CHAPITRE IV. — LES CROYANCES
à une comparaison usitée au sujet des attributs divins, et dont le germe est dans le livre de la création (1).
Les passages qui témoignent de l'existence de ces trois éléments sont très nombreux; mais, à cause de sa clarté, nous choisissons de préférence celui qui suit (2) :
« Dans ces trois choses : l'esprit, l'âme et la vie des sens, nous trouverons une fidèle image de ce qui se passe en haut ; car elles ne forment toutes trois qu'un seul être où tout est lié par l'unité; la vie des sens ne possède par elle-même aucune lumière ; c'est pour cette raison qu'elle est si étroitement, liée avec le corps auquel elle procure les jouissances et les aliments dont il a besoin. On peut lui appliquer ces paroles du sage (3) : elle distribue la nourriture à sa maison, et marque la tâche de ses servantes. La maison, c'est le corps qui est nourri, et les servantes sont les membres qui obéissent. Au-dessus de la vie des sens s'élève l'âme, qui la subjugue, lui impose des lois et l'éclairé autant que sa nature l'exige. C'est ainsi que le principe animal est le siège de l'âme. Mais ce qui l'unit en définitive à toutes les humanités, le principe qui peut la faire éclater dans tous les séjours, c'est l'esprit des vies, de toutes les existences, de toutes les pérégrinations auxquelles l'âme est assujettie, avant de monter vers celui d'où l'on ne redescend que volontairement, et que pour des missions acceptées et briguées ; voilà les hautes maximes de cet enseignement tout spirituel. »
(1) i"JT3P 1SD, édit. Mantoue, IIIe partie, p. 196.
(2) Id., ibid., p. 63.
(3) Proverbes, XXXI, 15.