‹ Isolement et psychothérapieChapitre 51 sur 198 · ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTATION

Nous avons mis dans un même chapitre la question du repos et celle de l'alimentation, car elles sont inséparables.

L'organisme a été comparé à un moteur industriel et la comparaison est juste dans une certaine mesure. Plus l’organisme travaille, plus il dépense, plus il brûle et l’on peut évaluer, comme on le fait pour un moteur ordinaire, ses dépenses et son rendement. Mais quand l'organisme ne trouve pas dans l'alimentation les substances nécessaires à ses combustions il brûle ses propres tissus; de plus quand l’alimentation est trop forte il peut faire des réserves qui lui serviront pour un travail ultérieur.

Par le repos au lit nous diminuons les combustions, par l'alimentation nous devons non seulement subvenir à celles qui sont nécessaires à l'entretien de la vie, mais encore réparer souvent les pertes antérieures et accumuler des réserves:

autrement dit nous devons fournir à l'organisme une ration d'entretien et une ration d’engraissement.

116 à ISOLEMENT ET PSYCHOTHÉRAPIE

Weir Mitchell‘ divise les malades en deux groupes: celles qui sont maigres et celles qui sont trop grasses. Il pense que ces dernières ont une mauvaise graisse et qu’il est bon de la leur faire perdre, pour cela il ne leur donne comme aliment que du lait écrémé (seulement deux litres par jour) et parfois du bouillon. Dans ces conditions les malades perdent environ une demi-livre de leur poids en 24 heures; quand Weir Mitchell estime qu’elles ont assez maigri, il les fait engraisser en les soumettant au même régime que les maigres. Celles-ci sont mises d’abord au régime lacté, on atteint rapidement deux litres par jour, on donne également à la malade une assez grande quantité de beurre: À la fin de la première semaine il ajoute au régime, de la viande de bœuf sous forme de soupe crue; voici comment il la compose : une livre de bœuf cru est mise dans une « pinte » d’eau et additionnée de cinq gouttes d'acide chlorhydrique, le tout est laissé en contact pendant une nuit, puis porté dans un réchaud à 110° Far. pendant deux heures; le jus filtré sert à faire la soupe qui est presque crue.

Le régime de Playfair est le suivant pour 24 heures :

DÉJEUNER : Bouillie de farine d'avoine. Poisson ou lard, pain rôti.

Thé, café, cacao.

LUNCHEON : Poisson, côtelette, 1 h. de l’après-midi. Bœuf rôti, fruits cuits. Crème ou pudding au lait.

DixER : Soupe, poisson.

7 heures. Viande rôtie.

Dessert.

En plus de ces repas, deux litres de lait par jour et le matin à 7 heures, le soir à 11 heures une tasse de jus de viande.

Nous empruntons le tableau suivant au livre de Diététique de Munk et Ewald”, c’est le régime auquel fut soumise une’ jeune fille traitée par la méthode de W. Mitchell.

Par ce régime le poids de la malade s'élève de 25,06 à 3305, du 5 décembre 1890 au 25 janvier 1891 ; elle était au

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