SCENE V
LES m£MES, SAINT-VALLIER.
MARCILLY , allant a Saint- FaUier.
Mon ami !
SAINT-VALLIER
N'est-il arrive personne a la ferine?
BLANCHETTE
Personne...
Jules n'est point de retour ?
BLANCHETTE
Pas encore, monsieur.
SMNT-VALLIER.
C'en est done fait ! Que je suis coupable !
MARCILLY
Mon ami , ne d^sesperons pas.
BLANCHETTE
M. Marcilly a raison...
SAINT-VALLIER
Cette incertitude sur son sort n'est-elle pas aftreuse I... et le peu d'empressement que Ton met a m'in-
strulre , ne m'annonce-t-il pas toute Tetendue de mon malheur ? Marcilly , Blanchette , au nom du ciel ne me cachez rien !...
MARCILLY
S'il n'etait plus d'espoir , notre douleur ne vous I'apprendrait-elle pas ?
SAINT-VALLIER
Eh bien !... je vous crois... rien encore n'est desespere.... je vous crois... nous la reverrons, n'est-il pas vrai?... Mon cher Marcilly, vous aviez tout arran^je pour son bonlieur, pour le mien... genereux ami... Dans mon trouble... depuis ce moment... je n'ai pas tneme songe... Comment reconnaitre jamais ?...
De grace... ne pensous qu'a voire fille.
SAINT-VALLIER
Malheureuse enfant!... m'avoir cache son chagrin, avoir altere sa sante , sa raison , plutot que de s'etre confiee a son pere.
MARCILLY
iVh! si quelqu'un est coupable , c'est moi... Avant de lui ofl'rir ma main , de me laisser entrainer a I'espoir de lui plaire. . . j'aurals du m'assurer de son coeur. . .de ses sentiments... j'aurais conmi plus tot I'amour qu'elle avait pour son cousin...
SAINT-VALLIER
EUe aimait Jules , et je ne m'en etais pas apercu I...