SCENE IV
ON oncle, mon onde, elles font parties. I> U P R É.
Te voilà encore ?
Elles font parties,
Elle en aura pour quatre heures avec cette babillarde.
Tant mieux , tant mieux : nous voilà maîtres de la maifon ; je pourrai lui parler, n'eft-il pas vrai? D U P R É.
Point du tout : Ifabelle eft enfermée ; & quand elle ne le feroit pas , crois- tu que fa mère . . .
Ah ! quelle cruelle mère !
Elle a raifon.
Jl R I E T T E,
On ne peut jamais Veiller de trop près Gentille fillette
Que l'Amour guète.
Du moment, dès qu'on l'abandonne.
De petits féduéteurs un nombre l'environne, Leur effain à l'entour bourdonne.
Ils n'attendent que l'inftant De furprendre un cœur innocent :
On les v^it méprifer un bien qu'elle regrette, Quand ils font fatisfaits.
Ainfi je répète
i8 ISABELLE ET GERTRUDE,
Qu'on ne peut jamais "Veiller de trop près Gentille fillette Que l'Amour guète.
Avec votre permiffion , mon cher oncle , que jC- Toye s'il ne me fera pas poffible de lui dire un mot. D U P R É.
Ecoute : nous nous brouillerons très-férieufement , îi tu ne te retires.
Non , mon cher oncle , nous ne nous brouillerons pas, vous êtes trop prudent pour cela. Si j'aime ïfîibelle, vous aimez madame Gertrude ; &,^comrae vous avez fort bien dit tantôt, nos intérêts font communs ; vous avez mon fccret,j'ai le vôtre. D U P R É.
Ne fais donc point d'éclat.
Non, non. Quand il ftiudra m'en aller, je m'en irai tout doucement : je n'ai fait que poufler la porte. ÇDorlls fc retire, dès qu'il entend madame Gertrude)