‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 92 sur 103 · I-ISIDOR · texte numérisé non relu

I-ISIDOR

{;^pctrL ) ( Haut à mad. de Courtmonde.)

grouillons-les , il est tems. Oui, je fus infidèle. Je vous idolâtrais , hélas ! lorsqu'une belle Prit un mahn plaisir à rompre nos liens. Et , sortant de vos fers, m'arrêta dans les siens.

( Montrant Ursule. ) Sa beauté fit mon crime et fera mon excuse.

Mme DE COURTMOND ^ , furleUSS.

Dieux ! ' *^

Lrsir>OR,à part.

Me voilà sauvé !

«■"« DE S A I N T-c I A I R , à part gaiement,

Ue monstre !

U R s u L E, à madame de Courtmonde.

Il vous abuse, Mme D E G o u R T M 0 N D ^ , furieuse. Il dit vrai.

Mme DE SAINT- CLAIR, bas aux deux femmes. Il veut vous brouiller.

Mme DE COURT M ONDE.

Croyez-vous ?

mme DE SAINT-CLAIR.

CVst le coup de maîlre.

Mme DE couRTMONDE , à Ursule , en Vembi'assant. Oui ?.. .la paix ! unissous-nous.

L I s I D o R 5 /e.s vo\'ant venir. Ferme ! ne cédons pas. Pour résister aux belles , Il suflit de parler , s'il se peut , plus haut qu'elles : '.

Essayons.

ivime DE COURTMONDE, avançant.

Traître !

URSULE

Ingrat !

LISIDOR , très-haut.— Voyant madame de Saint-Clair,

Cruelles ! .... je suis mort !

C'est un plan combiné.

URSULE ET Mme DE COURTMONDE,

( Avec fureur.)

Il faut ! . . . .

M»ne DE SAINT-CLAIR , s' avançant tranquillement.

Vous avez tort.

(^Surprise de Lisidor. )

LES DEUX FEMMES, vivemeut»

Tort î

Mme DE SAIN T-C L A I R,

Tout-à-fait.

URSULE ET Mme DE COURTMONDE.

( Plus irritées. )

Comment. ... !

LISIDOR montrant madame de Saint-Clair,

Ecoutez , donc madame ! - M^e DE SAINT-CLAIR , Cl part , leur montrant la terre» ( Haut. ) Je veux l'amener là. Je conçois c^u'ujie femme

Suive

Suive les mouvemens de son cœur irrité ,

Et fasse le procès à l'infidélité :

Sans doute , il vaudrait mieux employer la clémence.

Mais si nous nous vengeons , prenons une vengeance

Oui soit digne de nousi pour punir leurs lorfaits ,

Accablons nos tyrans de honte et de bienfaits.

Mine DE COURTMONDE.

Eli , C£ui peut se résoudre à cet effort suprême !

Mme T)E SAINT-CLAIR.

Toute femme d'honneur j vous, iHesdaraes, moi-même,

URSULE

Ma cousine , on le voit , vous n'avez pas été Victime , comme nous , de sa duplicité.

Mme DE SAINT-CLAIR.

Bien long-tems avant VOUS

URSULE ET Mme dE COURTMONDE. ( Avec éto'iineinent. ) Eonî Mme DE SAINT-CLAIR, conWiuant.

Il m'avait trahie !

Mais que , pour me venger , le sort m'a bien servie l Depuis un mois , combien j'ai goûté de douceur, En pressant le neveu mourant contre ce cœur Que l'oncle avait blessé d'une mortelle atteinte î Souvent , en ranimant son ame presque éteinte , Je répétais , avec un douloureux plaisir : «Pour toi je le fais vivre ; et tu m'as fait mourir ! jj

L I s I D o R à part ^attendri.

Ah. ... !

Mme DE SAINT-CLAIR à part, en montrant l^ trouble de Lisidor.

( Haut. ) Voyez -vous ? Laissons la Vengance vulgaire Se consoler du mal par le plaisir d'en faire. Ce plaisir n'est pas fait pour les coeurs délicats -, C'est en les obligeant cm'on punit les ingrats.

( Lançant quelaue^ coups-d'œil à Lisidor , et observant l"imprei>àioii qii'elLeJait su? hn par depès. ) Mais on doit, quand linslant de la vengeane approche, Voir si l'on est soi-même exempt de tout-reproclie. Souvent les procédés des hommes sont affreux ; Mais n avons-nous pas , nous ^ quelques torts avec eux ? S'ils ont quelques défauts , nous en avons mille autres.

L I s I D G R j avec recoaiioissance. Madame ! . . . .

Mme DE SAIT^T-CLAIT^, appuyant.

Trop souvent leurs torts viennent des nôtres, t^ 71 s u L E , à madame de Sain^-dair, avec reproche. Çuoi. . . . î

Mme DE S A I N T - C L A I R.

{A part.) (Haut.)

Laissez faire. Il est des hommes généreux , Tendres , reconnaissans , et dignes d'être heureux.

LISIDOR.

Oui ; mai, il est enror plus de femmes , peut-être , Quirendraientl homme.heureux,si 1 homme savaitl être.

Mme DE SAIN T-C L A I R,

Les hommes ont un fonds de sensibilité Inaltérable ....

LISIDOR, emu. Et vous , de générosité.

Mme D -E s AI ^ T- CL A I R ,avec ame. Pa-'s leur cœur , il est vrai, par fois lamour sommeille;

Mais au bout de quinze ans encore il se réveille.

LISIDOR, avec attendrissement.

Hélas î . . . .

Mme DE SAINT-CLAIT^ , à port ,au^- deux femmes.

{Haut ^ avec u-ie froideur affectée.) Voici 1 instant. Je parle en généraC On prétend que le cœur de 1 liomme est inégal.

- ( A\>ec hpaucoup d'ame ) Moi . ie le crois contant. Loin de 1 objet qu il aime Il change. Revient-il':^ il e.t ton "ours le même. L I s I ^ o R j tombant à genoux, C ni, Sophie!

lîmc DE SATNT-CLAIR , aiijc deux J emrtips , d'un air triomphant , eu leurmontrant Lisidcr, Eh bien ? . . . .

L I s I D o R 5 continuant.

Oui ! . . .

lime DE sAi'NT-CLAl'R. avec un grûnd éclot de rire ,

Lisidor , levez-vouB ( D'un ton accah^ant. ) Je ne reconnais plus un homme à mes genoux.

LISIDOR, revenant à lui»

Ciel!

Mme DE SAINT-CLAIR.

Votre aLaisseinent moi-même m'humilie, URSULE avec adnii: atio.i.

Voilà le superflu de la coquelteiie.

Mme DE SAINT'- CLAIR, à part , paiement. On peut punir lamant quand ou sauve lami.

( yx Lisicor) Adieu ! nou-î ' o'.is laissons réfléchir.

(^Elle sort avec Ursula et madame de Courtmonde')

Page 1