Esquiro, loc. cit., t. II, p
L'isolement adjuvant de la psychothérapie. — L'isolement a un avantage tout à fait capital, c’est de faciliter l’usage de la psychothérapie. Isolé, le malade est entre les mains du médecin, il sent qu'il ne peut plus trouver de recours contre ses prescriptions, qu'il doit s’abandonner à lui, et si celui-ci à su gagner sa confiance le malade ne résiste pas longtemps.
L'hypnotisme peut se passer de l'isolement, car dans son essence il est lui-même un isolement, il éteint les sensations du sujet, il l’écarte du monde extérieur, il supprime ses idées pour ne laisser dominer que celles qui sont voulues par l’hypnotiseur.
Ch. Richet” explique d’une manière très saisissante l'effet de la suggestion dans l'hypnose : « Une comparaison vulgaire fera bien comprendre pourquoi la suggestion est si puissante: en effet on peut assimiler la situation d’un individu éveillé à celle d’un spectateur dans un théâtre. Les lumières, le bruit de l'orchestre, les mille personnes qui l'entourent sont pour son esprit par l'intermédiaire des sens d'innombrables excitations, qui se corrigent pour ainsi dire l’une par l’autre, en sorte qu'aucune n’est prédominante. Chacune cependant a son rôle et contribue à provoquer l’ensemble des sensations qui animent le spectateur.
« Supposons, au contraire, le même individu dans une solitude absolument obscure et silencieuse ; si l’une des innombrables excitations qui avaient passé inaperçues dans la salle du spectacle au milieu de la lumière, du bruit et de la foule vient à frapper ses sens, elle provoquera une idée, une sensalon puissante, landis que dans la salle de théâtre, cette même excitation disparaissant au milieu des autres aurait passé inaperçue. » |
La suggestion à l’état de veille trouve dans l'isolement un adjuvant puissant : « Pour qu'une suggestion réussisse à l’état de veille, il faut réunir un certain nombre de conditions qui ont pour but de procurer au sujet un état de calme physique et moral et de diminuer son pouvoir de résistance” ».
Sans doute la persuasion peut se faire sans l'isolement,
4. Cx. Ricer, De l'influence des mouvements sur les idées. Revue philosophique, 1879, t. VIII, p. 612.