SCENE FIL
[ Les pRÉcÉpENS, ANTOINE.
(JyL E v'ià , not' maître ; qu'y a-t-il pour vot' service ? t Boileau.
Dis qu'on nous apporte à souper.
Antoine.
, Oui , not' maître.
B o I L E A u , /«i parlant à l* oreille. Tu auras soin aussi...
Antoine.
I C'est par-là que j'ons commencé 5 j'n'avons pas oublié uqu' c'est la coutume à monsieur Molière de ne boire que ou lait, quand il vient ici
Baron.
Tu vas donc Xt marier, Antoine?
ï8 MOLIERE
Antoine.
Qui 5 monsieur.
LaEontaine.
Air : U 11^ mouvement de curiosité.
De prendre femme , ah ! tu fais la folie.
Est-c/ qu'on est fou de chercher le bonheur ?
Molière et Baron.
Dis-nous 5 Antoine , est-elle bien jolie ?
Antoine.
Certainement, car jTj trouve un bon cœur.
C H Aï» elle, Lui faisant tes cornes.
Ne crains-tu pas... réponds-moi , je t'en prie.
Antoine, qui n*a pas im le geste de Cliapelle»
Assurément, monsieur , c'est ben d'riionneur.
BoiLEAU,û! Chapelle.
Laisse-le donc aller.
A N t o I N E , ew s* en allant.
Je n'savons ma fine , pas l'air que i'respirons avec tous ces bianx esprits , mais quand je m'trouve avec moi tout seul , je n'sis pas si bête. ( // va pour s'en aller du côté opposé à celui où il doit sortir. )
BoiLEAU,rt ses amis.
Vous Tavez tellement étourdi... Antoine, où vas-tu donc ? ,
Mais , où vous m'avez commandé , j'pense ?
Ce n'est pas-là ton chemin ? " ^
Antoine.
Eh ben ! ne v'ià-t'y pas que je n'sais pas pus ce quei j'fais , que ce que j'dis. Excusez au moins , not' maître; mais ces messieux m'ont tant par-troublé , avec leux demandes... morguienne ! qu'on est sot, quand on s'trouve avec pus habiles que soi. ( // entre dans la maison. )