‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 36 sur 103 · SCENE IX ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCENE IX ET DERNIERE

Les précédens , ATMTOINE , MATHURINE . la Mère de Mathurine , Paysans et Paysannes , conduits par le Magister.

^ -i * Chœur de Paysans et Paysannes.

Air : De la contre-danse des petits pâtés, Antoine, vive le destin.

De Mathurine il a la main ;

En leur honneur, jusqu'à demain ,

Buvons et chantons en refrain.

Antoine, à Boileau, Voudriez-vous bien lire Ce p'tit remerciment , Que monsieur vient d'écrire

( Le Magister salue,) Pour vous , au même instant.

S'il n'est pas de mon style.

N'allez pas me blâmer ; C'est qu'il est plus facile

( La main sur le cœur. ) D'sentir que d's'exprimer.

le Chœur.

D'Antoine, vive le destin , etc.

La Fontaine.

Quel dommage, pourtant , si nous nous étions aoyés hier.

Nous n'aurions pas été à la noce.

Antoine, <3 Boileau.

Pardon , excuse , not* niaît' ; j's*rais d'avis d'nous amu« eer un p'tit brin avant de nous mettre à table. Boileau.

C'est bien pensé , Antoine.

Antoine.

Ah ra ! mais , à quoi allons-nous nous divartir ?.. Eh ! voilà mosieu Molière et mosieu Baron , qui sont dit-on , act... acteux ; s'ils jouoient devant nous d'ces p'tites drôleries que j'vojons ici queuqu'fois les jours de dimanche ? in'est avis ben putôt de vous chanter Une ronde ben gaie j ça fait que tout le monde chantera et dansera à la fois.

MONDORGE

Moi 5 je vais vous accompagner.

Antoine.

Attention 5 à votre place , tout le monde.

Dansez j dansez ; pour moi , je vais m'asseoîr et vous Regarder.

Antoine.

. Je suis prêt. ( // monte sur une chaise. ) Ecoutez bien : le moine et la jeune fille.

( On forme plusieurs ronds ; Molière , Baron , Chapelle et Boileau , en conduisent chacun Un. ) Le Magister.

Ça promet.

Antoine, avec gravité. Faites attention à la morale ; vous allez voir comme tpoi les moines devroient tous se marier... Le Magister.

C'est vrai;

Antoine.

Et comme quoi une jeune fille ne doit jamais aller seule au bois.

Le Magister^ C'est encore vrai.

Antoine.

M j voici : silence , mesdames ?

Air : Dans la paix et l'innocence ; Club des bonnes Gens.

On raconte que Thérèse j Au minois vif et piquant , Sous l'herbe cueilloit la fraise , Four les moines d'un couvent.

De sa main blanche et vermeille^ Elle alloit en tapinois Leur présenter sa corbeille^ Et s'en revenoit àii tois« i?i^i

(¥oU$ ^pktéhïié dernier vers dé thàqué couplé téri daHiârit,)

AVECSES'AMIS. 35

"Les moines, comme nous autres.

Aiment assez deux beaux yeux :

Or , l'un de ces bons apôtres ^ De Thérèse est amoureux.

Il veut avouer sa flâme ; * Il sent expirer sa voix :

Enfin , pour calmer son âme , Il s'enfonce dans un bois. bisk

Vous saurez que c'est le même Où Thérèse alloit souvent 5 Il voit la beauté qu'il aime.

Il devient entreprenant.

Aje , aye , dit la pauvrette , Mourante et presque aux abois j Je promets bien qUe seulette Je ne viendrai plus au bois. bk.

On dit qu'à la jeiuie fille , Xe moine avoit fait grand' peur* Mais, comme il étoit bon drille.

Vite, il calme sa frayeur; Cessez, dit-elle , bien aise...

Et lui serrant les cinq doigts :

Souvenez-vous que Thérèse Reviendra demain au bois. bis,

C'est bien , mes amis , livrez^vous à la joie.

Molière.

Et nous 5 souvenons-nous toujours de ce qu a dit La

Fontaine.

» Le trépas vient tout guérir ;

» Mais ne bougeons d'où nous soinméâ»

» Plutôt souffrir que mourir ;

» C'est la devise des hommes v,

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