Ibid., p
de détourner l'attention d'une idée, acte dont nous parlerons plus loin. Quand nous empêchons un malade de penser à une idée fausse, à une erreur par exemple à laquelle il rattache un trouble morbide et que nous lui persuadons de penser à une interprétation exacte, nous ne le traitons pas par la distraction, nous remplaçons une attention mauvaise par une attention bonne.
La distraction ou plutôt les distractions, prises dans le sens de plaisir, de diversion, ont été conseillées de tout temps dans les affections qui nous occupent; nous les croyons bonnes dans les cas légers, elles sont inefficaces ou nuisibles dans les cas sérieux. Beaucoup de médecins conseillent encore à notre époque d'une façon très vague, il est vrai, « les distractions »; les malades les comprennent comme ils peuvent, mal le plus souvent et n’en obtiennent pas de soulagement durable.
Feuchtersleben” disait: « C’est pourquoi, contre l’opinion commune, Jai toujours regardé les distractions comme un remède fort douteux dans les maladies de l’âme et du corps. J'ai cru au contraire que le recueillement (c’est-à-dire la volonté fixée sur l’activité spontanée) est dans ce cas très salutaire. »
Et la meilleure raison pour laquelle les distractions ne sont pas bonnes dans les cas graves, c’est que les malades, les neurasthéniques surtout, sont aussi incapables de « se distraire » que de fixer leur altention; 1ls ne font d'ordinaire par ces prétendues distractions, qu’ajouter de nouvelles fatigues à des fatigues antérieures. | - La plupart des neurasthéniques qui viennent consulter le médecin ont essayé d'eux-mêmes, ou sur le conseil d'amis ou de médecins, de se distraire, et ils s'étonnent, ils se plaignent de n’en avoir retiré aucun bénéfice. Cette constatation leur est pénible, elle leur fait conclure que leur état est plus grave qu'ils ne pensaient, et ils ont raison, car ce fait est un des symptômes de leur neurasthénie.
C'est le cas pour ces malheureux que l'on traine du théâtre au concert.ou de la montagne à la mer, de rappeler