‹ IrnerChapitre 16 sur 47 · A NS · texte numérisé non relu

A NS

(16) flatter l’amour-propre ! Pour quiconque veut étudier la nature et demeurer fidèle à ses lois, 1l n’existe de causes que celles qui peuvent agir sur les sens, et de vérités que celles relatives à la manière de sentir; au-delà tout n’est qu'incertitude et ténèbres. Sommes-nous plus avancés dans la connaissance de nous-mêmes en personnifiant l’ensemble de nos. fonctions intellectuelles ? avons-nous acquis quelques nouvelles lumières sur la pature de notre âme en la faisant émaner de la divinité ? De la divi- Ve LE PONT une substance faible et sujette aux mêmes maux que le corps qu'elle anime! soumise à ce, corps périssable puisque ses opérations sont dérangées par, les maladies qu'il subit, et perfectionnées par les

(17) remèdes qui le rendent à la santé! .

» Etre faible et qui, ne pouvant te concevoir toi-même, osest’élever à l'1dée de l'être suprême! oui, ton âme est une émanation de Dieu, non pas de ce Dieu véritable qui put tirer Punivers du néant, mais de cette création fantastique fille de ton imagimauon en délire ; divinié bizarre à laquelle tu as prêté tes caprices et tes passions, esprit indéfinissable qui se maudit chaque jour dans les créatures quil a formées à son image....

» Encore sic'eüt été pour accroître nos jouissances qu'on eüt accrédité des opinions si étranges, la philosophie devrait les respecter, et pardonner à la violation des lois de la logi-

que et de la nature en faveur des TL. PR

(18) heureux résultats qu’elle aurait produits. Mais nov, elles tendent à déprécier homme à ses propres yeux en lui donnant de fausses idées de la divinité, en lui faisant croire qu'il west pas seul et libre arbitre de ses actions. Après avoir tourmenté sa vie elles viennent même empoisonner les derniers momens de son.existence en lui inspirant la crainte et l'horreur de la mort. Tel est le danger d’abandonner une fois les routes que la prudence doit suivre en recherchant la vérité,que l'admission d’une seule idée fausse ou incertaine nous jette dans les contradictions les plus grandes et les plus déplorables. Apres s'être persuadé que la mort était un passage à une nouvelle existence, l'innocent la redoute comme s’il se défait de la justice de

(19) Dieu, le coupable la craint comme s'il avait oublié sa clémence. Après avoir cru qu’elle ne consistait que daÿs la séparation de âme d’avec la matière, on s'est imaginé quelle causait des souffrances horribles et telles qu’elle pourrait à peine en amener si elle consistait dans la dissolution violente et dans l’ancantissement de tous les élémens qui formaient le corps pendant la vie... Il est temps de nous affranchur de ces vaines terreurs; cessons de craindre un avenir douteux, de nous alarmer pour une des- tinée qu'il n’est pas en notre pouvoir de connaitre, Si c’est l'idée de la destruction qui effraie l’homme, quil sache que la matière est impérissable, et qu'après leur séparation les élémens de son corps se réunissent de nou-

( 20 ) veau et sous des formes plus belles.

» Sil craint la douleur, qu'il se rassure en pensant qu'il en a épromvé pendant sa vie de plus graves que celles qui amènent la cessation de son existence. Au moment où les fonctions de l’âme et du corps sont troublées simultanément, la première ne peut assembler que des idées incertaines, l’autre éprouver que des sensations vagues; ainsi les approches de la mort sont semblables à l’invasion du sommeil, et sans doute aussi l'impression qu'ils causent tous deux sont également agréables, ........

Et quand même le repos de la mort devrait n'être pas suivi d’un réveil, ne serait-1l pas encore plus doux que l’autre, puisqu'il doit être exempt de

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En ce moment le discours de l’orateur fut interrompu par un grand bruit qui partait d'une place voisine de l’école : des voix, que l’on avait d'abord entendues confusément et à une grande, distance , s'étaient approchées par degrés, et poussaient des cris d'alarme. Leur nombre paraissait s’accroitre à chaque instant, et, si par de courts intervalles [a rumeur était suspendue, l'oreille distinguait au loin le heunissement de plusieurs chevaux et le bruit de leur galop qui retentissait sur le pavé de la ville. Les accens du clairon, les sons rauques du tambour ne tardérent pas à se faire entendre, et enfin Les cloches de toutes les églises mélèrent à ce fracas l'horreur d'un lugubre tocsin......

Immobile d'étonnement et de stupeur

(22) chacun semblait attendre l'explication d'un événement si étrange : un soldat de Trincavel, qui entra précipitamment dans lampluthéâtre , mit fin à cetteincertitude : Aux armes, s'écriat-1l, l'ennemi a débarqué sur nos côtes, et menace déjà notre ville: aux armes, aux armes; 1l est sur lepoint de se rendre maître du château dela Lauza... Maître du château de la Lauza !

répéta Irner d'une voix terrible; le monde s’engloutirait plutôt! Et toutà-coup se relevant sur sa chaire et rejetant la robe dont il était revêtu, « Oui, mes amis, dit-il en s'adressant à ses auditeurs, Courons aux armes; volons à la défense de notre patrie ; avant de penser à l'étude , rappelonsnous que nous sommes citoyens! »

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