‹ Irène, ou Le magnétisme comédievaudeville en deux actesChapitre 5 sur 42 · II. DE BRIENNE · texte numérisé non relu

II. DE BRIENNE

Tu as voulu, malgré moi, m'accompagner.

IRÈNE

Pour vous voir plus longtemps et vous faire mes adieux!

M. DE CHIENNE

Merci, merci, mon enfant! c’est ton retour qui m'inquiète!

Je reviendrai avec rna tank*; aucun danger. Et y en eût-il, il n’est pas permis d’avoir peur a la fille cl à la sœur d'un marin.

N. DE BRIENNE

Oui, mon fils va se battre pour l'indépendance de l'Amérique! moi, croiser dans la Méditerranée comte les Anglais, et pendant bien longtemps peut-être, te voilà sans protecteur!

IRÈNE

Et moi donc!... me complc/.-ioos pour rien?

H. DE BRIENNE

Non! mais avant du quitter Versailles et la cour, j’aurais aimé à te voir mariée. Notre jeuuc reine, Marie-Antoinette, le désirait... tu ne l'as pas voulu !

IRÈNE

Non, mon père!

n. DE BRIENNE.

Ainsi de tous ces jeunes seigneurs qui t'entouraient, aucun n*a réussi à (c plaire?

IRÈNE

Aucun!

M. DE BRIENNE

Et tu n’aimes personne?

IRÈNE

Personne!... que vous, mon père!... vous êtes fi bon! Par exemple, une chose qui me surprend, c’est que vous avez partout une réputation de sévérité effrayante! vos domestiques n’usent lever les yeux devant vous; et j'ai vu de braves soldats trembler en vous adressant la parole 1 cela ne m’a jamais produit cet cffel-là... au contraire!... c’est moi qui vous gronde P ar fois... avec respect, s'entend!

M. Dit BRIENNE.

C’est que toi... tu es ma fille !

IRÈNE

Et puis ils disent aussi que vous êtes sombre, taciturne, ne parlant jamais! Avec moi vous parlez... et de tout... connue eu ce moment!

M. DE BRIENNE

C’est que toi... tu es uia fille!

IRÈNE

Ne vous étonnez donc p is si ce bonheur-là roc suffit 1

Air : De cotre boute généreuse.

De noire jeune souveraine Qu'une autre olriienno ta faveur !

Qu'une autre, çluricusc cl ruine.

Rechercha un litre et de I liuuncur.

Quant a moi, plu* aintrtlicine.

Plus exigeante dans mes g. un»,

Je veux' plus ! je veux être heureuse !...

Voila pourquoi je reste auprès de vuw&l Vuila pounjuvi je rote auprès de vous!

( Prenant Us lettres que Tèrèzine a placées sur la table.) Tenet, mon père, voici vos le tues, lisez... que je lie vous gêne pas! Celle-ci d'abord... ce doit éire la plus importante... un grand cachet... et ces mots : Conseil du roi.

M. DE BRIENNE. fOUlTdllf.

Oui... tu as raison. Des ordre» pour rembarque tuent et le départ...

irènb, ricemenf.

Prochain?

M. DE BRIENNE, avec é mot in n.

Très-prochain ! (Ouvrant vivement d autres lettres.) Beaucoup d’aulres instructions particulières pour des personnes que tu ne connais pas!... Monsieur le vicomte Henri de Clermont !

IRÈNE

Attendez donc !... je crois qu'il a clé reçu chez vous, il y a un an... â Versailles.

M. DP. BRIENNE.

C'est possible, nous recevions tant de monde!... (Souriant.) T’y intéresses-tu?

IRÈNE, froidement.

Moi !... du tout!

n. de brienne. lisant.

m Monsieur le vicomte Henri de Clermont, qui a donné, il y a a un ail, sa démission de capitaine de dragon-, et qui depuis ce « temps a voyagé en Italie, demande anjonid hui à reprendre du « service. Il doit être en ce moment à llyères ou à Toulon, pour a raisin de sauté... » (J Irène qui fait un geste ) Il était donc ma- « lade?

IRÈNE, froidement.

Il paraît...

M. PE brienne, continuant.

b Veuillez lui exp! juer, avec les ménagements que l'on doit à « sa famille, qui est puissante, que sa demande ne saurait être u accueillie, â notre grand regret. Ditcs-lui (ce que nous ne vou- « Ions pas lui écrire) que c’est le roi lui -meme qui s’y est op- « posé. Noire jeune souverain u'emend point raillerie sur le a chapitre des mœurs, et les dernières aventures du vicomte ont « causé trop de scandale... » (S'interrompant.) L’aventure... Je crois bien, en cfl'et, qu’il y a eu quelque clio^e... Te rappellestu?-.

IRÈNE

Moi ! mon père... est-ce que cela inc regarde ? Tool ce que je sais, c'est que vous ne l'avez plus reçu... et vous avez bien fait. C'était d’un bou exemple !

m. de brienne.

Tu trouves?

IRÈNE

Oui, mon père.

H. DE BR1EN5E

Tu sais donc alors ce que c’éiait?

inÈNE, OU LE MAGNÉTISME.

irès*

Moi!... non ; niais ma taule!

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