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Cette malade est entrée dans le service du P' Dejerine après
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- notre départ de la Salpêtrière et nous devons son observation à l’obligeance de notre collègue et ami Chiray.
Nous l'avons vue nous-mêmes à une époque où elle était gaie et heureuse et se déclarait guérie. Cette observation est des plus instruclives, elle montre que ce que nous avons observé bien des fois pour l’estomac se produit aussi pour l'utérus : c'est-à-dire une affection n’existant que dans l'esprit de la malade et entretenue pendant des années, le plus consciencieusement du monde du reste, par une série de médecins et par des traitements variés. En y réfléchissant même, on est en droit de supposer que ces cas doivent être très fréquents. Il existe en effet bien peu de femmes qui n’aient quelques troubles de la menstruation, quelques pertes blanches, quelque déviation utérine, un peu d'hyperesthésie ovarienne : un médecin qui méconnaît l’état nerveux d’une femme traite ces troubles légers qu'il constate, sans réfléchir-qu'il fixe pour de nombreuses années dans l'esprit de cette femme l’idée de la maladie. Après ce premier médecin, améliorée ou non, elie ira fâatalement un peu plus tard en consulter d’autres, elle y dépensera ses ressources, son caractère s’altérera, elle gâchera les meilleures années de sa vie, comme cette jeune femme dont nous venons de rapporter l'observation et qui de 19 à 24 ans traîna cette existence lamentable. |
OBsERvATION LIV
Anesthésie en manchette. — Parésie des membres. — Zones d'hyperesthésie. — Guérison.
48 ans, entrée le 3 décembre, sortie le 5 janvier.
Antécédents héréditaires. — Père mort d’une maladie de cœur à 32 ans. Mère morte à 48 ans, d’une tumeur abdominale.
La malade a trois frères et sœurs qui sont bien portants.
Antécédents personnels. — Elle a été bien portante pendant toute sa jeunesse.
Elle s’est mariée vers 20 ans et elle a eu 14 enfants. Ces grossesses se sont succédées très rapidement et la malade n’a pas eu ses règles une seule fois depuis son mariage jusqu'à son dernier accouchement.
Sept de ses enfants sont morts de diarrhée infantile entre 7 et 10 mois.
Les sept autres sont encore vivants et bien portants.
Jamais elle ne fut malade, elle était seulement très émotive, impressionnable et avait assez souvent des accès de colère.
A l’âge de 42 ans elle subit un curetage.
Vers l’âge de 45 ans ses manifestations nerveuses s’accentuèrent et elle commença à avoir la sensation de boule, puis apparut une plaque d’hyperesthésie avec sensation de crampe, d’agacement sous le sein gauche, une autre plaque d’hyperesthésie apparut également sur le sommet de la tête. Cette dernière était la cause de douleurs quand la malade se peignait.
Il y a 18 mois, la malade éprouva les sensations prémonitoires de la ménopause, bouffées de chaleur, vapeurs, transpiration, et en même temps les symptômes nerveux s’accentuèrent.
Depuis un an, en janvier 1901, les règles se sont arrêtées et la malade a éprouvé des douleurs et de la pesanteur dans les membres. Elle éprouve de la difficulté à marcher et à se servir de ses mains, le début des mouvements est surtout très pénible.
Son état général cependant reste bon, elle a de l'appétit, mais les digestions sont quelque peu pénibles.
Elle entre le 3 décembre 1902 salle Pinel.
Examen. — La malade se présente avec de la parésie des quatre membres ; l’impotence n’est pas absolue, c’est plutôt une difficulté à se mettre en mouvénent avec sensation de crônte pesanteur.
Elle a de plus une anesthésie en manchette complète, elle s’est même brûlée, dit-elle, sans s’en apercevoir. (Il n'existe pas de symplonmess de syringorte)
Il existe de l’hyperesthésie plantaire, de l’hyperesthésie du sommet de la tête, des régions sous-mammaires surtout du côté gauche; l'ovaire gauche est douloureux à la pression.
Les réflexes rotuliens et plantaires sont exagérés.
Le réflexe pharyngien est aboli.
Il existe aux membres inférieurs des zones d’anesthésie au contact.
On ne trouve pas de rétrécissement du champ visuel.
Les urines sont normales.
La malade est soumise au traitement habituel.
Le 6e jour après le début du traitement, les douleurs dont.se plaignait la malade sont très diminuées. SAR
Le 13e jour, tous les troubles nerveux sont à peu près guéris, l’anesthésie n'existe plus.
Le 5 janvier 1903, la malade ayant été plusieurs fois RHDUSS causant
avec des malades isolées est renvoyée, ne conservant qu'un peu d'hyper-:
esthésie dans la région sous-mammaire gauche.
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Hoquet hystérique datant de 20 ans. — Nombreux stigmates. Débilité mentale. — Impossibilité de pratiquer la psychothéra-
pie. Disparition presque complète du hoquet par l’isolement. 41 ans, entrée le 22 avril, sortie en juillet. Antécédents héréditaires et familiaux. — Père a eu trois iclus apo-
plectiques, est mort à 41 ans. Mère a eu du rhumatisme, suivi d’endocardite, est morte de maladie de cœur à 50 ans.
La malade a 2 frères et une sœur bien portants.
Elle a une deuxième sœur qui est nerveuse et se plaint de douleurs d'estomac.
Antécédents héréditaires. — La malade a eu dans son enfance la coqueluche, la rougeole et un ictère sur la nature duquel elle ne peut nous renseigner.
Elle a eu ses premières règles à 13 ans et les a toujours eu régulièrement depuis.
A l’âge de 18 ans, elle a été atteinte d’anémie, et sa vue, dit-elle, a commencé à baisser.
Elle a eu à cette époque plusieurs crises de nerfs.
La malade, très débile au point de vue intellectuel, nous donne des renseignements très vagues sur ses antécédents; elle prétend qu’elle a perdu la mémoire. |
Son hoquet aurait débuté sans cause à l’âge de 20 ans; il est devenu rapidement très intense, au point d'empêcher la malade de er pendant plusieurs jours.
Bien des procédés ont été employés depuis 20 ans pour la guérir, jusqu’à des frayeurs provoquées volontairement par des personnes de son entourage. ;
De nombreux médecins, tant à la Salpêtrière qu'ailleurs, s’en sont occupés ; le hoquet, très curieux d’ailleurs, a été étudié, enregistré, etc.
Par période ce hoquet a disparu pour revenir à la suite d'émotions et
S de chagrins.
‘ Il existe d’une façon continue depuis décembre 1902, époque de la mort | de la mère de la malade.
Elle vient à la consultation le 22 avril.et est admise.
Examen. — La malade fait entendre un roucoulement presque continu, très fort et d’un ensemble plutôt harmonieux. Au premier abord on à peine à croire qu'il s’agisse d’un hoquet; c’est seulement quand le bruit s'arrête ou débute qu’on reconnait les secousses spasmodiques, caractéristiques du hoquet. Ces secousses se fusionnent plus ou moins, la malade
‘les module avec sa bouche et l’on ne peut mieux comparer le bruit pro-
duit qu’à un fort roucoulement de tourterelle.
Nous constatons encore de l’hémi-hypoesthésie droite.
Du rétrécissement du champ visuel très accentué.
De l’hyperesthésie plantaire.
De l’hyperesthésie de la paroi abdominale; un attouchement de cette région fait immédiatement recommencer le hoquet, s’il est arrêté à ce moment.
Les réflexes rotuliens et pharyngiens sont normaux.
Les urines sont normales.
La malade est soumise à l'isolement, le hoquet diminue quelque peu;
mais elle est fort peu intelligente, la psychothérapie ne peut être employée,
car elle est incapable de suivre le raisonnement le plus simple et de
comprendre un argument.
Elle n’est accessible qu’au ton de la colère et aux menaces; la surveil- -
lante parvient à faire disparaitre son hoquet en se fâchant, en lui jetant
de l’eau à la face.
En mai, le hoquet avait complètement disparu, .mais à ce moment la
malade eut 4 crises de nerfs.
Nous avons voulu nous renseigner sur la stabilité de cette guérison et
nous avons interrogé avec soin la malade en juillet, époque à laquelle elle ne présentait plus de hoquet depuis longtemps.
Elle nous a avoué, en nous demandant de ne pas le dire, qu’elle avait encore du hoquet quelquefois la nuit, mais en s’enfonçant la tête sous ses couvertures, personne ne s’apercevait de rien. D’autre part elle est persuadée que si elle n’a pas de hoquet elle doit avoir des crises; c’est pour cela qu’en mai elle a eu 4 crises, alors que le hoquet avait cessé.
Dans ce cas l'isolement, la crainte ont, fait disparaître presque complètement un hoquet contre lequel bien des moyens avaient été employés sans succès. Mais nous ne voulons pas dans un cas semblable parler de guérison, car le symptôme seul est amélioré, l'état mental n'est pas modifié, la persuasion, élément capital de succès, n’a pas été obtenue.
OBSERvVATION LVI
Accidents hystériques anciens. — Habitude d’éthylisme. de rire. — Débilité mentale. — Amélioration.
Entrée le 31 décembre, sortie le # mars.
Cette malade, âgée d’une trentaine d’années, a eu à l’âge de 17 ans des crises d'hystérie. |
Accès
Elle est employée dans une maison de commerce et elle prétend que sa patronne lui faisait boire, ainsi qu’à ses compagnes, du rhum le matin et du kirsch le soir.
Elle a contracté ainsi des habitudes d’éthylisme et cette intoxication, surajoutée à son état nerveux antérieur, l’a rendue incapable d'accomplir aucun travail.
Elle se présente à nous avec le visage hébété, riant à chaque instant presque sans cause, indifférente à sa situation, atteinte d’une débilité mentale manifeste à la première conversation. S
Cette malade fut reçue par pitié à la salle Pinel, et nous avons voulu nous rendre compte de ce que pourrait faire chez elle notre traitement.
Grâce à l'isolement, grâce au régime lacté, elle est devenue plus tranquille; son rire continuel s’est modéré, elle est capable de remplir une profession facile.
La psychothérapie employée chez elle à été forcément rudimentaire, cependant malgré une grande difficulté à fixer son attention au début, nous sommes parvenus peu à peu à lui faire suivre des raisonnements et son caractère s’est modifié d’une façon importante. Nous :l’avons habituée à travailler régulièrement.
Elle était à sa sortie de l’hôpital très améliorée, elle était plus sérieuse, résolue à ne plus boire, et à travailler pour vivre.
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