‹ Isolement et psychothérapieChapitre 152 sur 198 · CAUSES TENANT AU MILIEU SOCIAL. — LE SURMENAGE · texte numérisé non relu

CAUSES TENANT AU MILIEU SOCIAL. — LE SURMENAGE

Marfan' dans une très belle page consacrée aux conditions étiologiques du surmenage mental en a bien analysé l'influence sociale. « Dans la société contemporaine dit-1l, la fréquence et l'intensité du surmenage mental s’accroïssent tous les jours. Tout, dans le milieu où nous vivons, concourt à fatiguer le cerveau. » [l montre comment les progrès de l’individualisme et la diffusion de l'instruction ont élargi les ambitions, il insiste sur les effets néfastes des concours: « la multiplicité des compétitions ne nous permet en effet d'arriver à une situation, par le concours, qu'à un âge avancé, ce qui oblige à un effort prolongé et, en partie, inutile et stérile pour la société ». Il attribue un grand rôle au développement de l'imprimerie, aux Journaux, aux romans qui multiplient les émotions, « exaspèrent les sensibilités ». Et il conclut: « chez les sujets héréditatrement épuisés, ces conditions sociales engendrent des étals morbides variés, surtout des névroses et de la folie ».

Il est bien difficile d'indiquer la prophylaxie de pareils accidents ; mais s’il est impossible de réglementer le travail individuel, des mesures générales peuvent cependant ètre prises pour diminuer le surmenage principalement dans les administrations et les grandes entreprises. Des efforts ont été faits dans ce sens, il est à souhaiter qu'ils réussissent pleinement, il y a là une question d'intérêt général. ES

Dans la classe ouvrière, le surmenage est une cause fréquente de névrose, directement chez ceux qui le subissent et indirectement chez leurs enfants.

1. Marraw, Le surmenage. Traité de pathol. génér. de Boucaarp. Masson, 1890, t. I, p. 496.

CSA 8 2-4 FA * :,5Pe an Lo , :

Les ouvrières qui ont été soignées à la salle Pinel nous en ont donné de nombreux et tristes exemples. Pendant certaines périodes de l’année ces malheureuses sont obligées de travailler une grande partie des nuits, souvent leurs repas sont pris très irrégulièrement ; nous en avons connu qui étaient obligées de déjeuner lantôt à une heure, tantôt à trois heures de l'après-midi et parfois sans interrompre le travail ; d’autres quittent l’atelier à neuf heures du soir, rentrent chez elles, n'ayant pas dîné, épuisées de fatigue elles n'ont pas le courage de préparer le repas du soir et se couchent en prenant quelque aliment froid.

Elles ne peuvent résister longtemps à cette existence antihygiénique ; sur le conseil de parents ou d'amis, elles changent d'atelier, mais elles ne tardent pas à s'apercevoir que leur sort ne s’est pas amélioré. Elles sont évidemment libres d'accepter ou de refuser les offres de travail, mais c’est une triste liberté que celle qui leur permet de choisir entre la misère et le surmenage.

La raison qu'elles consentent à ces excès de fatigue ne les légitime pas, pas plus que l'esclavage volontaire ne rend légal l'esclavage.

Nous insistons donc après beaucoup d’autres sur l'influence du surmenage, ceci n’est pas une digression, c'est de Ia médecine pure ; quand un médecin étudiant une maladie a reconnu la cause des troubles, il doit la signaler et indiquer s’il le peut

où se trouve le danger, nous ne faisons pas autre chose.

« Le médecin s’il est vraiment un médecin, et non un simple salarié, doit avant tout lutter pour détruire les conditions qui rendent son activité stérile, il doit agir en vue de l'amélioration de la société, dans le sens Le plus large du mot, et non pas se contenter de montrer le chemin, il doit lutter sans cesse et chercher le moyen de réaliser les réformes qu'il Juge indispensables”. )

Les premières campagnes anti-alcooliques ont été accueillies avec bien des sourires, et les médecins eux-mêmes, ‘très informés des ravages de l'alcool dont ils voyaient chaque Jour les effets, n'ont pas regardé la propagande anti-alccolique sans un certain scepticisme. Cependant plusieurs d’entre eux prirent

1. VERESSAIEr, Mémoires d'un médecin. Perrin, édit., 1902, p. 257.

que dans certains pays l'alcoolisme est enravé. q M

NX SN OT D ES, Ps ER RE OR AS PE PR AN eo A CT) 25 ds A NA wo ut. + da, A TN . RE ASS UE 2 EE ES RS PASS ES AE PT QUE Te TTC OS 43 è < p ps 2: . è Le EP t $ 7 € ka L 2% NA V3 a ASS ” & AS * C ‘ LA « L] . e nl * Ja d Ù . ny ' VE 3. 4 7? x n, 1 6 4 FT à . L : ' dt F7 È > et + J L -

la direction du mouvement, et leurs efforts ont été si heureux

Le surmenage est une question tout aussi médicale que l'alcoolisme : l'organisme humain, nous l’avons vu, peut être assimilé dans une certaine mesure à un moteur industriel, le physiologiste en étudie les combustions et le rendement; il évalue la quantité d'aliments nécessaires pour un travail donné, et quand le travail est exagéré, il observe que l’organisme use sa propre substance; le médecin en constate les effets chez l'individu et dans sa descendance et il lui appartient de dire: tel organisme travaille trop et cela est mauvais. Mosso', dans son étude physiologique sur la fatigue, constate que la répartition du travail entre les hommes est trop inégale et qu'il y a dans cette inégalité un péril pour l'individu et pour la race. « [Il ne s’agit pas là, dit-il, d’une question de parti, d’un moyen d’agitation, c’est une conviction profonde, | un sentiment sacré de haute moralité, qui pousse à étudier les moyens pour une répartition équitable de la propriété sans violence, sans que le sang soit répandu, pour que le travail soit en rapport avec les lois qui régissent l'humanité, pour que l’ouvrier ne devienne pas un esclave et que usée par la fatigue, la race humaine ne dégénère pas. » |

Ces idées ne sont pas nouvelles, mais jamais plus qu'à notre époque, il n’a été nécessaire de les redire ; il faut qu'elles soient répélées par des médecins et à des médecins. Leur rôle dans la société est immense, il est ce qu’ils veulent qu'il soit, leur voix est toujours écoutée, peut-être arriveront-ils à résoudre au nom de l'hygiène et de la science ce que d’autres, à travers les âges, ont essayé de résoudre au nom de la justice et de l’altruisme, en faisant appel, avec des fortunes diverses, à la bonté ou à la force.

1. Mosso, La falique, trad. Langlois. Paris, F. Alcan, 1903, p. 100.

Li PT UP. LE TST À TRI D 2e CR ES TN vu) s- à. D à Pal LE 7 Le 2 » ET mur - LÉ Le LE AAT HT EA'4 LULr 4 £ LE ah PTE "ar #4 SNL PEL 1 Ve: de PR RE RARE EE 7 pe % ART y Ke 18) = SPA ARE-VEUR fer D ANT EL: 4 ’ x OV E, au pe" OURS nr ï EL LLANCIORELES 7 à i ? L r ; ; POLE AR ‘

CAE

TABLE DES AUTEURS Abano (D’), 39. Bossuet, 64, 70.

Alembert (D), 174. Bouchard, 80, 112, 149, 178. Andromaque de Crête, 29. Brachet, 78, 128, 158. Apollonius de Tyane, 39, 53, 74. Braid, 42, 45, 46, 47, 48, 53, 54. Aréna, 57. Breesse, 208.

Arétée, 15. Briquet, 79, 125, 129, 158, 386, 387. Armand Delille, 282. Brissaud, 21, 22, 81, 96, 181. Arnauld d’Andilly, 9. Brosius, 20.

Arnaud de Villeneuve, 53. Broussais, 141.

Arthus, 120. Brown-Séquard, 49.

| Asclépiade, 15. Burkart, 20, 91, 95.

Augustin (Saint), 64.

Aulu-Gelle, 38. Cabanis, 76.

Azam, 48. Cannon, 136.

Cassien, 7, 64.

- Babinski, 21, 50, 155, 168, 169, 170. Caton (Le censeur), 38. Bain (Al.), 73, 114, 207. * | Celse, 15, 74.

Bair, 217. Charcot."417::20,:21,32, 50, 79,,91::99; Ball, 20, 93. 100, 155, 193, 239.

Ballet, 21, 50, 77, 81, 95. Charpignon, 33, 79. Bartholin, 82. Chevreul, 207.

Barth, 49, 80. Chiray, 36».

Basile (Saint), 64. Cicéron, 6, 61.

Bastian, 184, 187. Claparède, 185.

, Béard, 19. Clifford Albutt, 19.

« Beauchêne (De), 75. Coelius Aurelianus, 38, 74. Beaumont, 134. Condillac, 183.

“ Beaunis, 49. Constensoux, 217. Sr Benoît XIV, 35. Cornuau (M”°), 70.

4 Bérillon, 50, 154. Corvisart, 30.

Bernard (Saint), 64. Coste de Lagrave, 57.

Bernheim, 25, 33, 35, 42, 44, 49, 50, 54, | Crocq, 155, 156. 55, 154, 155. 156, 160, 164, 167, 169, | Curtis, 211. 4e 170, 199, 209, 220, 235.

Lu. » Billod, 225. Dechambre, 47.

“ Binet, 89, 159, 168, 170, 171, 172, 173, | Dejerine, 1, 3, 4, 22, 23, 81, 91, 94, 95, 174, 188, 221. 99, 100, 108, 118, 128, 153, 154, 192, Blech, 57. 220, 382, 384.

Blocq, 51. Delbœuf, 56, 155.

Borderland, 57. Deleuze, 46.

Demarquay, 48.

Démocrite, 6.

Descartes, 62, 71, 146.

Descuret, 71.

Dubois (de Berne), 81, 208, 381, 388. | Dujardin-Beaumetz, 126.

Dumontpallier, 50, 56, 154.

Dupré, 161, 169, 170, 172.

Duprat, 162, 168, 169.

Durand de Gros, 48.

Duval (Mathias), 49.

Ecclésiastique, 59.

Egger, 222, 223.

Ennius, 61.

Emerson, 179.

Epictète, 73.

Espine (D’), 383.

Esquirol, 15, 16, 88, 97.

Ewald, 116.

Faria, 46.

Faure, 217.

Fauvet, 22.

Fénelon, 64, 67, 68, 69, 70.

Féré, 134, 173, 174, 176, 208, 211, 212.

Feuchtersleben (De), 73, 78, 139, 145, 179, 181,182, 189, 197, 231, 383,

Firmicus, 38.

Fleury (De), 21, 80. 128.

Fludd, 40.

Foissac, 46.

Fontan, 154.

Forel, 154.

Fouillée, 389.

François de Sales (Saint),9, 10,64,65, 69.

François de Piémont, 39.

Frenkel, 213, 217.

Fulgose, 37.

Gaddesden, 28.

Galien, 42, 53, 74, 149.

Gall, 224.

Gasne, 21, 81, 126.

Georget, 126.

Gerson, 64.

Gilbert d'Angleterre, 40.

Gillebert d’Hercourt, 80.

Gilles de la Tourette, 21, 51, 81, 126, 155, 158, 1597418:

Giraud Teulon, 48.

Gley, 114, 184, 187, 207.

Glocenius, 40.

Gœthe, 10, 146.

Goldscheider, 211. |

Grasset, 25, 26, 50, 52, 133, 156, 162, 168, 169,170,:172/4735, 479206

Page 1