SCENE IV
MARCILLY, BLANCnETTE.
BLANCHETTE
Ah! ca, maintenant, M. Marcilly, parlons raisou
nous deux... Avez-vous vu ce matin ce bon M. de Saint
Vallier ?
MARCILLY
Pas encore.
BLVNCllETTE.
Dieu veuille qu'il ait un peu dormi cette nuit... car I'autre il n'a pas fernie I'oeil... II ne s'est pas seulemeut couche... Ah ! que je suis ben aise qu'vous I'ayez decide a v'nir dans not' ferme... Au inoins , il ne y err a pas des lieux qui lui rappelleront son malhcur.
MARCILLY
Ma chere Blanchette , I'image de sa fille cherie le suivra pai'tout.
BLANCHETTE
Sans doute , mais chcz nous il attendra plus patiemment le resultat des reclierches qu'il fait faire.
MARCILLY
Voila deja deux jours qu'Isaure a disparu.
BLANCHETTE
Mais il faudra bien finir par la retrouver... a moins que... Oh ! non , elle existe !
MARCILLY
Helas ! qui sait si, dans son dclire... car il faut admettre un egarement inconcevable... une fievre chaude... cela s'est vu dans certains esprits faibles... le bonheur lui aura tourne la tete... qui sait si I'infortunee ne s'est point ensevelie dans Tun des precipices dont nous soinmes environnes.
BLANCHETTE
Quelle idee ! bon Dieu , vous me faites trembler de mettre comme ca Ics choses au pire.
Les reclierches dans nos environs n'ont servi de rien.
BLANCHETTE
C'est vrai... Mais les expres qu'on a envoyes sur toules les routes... M.Jules lui-meme, qui s'est mis en
rampagne...attendon3au moinsleurretour...voyons..; un peu de courage... quand 9a ne s'rait que pour en donner a M. de Saint-Vallier.
MARCILLY
Tu as raison.
BLANCHETTE
C'est qu'il faut le consoler... lui laisser de I'espoir... sans 9a, sa douleur le tuerait... oh ! ben sur.
MARCILLY
Silence !... le voici !
BLANCHETTE
Comme il est abattu!