SCENE VIII
JULES , dehors.
Laurent, prends bien garde; mon fusil est encore charge.
Ah! Jules... j'ai bien des choses a te dire.
JULES
Et moi, j'ai a te parler de la plus belle partie de chasse. Si 9a n'avait pas ete aujourd'hui ta le^on d'equitation... Mais j'ai tout quitte, je suis accouru, et quand tu voudras... voila ta cravache.
JVon , Jules , aujourd'hui pas de cavalcade.
JULES
Comment , pas de cavalcade? S'il y a interruption dans les lecons, moi, je ne garantis plus les progres.
J'ai bien du chagrin.
Du chagrin... et tu ne jne dis pas...
Blanchette et Blanche t...
JULES
Je les ai vus.
lis ne font rlen appris...
JULES
Rien.
lis viennent de me faire une grande confidence.
JULES
Une grande confidence !... j'en suis.
Non , ^a ne rejjarde que inoi.
JULES
Ah ! mon Dieu, comme tu dis cela! c'est done bien triste?
Oh ! oui... je crois que j'en pleurerais... on vent me marier.
Comment, te marier ? Eh bien ! et moi.
II n'en est pas question du tout.
JULES
Nous separer, nous, qui depuis I'enfance ne nous
sommes quiltes que le temps que j'ai passe au college.
C'est affreux !
Allons, calme-toi , Jules !
JULES
Mon oncle est !...
Oh I Jules... c'est un pere qui nous cherit!
JULES
Sais-tu seulement comment il est fait celul qu'on veut te donner?
Oh ! mon Dieu non... a moins que ce ne soit ce monsieur qui est arrive ce matin , et qui est toujours reste enferme avec mon pere.
JULES
Comment, ce monsieur-la?... Mais 9a ne te convient
pas du tout... Je vais trouver mon oncle... tout lui avouer... oh! sois tranquille, je suis sur d'etre Eloquent.
Et s'il allait te repondre qu'il est Irop tard?
JULES
D'abord , il n'est pas trop tard , tant que I' autre... ne t'aura pas epousee.
Qui, mais il nous fera des reproches pour ne pas lui avoir dit plus tot que nous nous aimions... Arrete , Jules... je ne sais pas... mais je tremble... il vaut mieux attendre.
JULES
Attendre... Et pourquoi ?
D'abord... tout cela... vois-tu , n'est peut-etre qu'un bavardage de domestiques... : car , si mon pere avait voulu disposer de ma main... ne m'aurait-il pas confie son projet ?
JULES
Ta reflexion est tres juste... et moi... ne m'aurait-il pas consulte?... car enfin, on ne fait pas une chose semblable sans consulter sa famille... et j'en fais partie, moi , de la famille... Decidement , ce n'est qu'une bistoire comme celle qui a eu lieu a I'epoque oii M. Selmar est yenu passer un mois ici... Lui aussi, disait-on , devait t'epouser.
Ah ! ne parlous pas de lui...
JULES
Tu as raison... ne nous occupons que de nous... Convenons de saisir la premiere occasion ou moa oncle sera de bonne bumeur pour lout lui declarer.
Je le veux bien.
JULES
U consentira... et tous nos plaisirs renaitront... et nos cavalcades du matin.
Et nos promenades du solr sur I'Adour.
Air :
On entendra comme autrefois L'^cho dts mollis, joint a nos voix , Redire ;i la fiele gondole Emport^e au souffle d'Eole :
Vogue , YOf^ue bien loin du Lord ; Glisse, glisse avec men tresor.