DIVERS
DOULEURS UTÉRINES — ANESTHÉSIE EN MANCHETTES HOQUET — HABITUDES DE MASTURBATION — MÉLANCOLIE HÉMIPLÉGIE ORGANIQUE — ATHÉTOSE
OBsERvATION LIIL
Douleurs utérines ; idée d’une affection de l’utérus, entretenue par des traitements multiples depuis l’âge de 19 ans jusqu’à 24 ans. — Guérison complète.
24 ans, entrée salle Pinel Le 27 juin 1903, sortie fin juillet.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 62 ans, bien portant. Mère 49 ans bien portante. Une sœur en bonne santé. Une autre sœur morte en bas âge. Un frère bien portant.
Antécédents personnels. — La malade est la dernière enfant de la famille.
Dans sa jeunesse, elle était fréquemment souffrante. Elle a eu plusieurs petits abcès aux seins et des chapelets de ganglions dans les aines. Depuis l’âge de 11 ans, elle fut entourée par ses parents de soins exagérés el forcée par eux de prendre une quantité considérable de médicaments. |
Elle affirme ne jamais avoir eu de crises nerveuses.
Elle fut réglée à 13 ans; ses règles furent toujours irrégulières jusqu’à l’époque de son mariage et fréquemment elle prenait des médicaments pour rétablir leur cours régulier.
Début des accidents actuels. — Mariée à 18 ans, elle a commencé à souffrir du bas-ventre dès les premiers mois de son mariage. Un médecin diagnostique un prolapsus utérin.
À 19 ans elle.:a un enfant ; l'accouchement se fait normalement, mais elle ne peut nourrir son enfant par manque de lait et elle en est vivement contrariée.
À la suite de cette couche, les douleurs du bas-ventre reparaissent plus
intenses. Un médecin consulté ordonne du bromure et des pommades sans aucun résultat.
Bientôt la malade ne pense plus qu'à son utérus, elle souffre dans le bas-ventre, dans le fondement, son caractère change, elle devient irritable et sent ses forces s’en MP Malgré ces douleurs constantes, les règles étaient à peu près normales.
Elle consulta alors un grand nombre de médecins qui prescrivirent la thérapeutique la plus variée : injections au lysol, au permanganate, ovules à la glycérine, pansements divers, mouches sur le ventre, cautérisations à la teinture d’iode, dilatation utérine, électricité locale pendant 10 mois.
Pendant toute une année, elle vint de deux à quatre fois par; semaine se faire traiter dans une os
A une autre période, c'était un spécialiste qui venait lui-même la panser chez elle.
La malade estime que pendant les deux dernières années elle a subi deux ou trois cents séances de spéculum.. Elle y employa toutes ses économies, fut obligée même de demander de l’argent à ses parents en se privant de tout pour arriver à payer les frais de ces traitements.
Elle entre le 27 juin à la salle Pinel.
Examen. — Ce qui domine, ce sont les douleurs utérines. On note
quelques zones d’hyperesthésie au niveau des ovaires et dans la région
sous-mammaire gauche, il n’existe pas d’autre trouble de la sensibilité, pas de rétrécissement du champ visuel.
La malade se plaint en outre de quelques troubles neurasthéniques, insomnie fréquente, fatigue du matin, digestions pénibles.
L'état mental est bon, elle est intelligente et d’un caractère docile.
L'examen des organes, cœur, poumons, reins. etc., ne révèle rien d’anormal.
L’utérus parait absolument normal et l’on assure à la malade qu’il n'existe de ce côté rien qui puisse donner lieu à des douleurs.
Les urines sont normales. |
Elle est soumise à l'isolement, au traitement psychothérapique et au régime lacté.
Le traitement consiste à démontrer à la malade que son utérus est sain et à faire disparaître les images de maladie profondement fixées dans son esprit par toute la thérapeutique antérieure. ie
A ia fin de la première semaine, l’idée de l’affection utérine est déjà fortement ébranlée ; au bout de quinze jours les douleurs ont complètement disparu et la croyance en la guérison est très ferme. Il n’existe plus que quelques palpitations et un certain degré d’émotivité.
Le 15 juillet, la malade se considère, et à juste titre, comme complète- |
ment guérie.
Poids : 26 juin. . . . . 63kgr,500 JauiHelss.s Cr Res 4000)