuit et la brise de b mer. sans compter qu’on aperçoit de loin les vaisseaux de I escadre qui font à l’ancre!... (Se retournant et apercevant Clermont gui vient de monter l'escalier du fond.) Uh bien ! où allez-vous dune. DE cleumont. swr t escalier.

Je vais voir les vaisseaux île l'escadre a la clarté des étoiles... ce doit é'.re un coup d’ccil magnifique.

térêzinb, d’un air de regret.

Vous croyez? , .......

de CLERMONT, du haut de la galerie du fond ou tl rient de monter, à Têrrzine. qui est restée sur le devant du théâtre, près de lu table, à droite.

Porte de la lumière dans ma chambre.

TCrCzink.

Oui, monsieur.

DR CLERMONT

Et va à tes affaires... ne. t’occupe pas de moi.

TÊnÉztNe. aur le devant du théâtre.

Vous n’avez rien antre chose à me demander?

de Clermont, avec impatience.

Ch non, te dis-je. va-t’en! va-t'en! ( A part . s’ approchant de ; r extrémité de la galerie, et jetant un regard sur ta terrasse gu il 1 est ernsé apercevoir ) lies dames on; quitté la terrasse... une I s<u b; est restée... ruai, ju ne vois qnc sa taille!... assise sur u» I b:iqo... icvcuscci les yeux fixés sur la pleine mer!... [Avec joie.)

C est Irène! elle contemple le navire qui demain doit emporter son père!. .pareille occasion ne se représentera jamais... .Maissi.en me voyant, elle s’éloigne... Allons... allons!... (Il se précipite sur la terrasse, à gauche, et disparaît.)

TÉRtziMt, pendant ce temps, n allumé deux bougies ; elle rn laisse une sur la table à droite, elle porte t autre, ainsi que le nécessaire de voyage, dans la chambre «.13, dont elle laisse la porte ouverte, Elle rentre un instant après, un peu aranl que Clermont ait disparu.

Tout est prêt là dedans, et qiuyid il voudra... Va-fen, a-t-il dit, va-l en !... il a raison! [tenant son bougeoir à la main, elle remonte te théâtre) Allons !... (Area un soupir.) liions retrouver M. Jaquemart! (Elle sort par ta porte du fond quelle referme.)

BCENZ XXV.

DE CLERMONT, reparaissant au haut de la galerie à gauche, et regardant du côté de la terrasse.

Elle vient!... elle vient!... elle obéit... elle suit la rouie que je lui ai tracée! {Le bras étendu vers la terrasse, et marchant toujours à reculons, il disparaît un instant par la droite. Irène parait en ce moment à gauche, à l’extrémité de la galerie.. Elle s’avance lentement, et vendant ce temps, Clermont, qui a redescendu l'escalier, se trouve uu milieu du théâtre.) îiur cette terrasse, on pouvait nous entendre... sa tante pouvait s’éveiller... et il faut que je la voie, que je lui parle... (Irène, qui avait disparu un instant pendant tes phrases précédentes, descend en ce moment l'escalier.) Je n’y puis croire rncore... c’rst elle!... près de moi... au milieu (le la nuit!... Mais ici... dans cette salle, si quelqu'un de la maison allait nous surprendre J... (Montrant la porte à droite, et traversant le théâtre.) Là... ce sera plus sûr! (S'arrêtant.) Non... non... chez. moi... je n’oserai pas.! qu elle ne ine devine pa«. Je le veux!... qu’elle ne reconnaisse pas celui qui la Inrr e d'obéir. <11 fui commande du doigt de se diriger ver* le grand fauteuil qui est à gauche et de t'y asstuir. Irène obéit.) Ali! qu’elle c-st belle ainsi, cl quel bonheur de la contempler!., mais le silence même qui uoiiï environne mYflraye! et pourtant je n’ose lui parler, il me semble qu’au son de tna voix, mon rêve va se dissiper, et celte ombre s évanouir!... (Apres un moment de silence.) Irène!... (Elle tressaille.) Est-ce bi^n moi qui vous ai plongée dans le sommeil où vous êtes? (EUe fait signe que oui.) Pourquoi ne parlez-vous pas? Parlez! je le veux. Meme niiez- vous? ibLm.

Oui!

DB CLERBORT

Qû’ëprouver-vous?

irènb.

Jesouffre... ahl... je souffre.’...

DB CLEHÏORT.

El pourquoi?

IRÈRB.

D’obéir, malgré moi, h une volonté qui a brisé la miennol

DB CLERBORT.

Craignez-vous donc ici quelque daugert IRÈRB.

Non ! Dieu me protège !

DK CLrRSOST.

Pourquoi alors venez-vous de tressaillir T IBÈRE.

J'ai honte!

DB CLERBORT.

De quoi ?...

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