‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 77 sur 103 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JUSTINE entrant par une porte latérale , et tenant G- E R M E U I L par la main.

JUSTINE

V E z-vous dormi ?

Non -y j'ai la fièvre.

JUSTINE

Il frissonne?

Mon oncle m'inquiète.

JUSTINE

Eh ! pourquoi ?

Je soupçonne Qu'il est H ma poursuite ; et , s'il me trouve ici , Je suis perdu î

Perdu ?

C'est c[u'il est lennemi , Mais renneini juré des femmes.

JUSTINE

Ali quel conte î

GERMEUIL

Il les déteste au point qu'il jase sur lewr compte A tout propos.

JUSTINE apprêtant le canapé.

Cela ne prouve rien du t ont :

Souvent . plus on en jase , et plus on en est fou. Qu'il vienne , ce censeur , nous lui ferons voir comme Les femmes à son coin savent ranger un homme.

( Lui présentant le cc^napé. ) Couchez-vous là-dessus ; vous serez près du feu» ( Elle ailise le feu. )

G E R M E u I L i^e couchant.

Ah ! je suis accablé !

JUSTINE

Dormez , dormez un peu, G E R. M E u I L réfléchissant.

M'en aller . . ."? Je ne puis.

JUSTIN E

Paix !• GERMEUIL de même.

Ecrire .... Je n'ose :,

JUSTIN E

Paix donc î On ne peut pas reposer quand on cause> ( Gernieidl s''endort. }

Pauvre enfant 1 il n'a pas sommeillé de la nuit. Combien il a soulFert ! Enfin il s'assoupit. Il ne dormira pas , je crois , long-temps encore y Car tout le monde ici se lève avec 1 aurore. On va 5 Ton vient , on jase , on rit , on pleure : alors C est un bruit à ne pas laisser dormir les morts. C'est à qui viendra me demander la première : ce Va-t-il mieux ? A-t-il bien passé la nuit dernière? n L'une entre , l'autre sort : on dirait qu'un Lutin Les agite. Oh î l'Amour est un réveil-matin Qui , de ce doux péché qu'on nomme la paresse , En moins de deux leçons, corrige la jeunesse.

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