‹ IrnerChapitre 1 sur 47 · DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITEUR

lc était assez surprenant qu'aucun romancier de la Grande-Bretagne n’eût encore placé la scène d’un roman dans un pays que les Anglais affectionnent beaucoup, et que leurs voyageurs ne manquent guère de visiter. Ce n’est pas cependant que les environs de Montpellier soient dépourvus des monumens et des souvenirs du moyen

àge ; on trouve même dans les an- JL. 1

ij PRÉFACE nales de la contrée, et dans la lansue qu’on y parle, des traces non équivoques des relations que les Oc.

citaniens ont eues avec les Arabes, ces peuples dont les mœurs bizarres et l'imagination ardente prétent aux inventions romantiques presque aussi bien que les temps de la chevalerie et de la féodalité.

L'auteur de cet ouvrage s’est donc placé sur un terrain doublementavantageux, en réparant l’oubli de ses compatriotes, et en choisissant l’époque de son roman dans un siecle où il pouvait mettre des Maures d’Espagne au nombre de ses principaux personnages. Il fallait plus que ce trait d'esprit pour rendre son livre dione du noin sous lequel il est pu-

tee

DE L'ÉDITEUR. ii] blié. L'originalité de la conception et de la plupart des détails, la vérité des descriptions, une profonde connaissance du cœur humain, l’idée neuve d’avoir fait son héros d’un savant, et par dessus tout le caractère sombre, l'inquiétude et le doute qui se trahissent à chaque instant sous la plume de l’auteur, ont fait penser, à toutes les personnes qui connaissent déjà le roman d’Irner, qu'il était réellement l’ouvrage de l’homme extraordinaire à qui la poésie est redevable de Lara etde Childe-Harold.

Il y a trop peu de temps qu'il a paru en Angleterre pour que les journaux de ce pays aient pu consacrer quelques articles à son examen. En attendant qu’ils le jugent,

iv PRÉFACE nous croyons devoir exprimer un doute que la lecture du texte a fait naître dans notre esprit, et qui sera confirmé peut-être par les personnes qui connaissent da traduction française du Vampire. Le style de cette production est celui avec lequel le style d’Irner offre le plus d’analogie. Les transitions y sont en général plus soignées que dans tous les poëmes du même auteur ; sa fougue y est plus modérée ; il'est ün peu plus sobre de comparaisons; en un mot, il y a entre [rner et le Corsaire, par exemple, toute la différence qui devait se trouver entre la prose et la poésie de lord Byron. Mais, comme dans le Vampire, Le noble lord a laissé dans irner plusieurs réminiscences de ses

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