‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 15 sur 103 · SCENE XII L · texte numérisé non relu

SCENE XII L

DUPRÉ,DORLIS, madame FURET, madame GERTRUDE, ISABELLE.

Madame F U R E T.

JE vous avois bien dit, madame; vous avez laifie votre porte ouverte, il Qit entré un voleur ici; cherchez, meifieurs, cherchez.

Doucement, mefôeurs : vous devez nous connoître, retirez-vous. (^yîDorlis) Reite-là , toi. QDorUs s*arrêteaufijnd du théâtre^

Madame FURET. ' C'eft monfieur Duprél-

Madame G E R T R U D E.

Je fuis confondue. Ç^A Ifabdk) Alleg à votre chambre.

J'ai trop peur.

C iij

Madame GERTRUDE.

Partez.

(^Ifabelle enfe retirant y rencontre Dorlls j & s*arrètci avec lui au fond^ du Théâtre.

D U P R É, À madame Gertrude.

Ne craignez rien , madame.

Je ne m'attendois pas à vous trouver ici à pareille

heure.

Il cft permis de venir voir fa femme.

Madame FURET.

Votre femme?

Madame GERTRUDE.

Votre femme ?

D U P R É , À madame Gertrude.

Ne dites mot. C-^ madame Furet^ Oui, ma femme, ou peu s'en faut. C'eft demain que nous célébrons notre mariage.

Madame GERTRUDE.

Y penfez-vous?

D U P R E, à madame Gertrude, Paix donc , voulez-vous vou s perdre de réputation ?

Madame FURET.

Je n'en reviens point : n'efl-cc pas moi que vous

deviez époufer?

Vous étiez dans Perreur ; c'eft madame.

Madame FURET.

Vous me trompiez donc? , D U P R E.

Sans doute ; il eft encore permis de tromper ceux qui veulent nous nuire.

Madame FURET.

Ah 1 traître 1 j'étouffe de colère !

D U P RÉ , À madame Gertrude.

Vous n'avez pas d'autre parti à prendre.

Et vous, madame, qui ne vouliea jamais vous remarier ?

Madame G E R T R U D E.

On peut fuivre le confeil que vous m'avez donné tantôt: &, de plus, on fe trouve quelquefois oblU eée par des circonftances.

Madame FURET.

Des circonftances! fort bien! Je n'oublierai pas le ^ mot. Vous donnez un exemple bien édifiant à votre fille! la voilà avec un jeune-homme.

Il n'y a rien d'étonnant. ( A Dorlls & Ifabcllc ) Approchez : mon neveu époufe Ifabelle.

Madame G E R T R U D E.

Il époufe ma fille?

Eh! oui C Bas à madame Gcnrudz ) La réputation , Thonneur. . .

Madame G E R T R U D E.

Oui, madame, il l'époufe.

D 0 R L I S, à madame Gcrtrudc,

Ah/ madame!

Paix. „

Ah .' ma mère l je ferai donc la femme d'une

Intelligence? „ .. ^ -r-

Madame G E R T R U D E.

Taifez-vous.

Je vois là du myftère ; de plus des circonftances. . . Tant mieux. Je vengerai l'outrage que l'on me fait. Ah! quelles gens ! quelle conduite ! quelle perverfîté! c'eli ce qui me confole. Je publierai par-tout votre hiftoire avec des couleurs . . . laiflez-moi faire. C'eft une bonne journée. Ceci vaut encore mieux que l'efcapade de la petite penfionnaire.

Ehl bien, madame, allez, parlez, publiez; mais fâchez qu'en éclairant les démarches d'autrui, on s'aveugle bien fouvent fur fon propre danger. Ap-

prenez que la Penfionnaire enlevée eft votre fille , & que fon ra videur eft le jeune-homme que vous avez fait déshériter li charitablement.

Madame FURET.

O Ciel! ma fille! Le jeune-homme. (e//e fort^

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