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ISOLEMENT EN DEHORS DE L'HOPITAL

Dans quelle mesure l’isolement des malades de la ville est-1l praticable ? Un premier point sur lequel nous ne devons laisser aucun doute, c’est l'impossibilité d'isoler les malades chez eux. Il semble naturel au premier abord de tenter l'isolement dans une pièce de l'appartement réservée à cet effet, ou bien de consacrer un étage d’une maison particulière, d’un hôtel, au malade qui y séjournera seul avec une garde. Les parents supplient le médecin d'essayer de ce mode d'isolement, et lui font, s’il accepte ces conditions, toutes les. promesses d’obéissance qu'il peut désirer; rien au premier abord ne choque

dans cet arrangement et bien des médecins s'y sont laissés

prendre.

Tous ceux qui en ont essayé et parmi eux Weir Mitchell, Dejerine, se sont bien promis de ne plus recommencer. Il est exceptionnel que les parents, sous des prétextes nombreux et tous excellents, ne désobéissent pas au médecin et ne rendent

pas visite à la malade. Celle-ci, en tous les cas, se sent chez

elle ; elle sait que ses parents sont là, tout prêts à intervenir si le médecin la contrarie. Elle n'appartient pas aw médecin, il n’a pas d'autorité sur elle.

Weir Mitchell” dit textuellement: « J'ai souvent essayé de les traiter dans leur propre domicile et de les y isoler, mais je l'ai rarement fait sans me promettre qu'à l'avenir je ne compliquerai plus ainsi mon traitement de pareils embarras. »

Notre maître le P' Dejerine a été très souvent sollicité d'isoler ainsi des malades, il l’a essayé autrefois, quand il a commencé à employer ce traitement, mais toujours à regret et ses conclusions sont identiquement les mèmes que celles de Weir Mitchell.

Un autre moyen que l’on propose également au médecin, c'est l'isolement dans une maison de campagne au voisinage de la ville. Le ou la malade y est installé avec tout le confort désirable, etil est confié à des domestiques dévoués. Les inconvénients de ce procédé sont à peu près les mêmes que ceux que nous avons déjà signalés plus haut: le malade se sent chez lui, il conserve ses habitudes, il n'est pas entièrement dans la main du médecin‘qui le traite. ï

Le seul moyen d'isoler un malade en dehors de l'hôpital, c'est de le placer dans l'établissement qui y ressemble le plus, dans une maison de santé. |

Nous avons vu que l'aménagement le plus simple permet d'établir une salle d'isolement dans tous les hôpitaux. La plupart des maisons de santé se prêtent également au traitement. s

Il suffit de trouver une maison dans un ut tranquille, le plus loin possible du bruit de la rue. La chambre du

malade sera assez grande, bien éclairée, la fenêtre devra s’ou-

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pendant une partie de la journée. L’étage importe peu, le rez-

- de-chaussée seul sera évité. + A L'ameublement de la chambre sera toujours très simple. œ

4 L'isolement s’y fera aussi strictement qu'à l'hôpital. Le point le plus difficile sera là encore de trouver une bonne garde, —. religieuse ou laïque, quicomprenne le traitement et puisse le We > favoriser et non l'entraver. |

Le régime alimentaire variera peu, il est facile de le régler d’après les notions que nous donnons plus loin. F Les malades soignés à l'hôpital et les malades soignés dans les maisons de santé, n’appartiennent pas au même milieu social, le médecin saura s'adapter aux circonstances et aux caractères. Il ne faut cependant pas exagérer les difficultés ; les différences entre les malades riches’ et les malades pauvres ne portent que sur des nuances. Les premiers et surtout leur famille sont en général plus exigeants, mais le médecin ne peut réussir avec les uns comme avec les autres, qu'en gar- ‘4 dant la même attitude dans ses décisions et la même inflexibilité vis-à-vis des caprices des uns et des autres. ‘# Il existe à Paris plusieurs maisons où les médecins peuvent — pratiquer l'isolement. Le point important et difficile est d'y trouver des garde-malades capables de faciliter le traitement et d'assurer son exéculion en dehors des visites médicales. Le médecin verra en moyenne la malade une fois par Jour. Dans …. quelques cas, dans des anorexies rebelles en particulier, ildevra Jafaire manger ou boire devant lui au début de l'isolement.

: ee …—. En général une seule visite, deux au plus par Jour, sont suf- É fisantes. | | ; Une bonne surveillante sait régler elle-même toutes les dif- è ficullés qui surviennent en dehors des visites médicales, et à LS = la Salpêtrière, en l’espace d’une année, l’interne de garde n’a CE = pas été appelé trois fois dans le service d'isolement ourtans 1& D irès actif. 08 À à : je ‘4 #2 ACA i + - LH oi Es 2-1 Æ # sf Pa, À En g- d * er ñ px À M "4 6 à

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