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OBsErvarTION XXII
Contracture excessive de la main et de l’avant-bras à la suite d’une émotion. — Pas de stigmates, pas de troubles de la sensibilité. — Débilité mentale. — Disparition de la contracture.
36 ans, entrée le 24 décembre, sortie le 21 janvier.
Cette malade, débile au point de vue mental et très peu cultivée, ne donne sur ses antécédents héréditaires et personnels que des renseignements peu précis et sans aucun intérêt. | |
Elle dit seulement qu’elle a eu, il y a quelques années, une contracture de la main en flexion et que cette contracture a duré 16 mois.
Il y a plusieurs semaines (?) à la suite d’une violente discussion avec une de ses parentes sa main gauche s’est contracturée. Depuis elle n’a pu ouvrir la main. Cette malade a en outre mauvais caractère et sa famille ne pouvant rien obtenir d'elle l’amène à la Salpêtrière.
Examen.— Les doigts de la main gauche sont en flexion très prononcée, le pouce est dans la paume de la main sous les autres doigts ; l’avant-bras est également contracturé en extension.
On netrouve à l’examen ni stigmates, ni troubles de la sensibilité.
Les urines sont normales.
La malade est maussade, méfiante, très peu intelligente, les différents procédés psychothérapiques ne paraissent pas avoir d'influence sur elle.
Elle est isolée, mise au régime lacté, et on lui promet la guérison de sa main si elle veut être obéissante et confiante. Elle ne paraît pas même avoir le désir de guérir.
Le soir du jour de son entrée nous lui écartons à grand’peine les doigts et nous parvenons à glisser entre eux un peu de ouate. Le lendemain 25 décembre, nous pouvons introduire une planchette garnie de ouate dans l’intérieur de la main.
Les jours suivants le bras, l’avant-bras et la main sont mobilisés matin et soir ; puis après de longues séances pendant lesquelles la malade montre peu de bonne volonté, elle parvient à remuer elle-même son bras et sa main.
Huit jours après son entrée à l'hôpital, la malade ouvre et ferme la main au commandement; puis bientôt elle peut faire du tricot convenablement.
Le 5 janvier, à la suite d’une scène de colère que fait une voisine indisciplinée, la malade referme brusquement sa main qui redevient aussi contracturée qu’à son entrée à l'hôpital.
Au bout de trois jours, les mouvements reviennent complètement grâce
.à la même méthode.
Le 19 janvier, nouvelle récidive de la contracture au moment où la ma-
lade apprend qu’elle devra quitter la salle Pinel dans deux jours. Cette nouvelle contracture est probablement déterminée par l’émotion que la malade éprouve à l’idée de rentrer dans sa famille.
Le 20 janvier, comprenant que les procédés habituels de psychothéra-: pie sont illusoires chez cette femme d’un esprit débile et d’une nature méfiante, nous employons la menace. La main étant en contracture extrème nous lui annonçons que, si dans un quart d'heure sa main gauche n’exécute pas tous les mouvements possibles, nous allons la faire conduire et enfermer dans un cabinet noir.
Un quart d'heure après les doigts, le poignet, l’avant-bras fonctionnent d’une façon parfaite.
Le 21 janvier nous rendons la malade à sa famille.
Poids : 24 décembre. . . 57kgr »
30 — AE OS TE GJARVIÈT MR ATER 60 »