VIOLETTE DES BOIS
Image du plaisir qu^on espère et qu'on donne ^ Soqffle pur du printemps , dernier soupir d'automne ,
Violette qu'on cherche, et qu'on ainvQ toujours, Témoin conatam de noé plus heureux jonr9 ,
Tu fleuris dans les prés, les bois sont tes asiles ,
Tu chéris du désert les demeures tranquilles ! Au pied d'un roc , dans des lieux ignorés ,
Tu prodigues en paix des parfums admirés,
Bienfaits silencieux de la saison nouvelle.
Quand les vents sont moins froids , quand la nature est belle ,
Tu marques le retour des simples voluptés ,
Ou du monde idéal tu redis les beautés.
Et quand l'été n'est plus, quand les beaux jours finissent.
Lorsque la feuille tombe, et que les cieux pâlissent. Tu reparais sous le calme des airs ]
D^un aimable souris tu suspends les hivers j
Tu fermes doucement le cercle de l'année ,
Aux plus doux souvenirs tu semblés destinée.
Note F. (Page loi.)
On ayait d'abord retranché cette lettre (la lô*'), mais il est possible que plusieurs personnes la trouvent curieuse, tout en la jugeant bizarre.
Elle contient des passages qui ont été insérés dans le Mercure du dix-neuvième siècle. Il faut qu'Isabelle ait eu connaissance des papiers laissés jadis au village d'£-
troubles ) et doDt je parlais en i8^5^ mais cela n'a pu se faire cpie par des moyens dont je ne saurais rendre compte.
Note G. (Page 106.)
Si on préfère aux suppositions d'Isabelle quelque chose de plus conforme à ce qu'il peut y avoir en cela d'idées reçues , on pourra consulter le Langage des Fieurs y par madame de la Tour. Ce qui suit est extrait de cet agréable ouvrage.
Acacia j amour pUtonique..
Acacia ro«e ^ élégance.
Amandier; éiourdeçie.
Amarante; iminortalilé.
Anémone; abandon.
Angélique ; inspiration .
Armoise; bonjteur.
Aubépine; espérance.
Balsamine; impatience.
Barbeau bleu; délicatesse.
Belle-de-jour; coquetterie, Bellc-de-nuit ; timidité.
Bouton d^or; lustre.
Bruyère; solitude.
Buis ; stQicisnijr-.
Cèdre ^ force.
Chardon; austérité.
Chèvrefetiillej liens d'amour.
Chiendent; persévérance.
Citronelle; plaisanterie.
Clématite; artifice, pauvreté.
Coquelicot; consolation.
Cormier; prudence.
Cyprès; deuil, mort.
Datura , charmes trompeurs.
Eglantier; poésie.
Erable, réserve.
Fougère; sincérité.
Fraisier, bonté parf;Mtc>
Genêt d'Espagne; propreté.
Grenévrier; asile, secours.
Géranium; sottise, esprit mélancolique.
Giroflée des jardins; beauté durable.
Giroflée des murailles; fidélité au malheur.
Giroflée de Mahon ; promptitude.
Héliotrope; enivrement.
Hêtre; grandeur, prospérité.
Houx; prévoyance.
Hyacinthe; jeu..
If; tristesse.
Iris, message.
Jasmin^ amabilité.
Jasmin d'Espagne; sensualité.
Jasmin de Virginie; séparation.
Jonquille, désir.
Julienne; fausseté.
Lierre; amitié.
Lilas; première émotion d'amour.
Lilas blaqc ; jeunesse.
Lis; majesté.
Marguerite (petite), innocence.
Marronnier d'Inde; luxe.
Mélèse; audace.
Menyanthe; calme, repos.
Muguet; retour du bonlieur.
Myrtile; traliison.
Narcisse; ^oïsme.
Noisetier; réconciliation.
Œillet blanc; pureté de sentimens, taiens.
Œillet d'Inde; aversion.
Œillet jaune^ dédain.
Œillet-mignardise ; enfantilia<*o.
Œillet panaché , refus.
Œillet de poète ; finesse.
Œillet rouge ; amour vif et pur.
Olivier; paix.
Oranger (fleurs d'); chasteté, virginité.
Osier j franchise.
Pavot blanc ; somnetl du cœur.
Perce-neige; consolation;
Pervenche; doux souvenir.
Pied d'alouette; légèreté.
Pin ; hardiesse.
Pivoine ; honte.
Platane; génie«
Pois de senteur; plaisirs délicats.
Pyramidale bleue; constance.
Reine-marguerite ; variété.
Ronce; remord.
Rose blanche ; silence.
Rose blanche ( bouton de) ; cœur qui ignoré l'amour.
Rose k cent feuilles; grâce.
Rose jaune; infidélité.
Rose des quatre saisons ; beauté toujours nouvelle.
Rose mousseuse; amour, volupté.
Rose ouverte; beauté.
Sapin; élévation.
Saule-pleureur; mélancolie.
Scabieuse; veuve.
Souci; désespoir, jalousie.
Syringa; amour fraternel.
Thiaspi; roideur.
Thuya; vieillesse.
Thym; activité.
Tournesol j faasse richcstc.
Tremble; gémisfemeiu.
Troène; dëfenie.
Tubéreose; volupté.
Violette; modestie.
Violette blanche ; candeur.
Note H. {Page 12a.)
A la suite de quelq[aes chagrins , Bernardin de Saint- Pierre fut attaq[ae' d'une affection nerveuse toute particulière , et <iui le £iisait beaucoup souffrir si seulement il traversait la Seine en bateau.
Note /. {Page 116,)
Isabelle ne dit point qu'il faille suivre les règles de l'honneur quand elles ne s'accordent pas avec les lois morales ; mais elle observe que l'honneur peut exiger ce que la seule raison ne prescrirait pas. Quelqu'un brave-t-il les caprices de l'honneur pour suivre le véritable devoir, c'est naturellement qu'il est dësh<more' , puisqu'en effet il a manqué à l'honneur du jour. Si un homme de bien se
jette dans cette situation volontairement , il ne pourra pas ensuite s'en plaindre avec amertume : c'était une belle épreuve pour la vertu. Mais il fisiut être sûr de soi dans cette résistance, il faut avoir raison essentiellement et incontestablement.
Note /. (Page i56*)
Isabelle paraît s'être rappelé le mot si remarquable de Rousseau : « Hors l'être existant par lui-même , il n'y a de beau que ce qui n'est pais. »
Note K. {Page iga.)
« .... Le genre du paysage est une invention toute moderne.... Ce sont peut-être les seuls ouvrages de peinture qui s'expliquent d'eux-mêmes, parce qu'on les sent, tandis qu'on étudie tous les autres. Un site plaît ou déplaît à l'instant; l'impression qu'on ressent et le jugement que l'on porte ne sont qu'un. D'ailleurs tout le monde aime la campagne y parce que tout le monde Ta vue. C'est un besoin inné dans le cœur de Tbonmie de regarder le ciel, d'écouter l'eau couler, de se plaire au bruissement des feuilles.... » {Moniteur ^ 39 mai 1822.)
Note Z. {Page igS.)
Dans les montagnes , le mot sommet reçoit souvent une acception à peu près semblable. Près de Thospice du Grand-Saint-Bernard , il est une espèce de vallon nommé sommet de Prou, En effet , quand on y est arrive' , on cesse de monter pour un temps , et les gorges inclinées où on entre ensuite sont séparées de celles qu'on avait suivies jusque-là.
Note M^ {P^ge %Z%.)
Le mouvement des eaux paraît ici la plus frappante impulsion de la vie générale. L'eau forme insensiblement des corps solides. Quand elle manquera sur le globe , il ne s'y trouvera plus rien d'animé. Sans le bruit des eaux^ les sites les plus curieux sont bientôt trop uniformes : pour embellir le paysage , il faut au moins des rivières ou des torrens. On rencontre des situations heureuses sur le bord des mers intérieures ; cependant elles ne sont que de grands lacs assez rarement agités. Mais l'Océan sans bornes a presque partout des courans profonds, et des vagues puissantes , ou de secrets murmures. Les flots de la grande mer et l'immensité des cieux, voilà ce qui est vaste, ce qui est beau , ce qui plaît toujours également.
Note N. (Page 237.)
On pourrait se tromper sur ces réflexions d'Isabelle si on ne les rapprochait point de quelques autres passages , et si on ne considérait pas ce qu'elle fit elle-même lorsqu'elle n'eut plus à suivre qu'une idée principale.
Un esprit vaste ressent des besoins auxquels la paix ne suffirait pas. Si vous restez oisif dans la retraite ^ ne scra-t-on pas en droit de vous reprocher même une aptitude qui ne devait point rester infructueuse ? En se bornant à rëgler ses propres affections et ses intérêts les plus directs , on peut être respectable , mais on n'est pas magnanime. Le grand homme , dans l'opinion des peuples , a de l'influence sur une nombreuse génération , et c'est ainsi que les talens militaires donnent l'immortalité'. Le grand homme aux yeux des sages , le véritable grand homme, est celui qui, en changeant la condition d'un peuple, l'améliore réellement. Vivre tranquille sur le sol défriché par ses pères , en renonçant à la richesse , en oubliant les distinctions , en méprisant l'intrigue , c'est avoir un bon esprit , sans doute; mais c'est se décider à n'être pas nommé parmi les hommes supérieurs. Pour mériter, au milieu de ce repos , l'estime de vingt générations, il faudrait leur laisser des pensées utiles , des pages fortes ft vraies.
Note O. {Page a46.)
Si le nom de l'auteur dont on ouvre le livre a déjà fait du bruit y on se prépare à discerner les beaux morceaux, afin de se prouver du moins à soi-même qu'on a du goût. Le premier mouvement oratoire qui se rencontre est déclaré sublime par la prévention , et elle admire la profondeur ou la délicatesse d'une epithëte oiseuse , tombée là par hasard.
Ce livre porte-t-il , au contraire , un nom peu connu , ce sont les défauts seuls que cherche la sagacité. Si même oh est frappe de quelque beau passage , cette approbation trop particulière ressemble encore à du dédain. On examine si l'auteur n'a pas imité gauchement les grands modèles. Réellement, dira-on, ce n'est pas très-mal^ il faudra que j'en lise ce soir deux ou trois feuillets, si je n'ai pas d'autres nouveautés. Peut-être cet écrivain , que vous jugez comme on en jugea plusieurs autres devenus célèbres depuis , u'aura-t-il pour vos descendans que des pages admirables.