‹ Isolement et psychothérapieChapitre 50 sur 198 · Byasson, Thèse, Paris · texte numérisé non relu

Byasson, Thèse, Paris

2. STCHERBAK, Contribution à l’étude de Pinfdence de l’activité cérébrale sur l'échange d’acide phosphorique et d'azote. Arch. méd. expér., 1893, p. 309, cité par

. MarrFAN, in Traité de pathol. gén. de Boucuarn, t. I, p. 495.

Camus ET PAGNIEZ. 8

la psycho-physiologie. Le travail mtellectuel modifie les phénomènes circulatoires, il modifie la température du corps et les échanges nutritifs ; on trouvera dans l'ouvrage de notre maître M. Gley' paru récemment, tous ces points exposés avec un grand nombre d'expériences personnelles des plus instructives. ‘

Suivant Ranke, la cellule cérébrale dans le travail psychique fabriquerait des produits toxiques qui contribueraient à sa propre fatigue. « À l'épuisement dynamique, conclut Marfan?, se joindrait donc une véritable auto-intoxication de la substance de Ja cellule par des corps qui en dérivent. Ces deux facteurs s'unissent pour provoquer la fatigue cérébrale; et l’on peut dire, avec Bain, que la pensée épuise la substance nerveuse aussi infailliblement que la marche épuise les muscles, »

Nous ne saurions donc trop recommander le repos intellectuel à nos malades. De toutes les parties du système nerveux c'est le cerveau, l'organe le plus élevé en hiérarchie et le dernier différencié dans la série des êtres, qui est le plus sensible à la fatigue; 1l l’est beaucoup plus que la moelle et incomparablement plus que les nerfs qui paraissent infatigables. Par absence de travail intellectuel nous ne devons pas seule- : ment entendre celui qui est fait en vue d’un but, calculs, compositions littéraires ou scientifiques, mais toutes les préoccupations, tous les raisonnements, toutes Les réflexions sur leur maladie auxquels sont habitués les neurasthéniques. Certains de ces malades se livrent sur ce sujet à un travail cérébral incessant, recherchant les causes de leurs symptômes, les analysant, discutant les complications, essayant de résoudre les hésitations, les doutes nombreux qui germent dans leur esprit d’une façon continuelle. Ajoutons à cela que le plus souvent ils ne dorment pas ou dorment mal et que la nuit interrompt à peine le travail cérébral de la journée. Il y a là une source de fatigue énorme, qui contribue pour le moins à entretenir l’état neurasthénique et doit entrer en ligne de compte dans la lassitude qu’accusent ces malades, même au repos.

4. GLey, Études de psychologie physiologique et pathologique. Paris, F. Alcan,

2. Marraw, La falique et le surmenage. Traité de pathol. gén. de Boucxanp. Masson, 1895, t. |, p. 490.

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La première condition nécessaire pour agir sur cet état d'esprit est d'enlever les malades à leur milieu, on supprime ainsi par l'isolement un grand nombre de causes extérieures qui éveillent, par association, les idées nocives. On les habituera ensuite à refuser leur attention à ces pensées dès que celles-ci seront éveillées, à les oublier même, à orienter leur esprit dans un autre sens, à diminuer, à régler le travail du cerveau ; nous donnerons plus loin des indications psychothérapiques à ce sujet.

Le sommeil est la meilleure condition de repos et de réparation, si on en juge par les recherches physiologiques sur ce point: diminution des combustions, diminution de la production de substances toxiques, etc.

D'après Scharling la diminution de l’activité respiratoire peut être évaluée à 1/4 pendant le sommeil. On le facilitera le plus possible mais sans donner de médicament; la diminution des préoccupations, la psychothérapie le régularise

peu à peu dans les cas où il est troublé.

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