‹ Isolement et psychothérapieChapitre 129 sur 198 · LOL ENT RL ES MG · texte numérisé non relu

LOL ENT RL ES MG

Il est certain que dans le cas particulier, les procédés habituels de psychothérapie ne nous ont été d'aucun secours, étant donnés la débilité mentale et le caractère de la malade.

Si nous publions cette observation, c’est uniquement pour montrer l'action de l'isolement. Cette malade avait eu antérieurement une contracture semblable qui avait duré 16 mois et lors de la dernière contracture, on n'avait obtenu aucun résultat, tant que la malade était restée dans sa famille.

L’isolement, la rééducation, et aussi la menace (procédé rudimentaire de psychothérapie) onteu raison très rapidement de la contracture. Nous n'avons pas revu la malade, mais nous faisons des réserves sur la durée de la guérison, précisément à cause de son état mental et de l'insuffisance de la psychothérapie qui en est la conséquence.

OBsERvATION XXIV Paraplégie hystérique datant de trois ans, ayant nécessité le séjour

au lit presque continuel pendant cette période. — Guérison en trois semaines.

30 ans, entrée le 16 juillet 1902, sortie en octobre 1902.

Antécédents héréditaires et familiaux.— Père 76 ans, bien portant. Mère 74 ans, bien portante.

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La malade a eu 10 frèrés ét sœurs, elle a perdu seulement une sœur à l’âge de 6 mois.

Antécédents personnels. — Bien portante pendant son enfance, réglée à 15 ans.

À 24 ans elle a une fluxion de poitrine.

À 27 ans une bronchite qui paraît avoir été assez sérieuse.

Début des accidents actuels. — A la suite de sa bronchite, c'est-à-dire à 27 ans, au moment de la convalescence la malade éprouve de l’impossibilité de marcher, elle ne peut faire quelques pas qu'avec une grande difficulté. Les membres inférieurs n'étaient pas douloureux, il n'existait que de l’impotence.

Eîle est restée dans cet état pendant un an, habitant ae chez ses parents. Puis elle passa deux années entières chez sa sœur, étant presque continuellement couchée. Son état général s’est maintenu bon pendant toute cette période, elle a même engraissé dans de fortes proportions. Cependant elle a eu pendant quelque temps des vomissements fréquents, et à la suite de ces vomissements elle s’est plainte de l’utérus prétendant qu'elle avait une chute de cet organe, elle accusait également de la douleur en urinant et de la constipation.

En juin 1902, elle subit un examen au spéculum, elle a un évanouissement pendant cette exploration, et depuis a refusé d'essayer de mettre le pied par terre. (Le médecin a constaté un kyste du vagin.)

Elle aurait eu antérieurement des évanouissements semblables, avec sensation de boule remontant de l'estomac à la gorge.

Elle entre à la Salpêtrière Le 16 juillet 1902, amenée sur un brancard.

Examen le 19 juillet. — La malade est dans l'impossibilité non seulement de marcher mais encore de se tenir debout sans un appui solide.

Quand elle est couchée, on constate une diminution considérable des forces aux membres supérieurs et aux membres inférieurs. Elle résiste cependant d'une façon assez énergique aux mouvements que l’on veut imprimer malgré elle à ses membres.

La sensibilité au contact est conservée sur toute la surface du corps.

La sensibilité à la douleur est diminuée au niveau du membre inférieur gauche, surtout dans la région de la cuisse.

I existe de l’hyperesthésie dans les deux régions ovariennes, au creux

épigastrique, sous les seins surtout à gauche.

Les réflexes rotuliens sont exagérés, les réflexes plantaires manquent des deux côtés.

Les pupilles réagissent normalement à la lumière.

Il existe du rétrécissement très net du champ visuel.

La malade se plaint de perte d’appétit, de nausées, de douleurs d'estomac et de constipation.

L'examen des organes, foie, rate, reins, cœur, poumons ne révèle rien d’anormal.

La malade est soumise à l’isolement et au régime lacté.

Son intelligence est peu développée, elle a un caractère d'enfant, rit et boude sans motif sérieux, répond par monosyllables, est très émotive.

On lui affirme qu’elle ne marche pas parce qu’elle en a perdu peu à peu l'habitude à la suite de sa bronchite, mais que ses jambes ne sont pas malades. Si elle veut faire des dort elle reprendra rapidement l’usage de ses jambes, et avant huit jours elles: se tiendra seule debout sans aucun secours.

On lui montre la guérison toute prochaine, bientôt elle retournera guérie chez ses vieux parents qu’elle aidera au lieu d’être à leur charge comme par le passé. Elle s’abandonne avec confiance, mais ne peul croire que le 26 juillet elle se tiendra seule debout.

Le 20 juillet, la malade a ses règles, on la laisse complètement au lit.

Les 21, 22 et 23 juillet, elle se lève chaque jour et fait quelques pas avec

l’appui d’un bras.

Le 24 juillet, elle fait Le tour de la salle, tenue seulement par la main.

Le 25 juillet, elle fait deux fois Le tour de la salle, dans les mêmes conditions.

Le 26 juillet, elle se tient debout sans appui.

Depuis elle fait chaque jour seule une ou plusieurs promenades dans la salle. .

Le 6 août, la malade est conduite à la consultation externe où elle est montrée guérie aux médecins qui l’ont vu il y a trois semaines, amenée sur un brancard. Elle peut retourner seule à la salle Pinel, c’est-à-dire traverser la Salpêtrière dans toute son étendue.

La malade est gardée à la Salpêtrière pendant la période des vacances, on l’oblige à faire des travaux d’aiguille, à faire manœuvrer ses mains, car elle a perdu l’habitude de tout travail pendant sa maladie.

En septembre, elle se plaint de gène dans le vagin pendant la marche, elle est examinée et l’on reconnait l’existence d’un kyste du vagin de la grosseur d’une mandarine.

Cette tumeur, constatée déjà par un médecin, est certainement l'origine d’une gêne dans la marche, la malade y pense beaucoup, et considérant qu'il y aurait là une cause matérielle de rechute on décide d’en faire pratiquer l’ablation.

Le 19 septembre, la malade passe dans le service de chirurgie, où lopé-

ration réussit parfaitement.

Le 8 octobre, elle revient débarrassée de son kyste à la salle Pinel. Mais l'opération l’ayant obligée à rester complètement au lit, elle pense de nouveau qu’elle ne peut plus marcher. |

Nous lui faisons faire aussitôt des exercices de marche et trois jours après elle peut marcher dans la cour pendant une heure et demie.

Elle sort quelques jours après, complètement guérie de sa paraplégie.

Nous revoyons la malade le 26 novembre 1902, puis le 18 janvier 1903, elle a continué à marcher parfaitement bien ; mais elle reste au point de vue: intellectuel ce qu’elle a toujours été suivantses parents, c’est-à-dire débile; elle a souvent mauvais caractère, elle refuse de travailler et ses parents, qui sont âgés et auxquels elle n’est d'aucun secours, La placent dans une maison tenue par des religieuses, où elle sera surveillée et obligée de travailler régulièrement.

Voilà un cas de guérison complète d’une paraplégie datant de trois ans, et ayant nécessité pendant cette durée un séjour presque continuel au lit avec incapacité de travailler. La cause occasionnelle de cette paraplégie fut la bronchite qui l'a précédée, elle put s'installer grâce à l’état hystérique, manifeste d’après les stigmates, et elle a été entretenue vraisemblablement par l'existence d’un kyste du vagin apportant une gêne à la marche.

Ces troubles ont disparu par l'isolement, par la psychothérapie et l'exercice.

Paraplégie fonctionnelle. — Contracture des membres inférieurs en extension. — Douleurs paroxystiques. — Peu de stigmates. — Guérison.

15 ans et demi, entrée le 3 décembre, sortie le 17 décembre.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Son père est mort d’une maladie de cœur. Sa mère a eu il y a 3 mois une sorte d’ictus, elle n’a pas eu à la suite de paralysie vraie, mais elle a souvent des accès de parésie du bras et de la jambe gauche.

“Antécédents personnels. — À l’âge de 13 ans, la malade a eu trois érysipèles de la face. Elle a eu des angines, des accidentsinfectieux, mais pas de troubles nerveux dans son enfance.

Début des accidents actuels. — Depuis deux mois la malade éprouve des sensations de picotements, de fourmillements dans les deux membres inférieurs, surtout au niveau des genoux et des cuisses. La marche est encore possible mais elle se fatigue très vite.

Huit jours avant de venir à la consultation de la Salpêtrière, apparaît une raideur des deux jambes avec des douleurs paroxystiques.

Elle entre à la salle Pinel le 3 décembre.

Examen. — Les mouvements des genoux sont complètement impossibles, les mouvements des articulations tibio-tarsiennes restent libres. Ceux des hanches sont limités.

La malade est tout à fait incapable de marcher.

Quand on la fait asseoir Les jambes restent droites, les talons ne tou-

chant pas le sol.

Ces phénomènes prédominent surtout du côté gauche.

Il existe en outre de l’hyperesthésie généralisée.

On ne trouve pas de zones hystérogènes.

Les réflexes tendineux sont normaux.

Les réflexes plantaires se font en flexion.

Le réflexe cornéen et le réflexe pharyngien sont normaux.

Les urines sont normales.

La malade est soumise au traitement habituel : isolement, psychothérapie, régime lacté, séances d’exercice de rééducation. Elle est complètement guérie en quelques jours.

Poids: 3 décembre. . . 55 kilogrammes.

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Elle quitte PEnôpital, guérie, le 17 éscinhre:

OgsEervarion XX VI

Hémiplégie gauche avec hémianesthésie fonctionnelle datant de 4 mois. — Céphalée intense et migraine datant de 2 ans. — Guérison en moins d’un mois par la persuasion et la rééducation.

25 ans, entrée le 6 mars, sortie le 1er avril.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 62 ans, est bien portant. Mère 52 ans, atteinte d’une maladie de cœur.

La malade a perdu deux frères en bas âge et un autre à l’âge de 17 ans qui succomba en quelques heures à une cause inconnue. Elle a encore . 4 frères et 3 sœurs vivants, tous bien portants n'ayant jamais eu d’accidents nerveux.

Antécèdents personnels. — Elle a toujours été bien portante, quoique très émotive. |

Elle est religieuse depuis 5 ans et s’est re bien portée depuis qu'elle vit dans sa communauté à Tours.

Début des accidents actuels. — En février 1901, elle est très attristée du départ subit de sa supérieure qu’elle aimait beaucoup, elle pleure continuellement et commence à souffrir de la tête. :

De février 1901 à septembre 1902 elle continue son travail, mais elle a de fréquentes céphalées, elle mange peu, est très fatiguée chaque soir et elle souffre des jambes. Elle a souvent des insomnies et des cauchemars quand elle dort.

En septembre 1902, elle part à la campagne pour soigner une malade, elle est prise d’un Far torticolis, très douloureux et qui lui in, la tête inclinée pendant 15 jours, elle souffre en même temps de douleurs généralisées à tous les membres sans cependant aucune modification apparente. Elle prétend avoir eu de la fièvre à cette époque, mais la température né fut jamais prise.

Le torticolis guérit lentement. Il est suivi de crises de vomissements très acides qui apparaissent d’abord à 2 heures du matin et sont accompagnés de fortes douleurs d'estomac.

Ces crises prennent un caractère assez net de migraines, elles s’annoncent par de la céphalée suivie de vomissements, au nombre de 8 ou 10 par jour.

Elle a assez régulièrement deux crises semblables par semaine.

De septembre à décembre 1902 les règles disparaissent, puis reviennent ensuite irrégulièrement.

Les accès de migraine ont duré de septembre 1902 à mars 1903, la

céphalée qui les accompagnait siégeait presque toujours du côté droit,

aucune médication ne parvint à enrayer les crises. Chaque accès durait 24 heures. «

Rentrée en septembre 1902 à sa communauté, la malade laissa plusieurs fois échapper des cris pendant ces douleurs; suivant elle, du moins, il ne s'agissait que de plaintes arrachées par la céphalée, mais les sœurs de la communauté les ont interprétés comme crises de nerfs.

A la fin d'octobre 1902, pendant un accès de migraine, la malade laisse échapper sa cuiller qu’elle tenait de la main gauche et remarque que son bras se paralyse et en se levant que sa jambe gauche est lourde et ne lui permet plus de marcher que très difficilement.

Elle ne sent plus le contact des objets qu’elle touche de là main gauche, elle ne sent plus les marches d’un escalier avec le pied gauche et elle tombe plusieurs fois.

Les médecins consultés font le diagnostic d’hémiplégie fonctionnelle.

L’'hémiplégie n’a pas fait disparaître les migraines, et la malade est obligée de cesser tout travail, elle garde le lit complètement deux ou trois jours par semaine.

Du 24 février au 6 mars 1903 elle-est envoyée à la communauté de Paris pour y être soignée, mais son état n’est aucunement amélioré.

Le 6 mars 1903 elle est admise à la salle Pinel.

Examen. — La malade se plaint d’une céphalée violente ; elle a de l’hémianesthésie presque complète du côté gauche; le côté gauche est atteint de paralysie sinon totale du moins très accentuée avec prédominance de la paralysie dans les muscles fléchisseurs ; a pression au niveau de l’occiput révèle Kexistence d’une plaque d’hyperesthésie.

Elle a en outre une sensation de brouillard devant les yeux.

Les urines sont normales.

Le dynamomètre marque pour la main gauche — 5.

— — droite — 30.

La marche est difficile, la jambe gauche traîne sur le sol.

Le traitement habituel est institué isolement, régime lacté, persuasion. Nous démontrons à la malade que ses maux de tête, son hémiplégie sont la conséquence de son chagrin, que son état général est resté très bon, qu'elle guérira par nos conseils, par sa volonté Nous lui expliquons que peu à peu, nous lui montrerons à se servir de son bras, de sa jambe, etc., et matin et soir nous lui faisons faire des exercices.

7 mars. — Elle a de la céphalée droite très intense avec nausées.

Dynamomètre : Main gauche — 10 8 Mars. . — A ds AMINATS: 20 — Le27 LI Mars." — ==130

— Main droite — 45

La sensibilité revient progressivement.

Le 11 mars, on commence des exercices de marche et d’assouplissement des membres inférieurs.

La marche se perfectionne rapidement, la jambe gauche traîne moins et devient plus forte.

Dynamomètre : 22 mars. . Main gauche — 40 — — droite = 45 La céphalée a persisté légère pendant quelque temps, puis a disparu. La sensibilité est à peu près normäle.

La malade est restée à l'isolement absolu pendant 10 jours, puis on a ouvert les rideaux un peu chaque jour.

Elle a été au régime lacté absolu pendant 15 jours. Examen.— 29 mars. — Pas de rétrécissement du champ visuel. Sensibilité à peu près intacte sur toute la surface du corps. Disparition de l’hyperesthésie occipitale et de la céphalée. Réflexes rotuliens très diminués.

Sensibilité plantaire conservée.

Le gros orteil ne réagit ni en flexion ni en extension. Pas de douleur sur le trajet de la colonne vertébrale. Réflexe pharyngien très diminué.

La malade dort bien, mange bien et doit être considérée comme complètement guérie.

Poids: 7 mars. . . 56kgr 500

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