DescureT, Médecine des passions. Paris
REVEILLÉ PARISE, Essai de thérapeutique morale, 1821.
Dominique TROY, Quelques réflexions sur les désordres organiques occasionnés dans notre économie par les peines de l'âme. Paris, 1842.
PINEL DE GOLLEVILLE, Considérations générales sur l’histoire de la médecine et sur le traitement des maladies chroniques et des maladies nerveuses. Paris, 1842.
2. BracueT., Traité de l'hystérie, p. 457, édition Savy, 1847.
el alors «autant vaut ce remède que le fer ou le quinquina ». On doit s’habituer dans son for intérieur à croire à l'influence de l'esprit sur le corps et ensuite utiliser cette influence, ne pas songer à son malet si on est impuissant à réagir, appeler à son aide une volonté plus forte qui viendra mettre en mouvement la puissance de l'âme sur le corps".
Jusqu'à ce moment on ne trouve donc que des ouvrages isolés, et sauf pour les aliénés dont nous ne nous occuperons pas, il ne se constitue pas à proprement parler une PSYychothérapie et surtout on n'établit pas de distinction nette entre les maladies qui sont directement justiciables de ce mode de traitement et celles qui n’y ressortissent que pour une part.
Charpignon, dans son Étude sur la médecine animique el vitaliste, met bien en relief le rôle très important joué par le moral dans la guérison des maladies, insiste sur l'influence capitale de la confiance, mais reste très vague, quand arrivé à la troisième partie de son travail, il essaie de préciser les « applications de la médecine morale * ».
Le livre si complet de Hack-Tuke que nous avons déjà eu
oceasion de eiter, rassemble tous les faits connus qui mettent
en évidence l'influence de l'esprit sur le corps, insiste sur cette subordination et invite seulement les médecins à s'adresser à l’esprit pour guérir*.
On s’y adresse bientôt mais par une tout autre voie, celle de l’hypnotisme : l’hystérie avec les travaux de Briquet, de Charcot, la neurasthénie avec ceux de Beard se constituent et on cherche à en guérir les symptômes par l'hypnotisme et la suggestion. Cette dernière comme nous l'avons déjà vu absorba
l'attention jusqu’à ces dernières années.
Cependant on n'a pas complètement oublié la psychothérapie par persuasion et raisonnement. On trouve çà et là des observations de malades gravement atteints et guéris sans
suggestion par un médecin de bon sens qui s'attache à com-
1. Baron de FEUCHTERSLEBEN, Hygiène de l’âme, trad. par Schlesinger. Paris
9, CHARPIGNON, Études sur la médecine animique et vilaliste. Paris, 1864.
3. Haox-Tue, Le corps et l'esprit ; action du moral et de l’imagination sur le physique. Trad. Parant. Baillière, 1886.
battre la « névropathie protéiforme » par un véritable traitement moral de tous les instants”.
On sait maintenant que le médecin éclairé exerce une influence psychique énorme sur son malade et qu’il est maître de développer cette influence ainsi que Île dit le, P' Bouchard qui n'hésite pas en tèle d'un ouvrage de thérapeutique à ranger dans « les réactions nerveuses salutaires » l'influence morale du médeein?.
D'autre part les études psychologiques contemporaines ont. rénové les idées sur la pédagogie, ont fait mieux pénétrer le mécanisme compliqué de nos fonctions psychiques, et les philosophes, avec Ribot surtout, ont cherché à établir des maladies de l'imagination, de la volonté; ils ont tracé les règles d’une éducation rationnelle de cette volonté, et peu à peu ces idées d'un domaine tout voisin du nôtre ont diffusé et se sont fait leur place en médecine*. Revenant à l'étude de /a médecine de l'esprit, on écrit à nouveau, à la lumière des idées modernes sur les névroses, des ouvrages où on efileure ces troubles communs de la santé de l’âme : la tristesse, la colère qu'on cherche à atténuer par la psychothérapie”.
À propos des maladies chroniques”, des intoxications, on met de plus en plus en valeur le rôle psychique joué par le médecin, dont certains ne craignent même pas de faire une sorte de prêtre de la société positiviste contemporaine.
Enfin de la suggestion même quelques-uns, dans la thérapeutique des psycho-névroses, commencent à s’écarter qui trouvent que sa part à été peut-êlre faite un peu grande et qu'il y a en dehors d'elle et à côté d’elle une psychothérapie qui mérite qu'on la développe.
1. Gizzegerr D’HercourT, De la nécessité de joindre le traitement moral à l'hydrothérapie pour combattre efficacement l’élat nerveux. Annales méd. psych., 1879, II, p. 189. On trouvera dans ce travail l’histoire de plusieurs malades guéries d'hystérie grave ou de neurasthénie avec phobies, par l'isolement aidé de la psychothérapie ; malheureusement l’auteur ne dégage pas suflisamment et interprète pas le mécanisme de la guérison. :
2. Nous aurons occasion de citer textuellement dans la 2° partie de ce livre le très beau passage écrit sur ce sujet par M. BoucHArD dans la préface de la Thérapeutique de BERLIOZ.