‹ Isolement et psychothérapieChapitre 29 sur 198 · PayoT, L'éducation de la volonté. Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

PayoT, L'éducation de la volonté. Paris, F. Alcan

. Maurice DE FLeurYy,Introduction à la médecine de l'esprit. F. Alcan, 1900, 6° éd.

. Voir le remarquable article de Bartra. La pychothérapie dans le trailement de la tuberculose pulmonaire au début. Journal des Praticiens, 11 nov. 1903.

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Ce sont ceux qui comme Regnault disent « jusqu'à présent on a englobé l'imitation, la persuasion, la conviction et la démonstration, sous le terme général de suggestion. On peut continuer ainsi à la condition qu'on veuille distinguer à l’occasion ces diverses variétés; cela est d'autant plus important que suivant le caractère du sujet hystérique ou hypnotisé, un de ces moyens réussira de préférence aux autres! »:

Ce sont ceux qui comme Van Eeden? usent encore de la suggestion, mais en cherchant à ne jamais exalter la suggestibilité présente et qui en réalité « voulant la conservation de l'indépendance individuelle, la plus stricte, » traitent en réalité leurs malades par la persuasion. Ce sont ceux qui consacrent à propos du traitement de l’hystérie, de la neurasthénie, un paragraphe à la psychothérapie, comme le P' Brissaud, Janet, Gilles de la Tourette et Gasne, Ballet, etc. |

Ce sont enfin surtout ceux qui, comme Dubois (de Berne)? dès 1891, puis M. Dejerine ont résolument établi une psychothérapie « basée sur le raisonnement, la persuasion appuyés par une discipline ferme mais bienveillante* » et obtiennent déjà depuis des années, par ce procédé, des guérisons plus complètes et plus stables que par l'hypnotisme et la suggestion dont ils ont compris tous les inconvénients.

Malgré toutes ses imperfections et ses lacunes que nous ne nous dissimulons pas, l'étude actuelle nous permet peut-être de jeter un coup d’œil d'ensemble sur l’évolution des faits et des idées en psychothérapie.

Nous avons vu la psychothérapie naître comme la médecine elle-même, d'abord apanage des prêtres et des philosophes, …. sur les degrés des temples avec la suggestion par le merveilleux, sous les portiques avec la persuasion. De ces deux | modalités, si profondément différentes d'aspect, l'une demeurée 4 identique à travers les âges, toujours florissante, Jamais dis-

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4. ReGnauLr, La définition de la suggestion. Rev. de l’hypnot., mars 1902, p. 273.

2, Vax Eepe. Les principes de la psychothérapie. Rev. de l'hypnot., 1892, p. 99.

3. Dugois (de Berne), Ueber traumatischen Neurosen. Corr. Bl. f. schw. Artz., 1891, p. 521.

Voir aussi du même auteur: Des éroubles gastro-intestinaux du nervosisme. Rev. de méd., 1900, p. 552 et L'esprit et le corps. Paris, 1901. Masson.

%. J. DeJerine, Le traitement des psycho-névroses à l’hôpital par l'isolement. Revue neurologique, 1902, p. 1145.

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parue, à bien souvent éclipsé l’autre, dont la fortune fut moins heureuse parce que ses cures élaient moins retentissantes. Dans le domaine médical proprement dit, la psychothérapie fut d'abord réalisée, inconsciemment surtout, par la suggestion médicamenteuse et à certains moments par la suggestion due aux pratiques du merveilleux. De celle-ci est néela psychothérapie par l’hypnotisme, etdesétudessurl’hypnotisme estsortie la connaissance de la suggestion à l’état de veille. Avec cette dernière et grâce surtout aux travaux de l'École de Nancy, s’est éclairé le mécanisme de tous les faits enregistrés jusque-là, envisagés tantôt comme la démonstration de l’influence certaine, mais qu'on ne dirigeait point, de l'esprit sur le corps, tantôt comme des phénomènes incompréhensibles mais qu'il fallait accepter : « Comment condamnerais-je, disait à ce sujet Thomas Bartholin, les guérisons par des gestes, des caractères, des paroles et autres actions naturelles, quoique notre faible raison ne comprenne guère comment ces cures peuvent avoir lieu, car l'expérience les démontre". »: Cependant on s'aperçoit que, indépendamment de la sug-

gestion, donner à des malades le réconfort d’une parole de

consolation et d'espoir n’est pas seulement faire œuvre de charité, mais aussi œuvre de sagesse; on se souvient que « l'homme fait lui seul une conversation intérieure qu'il importe de bien régler » (Pascal). A l'origine de bien des maladies sont les erreurs de cette conversation intérieure, et par la persuasion et le raisonnement le médecin peut la régler.

Aussi, aujourd'hui, la psychothérapie, faisant retour en arrière sur les méthodes employées par les philosophes, les religieux, parle à la raison et fait appel à la collaboration du malade. Elle ne demande plus au médecin d’être une sorte de prêtre d’une science d'initiés, mais d’être simplement un honnète homme, au sens élevé que le xvu° siècle donnait à ce mot, et instruit de tout ce que peut le langage de la raison adressé à un malade confiant.

1. THoMASs BARTHOLIN, Theatr. sympathelic. auct. Cité dans Dictionnaire des Sciences médicales, t. XXIX, p. 11. Paris, Panckoucke, 1818.

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