BRIQUET, L’hyslérie. Cité par GILLES DE LA TOURETTE
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besoins de direction trouvent satisfaction dans les philosophies, dans les traditions, dans les religions.
En s'appuyant sur elles, en agissant suivant leurs règles,
l'homme s’évite de remettre en discussion tous les motifs el toutes les conséquences de ses actions, il se contente de juger si telle action est conforme ou non aux principes qu'il a adoptés.
Il trouve ainsi facilement une raison, une force pour agir; l’échec ne lui apporte pas le désespoir, car 1l trouve la consolation d’avoir agi suivant la règle qu'il s’est tracée. Il y a là une force, un appui incontestables.
Les hésitations même chez l’homme normal sont fréquentes, il les résout souvent en s’en rapportant à l'usage et à la tradition, à des principes philosophiques ou religieux.
Ajoutons que héréditairement notre organisme se trouve adapté à telle tradition, à telle religion et aux actes qu’elles commandent, et que par ce fait nous avons souvent besoin de plus d'efforts pour agir contrairement à elles que dans le sens
qu’elles nous indiquent. C’est cette idée que Renan a rendu
par cette phrase : « Je sens, que ma vie est toujours gouvernée par une foi que je n’ai ee : la foi à cela de particulier que disparue elle agit encore”
Ceux dont le Rs nerveux est She fatigable, ceux qui.
sont moins capables d'efforts volontaires, ont intérêt à adopter
ces règles directrices ; ceux qui sont plus forts y trouvent sou-
vent une économie d'énergie. « L'influence morale des supérieurs, la régularité, la routine même de la vie habituelle, les croyances et les pratiques religieuses, la peur du gendarme, le souci de l'avenir sauvegardent l'unité morale de
beaucoup de gens”. » « Ceux à qui leur tournure d'esprit, dit
le P' Dubois, permet encore la foi naïve trouveront un appui dans leurs convictions religieuses, à condition qu'elles soient sincères et vécues, ceux que leurs réflexions amènent inéluctablement à la libre pensée, trouvent en eux-mêmes dans un stoïcisme dégagé d'égoïsme la force de résister à tout ce que
nous apporte la vie. Malheur aux indifférents, à ceux qui ne …
4. Cité par Pavor, Éducation de la volonté. Paris, F. Alcan, p. 1. %. PAULHAN, cité par QuEyraAT, loc. cil., p.129.
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recherchent que la satisfaction de leurs désirs matériels. Il
est dangereux de traverser la vie sans religion ou sans philo-
sophie’. »
Les traditions, les philosophies, les religions imposent à leurs adeptes des principes, des dogmes ; on peut leur reprocher de limiter la libre discussion, mais en échange, dans ces idées toutes faites qu'elles imposent à l’homme, elles lui apportent une force, une force qui souvent a fait ses preuves pendant plusieurs générations.
Déterminer dans un esprit la croyance en une idée c’est beaucoup, nous avons vu en effet plus haut quel était le pouvoir moteur des idées : une idée c’est un acte en germe.
Prenons un exemple dans l’idée de liberté ; philosophique-
ment la question de son existence est difficile à résoudre, les hommes les plus intelligents et les plus instruits ne se sont pas mis d'accord sur elle. L'individu qui l’accepte par tradition, par religion ne la discute pas, il y croit tout simplement. « Il est certain, dit Fouillée?, qu’en agissant sous l’idée de liberté, cette idée fût-elle subjective, nous pouvons nous rapprocher indéfiniment de ce que nous serions si nous possédions une liberté objectivement réelle. Au point de vue théorique il reste toujours une distance entre la liberté et l’idée de liberté, comme entre le polygone et le cercle, mais dans la pratique cette distance peut se diminuer indéfiniment. »
« Nous pouvons donc dans la pratique, nous considérer comme libres quand nous agissons sous l’idée de liberté et avec le désir de réaliser cette idée, en nous rendant compte des motifs de nos actions et en les subordonnant tous au motif suprème d’être libre. »
Cette idée de liberté.est ainsi ce que Fouillée appelle une idée-force. « L'idée de mieux, dit encore le même auteur, est pour nous le moyen de réaliser le mieux”°. »
C’est encore l'influence d’une idée dans la direction de la vie que Pasteur a rendue par cette phrase: « Heureux celui qui
1. DuBois, Influence de l'esprit sur le corps. — Masson, 1901, p. 87.
2. Fouizcée, La philosophie des idées forces. Revue philosophique, t. VIII, 1879, p. 15.
3. FouiLée, Le caractère et l'intelligence, cité par Queyrat.
porte en soi un Dieu, un idéal de la beauté et qui lui obéit: idéal de l’art, idéal de la science, idéal de la patrie, idéal des vertus de l'Evangile. »
Si nous voulons résumer ce chapitre nous dirons que la prophylaxie des psycho-névroses est tout entière contenue en a L Q ? ne L ? SI :
ces deux termes : l'hygiène morale et l'hygiène physique.