‹ Israël au MarocChapitre 4 sur 9 · FONT · texte numérisé non relu

FONT

M. H.-M.-l\ (le La Martiniùiv fut, au quai d'Orsay, l'un des ouvriers les plus actifs et les plus tenaces de la dij)l()niatie (pii \ lent de nous conduire à Casablanca. Cette diplomatie a servi l'intérêt juif.

Il est donc intéressant de lire ce que M. H.- M.-P. de La Martinière écrit sur le propos d'Israël au Maroc. Voici :

« Les Juifs sont assez nombreux au Maroc « bien qu'ils y vivent, surtout dans certaines « villes de l'intérieur, dans un état d'abjection « difficile à décrire. Cantonnés en des quar- « tiers spéciaux, maudits, ils sont sujets à de « très mauvais traitements, mais réussissent, en « servant d'intermédiaires méprisés, à faire leurs « affaires. Dans les villes de la côte, protégés « par la présence des négociants européens, « ils sont mieux traités. Les Juifs des ports « parlent presque tous l'espagnol, et prétendent « descendre des Israélites chassés d'Espagne «au moyen âge. Ceux de l'intérieur ne parlent « que l'arabe ; ils sont fanatiques, et, au fond « de leur cœur, détestent les chrétiens ». Notice sur le Maroc, p. 45).

M. Aubin (pseudonyme d'un de nos agents consulaires) nous dit :

« La phipart des Juifs gagnent péniblement u leur vie. Mais le nombre de commerçants aisés, «correspondants des maisons de la côte, aug- « mente de jour en jour. Dans certaines villes

Au Maroc Isradl s'occupe de tout. Nulle affaire en n'importe quoi, n'est traitée sans qu'il en soit. Il est discret. Malheureusement le Maroc

n'est pas un bon pays j)our les secrets.

(( comme Marakech et Méquinez, les postes « européennes ont leurs bureaux au mellah. « Plusieurs gros capitalistes sont déjà suscep- <( tibles d'entrer en relations d'affaires avec le (( maghzen, et il n'y a pas de caïd de tribu qui (( n'ait à la ville prochaine un Juif qu'il nomme (( sa chkara (sacoche) pour remplir les fonctions (( multiples de banquier, de commissionnaire et «■ d'agent de renseignements... Sur la côte la « protection européenne a été largement dis- (( tribuée parmi les juifs. »

(Le Maroc d'aujourd'hui p. 366).^

Par la protection consulaire ainsi « largement distribuée » les Marocains ont vu que l'action j)olitique des Européens se réalisait au bénéfice du juif. L'installation des bureaux de poste dans les ghettos leur a montré que notre action économique serxait aussi tout d'abord l'intérêt juif.

Combien sont-ils donc ces protégés et ces futurs protégés de l'Europe et de l'alliance israélite, pour (jui nous partons en guerre ?

Des millions ?

Non. Rholfs et de Foucauld disent 40.000. L'alliance israélite croit 100.000. Le Journal des

ISRAKL AU MAROC

C lun|iif inaiocaiii a < son juif >. Quelquefois il en a deux. Alors il est toujours sûr île son affaire.

Débats, 200.000. M. Aubin donne la statistique des principales villes. Ce serait : 14.000 à Marak(xh. 20.()()() à Mogador. 10.000 à Tanger. (S. 000 à Fez. 0.500 à Tétuan, O.ooo à Méquinez, et 5.000 à Casablanca.

Somme toute, il y aurait entre 150 à 200.000 Juifs au Maroc. Mais le peuple d'Israël a cette fortune singulière de nous apparaître toujours dans une sorte de fantasmagorie qui nous permet rarement de le voir en ses réalités. Même dans les questions brutales du nombre il fait illusion. A considérer l'importance de la question juive au Maroc, et le rôle que maintenant elle joue dans nos destinées, on croirait que les Juifs marocains sont excessivement nombreux. Ce fut illusion pareille pour les Juifs d'Algérie. Vous n'avez pas oublié les exagérations de l'antisémitisme. On aurait juré que l'Algérie était opprimée par des millions de Juifs riches et que toute la France était nécessaire pour en délivrer l'infortuné chrétien, le malheureux Arabe. Tous comptes faits, il y avait en Algérie 53.036 juifs répartis en 12.132 ménages ; et le nombre des prolétaires était de 43.660 ! 10.785 pauvres diables par des labeurs incertains et misérablement rétribués devaient nourrir 32.875 personnes. 4.973 ménages n'a\aient pour logement qu'une seule chambre ; 2.723 de ces logements primitifs n'avaient air et lumière que par la porte... VA vous savez dans quel mirage de puissance et de richesse nous apercevions les juifs

Les juifs marocains sont pieux. Comme la religion ne permet point l'inutile orgueil, ils n'ont pas de hauts monts de piété. La petite boutique leur suffit.

algériens. Il en est de même aujourd'hui pour les Juifs marocains dont nous avons entrepris la délivrance. On oublie la misère des mellahs, et les milliers de mendiants, et les milliers de col- })orteurs infimes et les milliers d'humbles ouvriers j^our ne plus songer qu'aux deux banquiers conunandités par M. de Rothschild, aux vingt commerçants achalandés par M. Schneider et à la centaine de courtiers qui font le commerce de l'argent. Une centaine... Mettons qu'il y

ISRAKL AU MAROC

So

en ait cinq cents. Reconnaissons qu'ils font l'usure, cette usure fameuse qu'un grand écriv^ain algérien disait « née comme une généra- « tion spontanée du produit incestueux de l'ab- « sence de capitaux et du manque de confiance. » (Télégramme d'Alger, 28 Décembre 1897). Convenons qu'ils sont remuants, intrigants, bruyants et qu'ils savent à merveille se faire voir. C'est tout de même un curieux phénomène que celui (\m ne nous laisse voir que cette phalange de l'usure et de la faillite...

Car aujourd'hui les conditions du commerce de l'argent et de l'industrie du crédit ne sont plus les mêmes qu'aux siècles passés.

Jadis, en suite de la condition « hors la loi », (|ui partout lui était faite le Juif, pour vivre, était obligé de s'ingénier au commerce « hors la loi ». Pour ce qui équivaut à la banque d'aujourd'hui, cette condition même lui valait un privilège. La dispersion du Juif en tous les états, et la servitude en quoi le tenaient tous les états, ont donné au financier, au commerçant, au courtier, à l'intermédiaire juif une puissance que nul autre, chrétien ni nuisulman, ne pouvait avoir. Ce n'est point le vol juif, ce n'est même pas la souplesse acquise, la ruse développée,

la mauvaise foi légitime, ni même l'économie patiente, qui ont créé l'hégémonie financière et les fortunes des Juifs. C'est la servitude où les maintenaient les chrétiens et les musulmans.

Sans parler de l'Europe, où un chrétien d'Allemagne était à peu près sûr d'être volé par un chrétien de Provence (et réciproquement) dans une négociation directe, voyez le commerce entre les états barbaresques et la chrétienté. Quel était l'intermédiaire forcé ? Le Juif. Il y avait en Europe des communautés juives, il y en avait dans l'Afrique du Nord. Et pour ces communautés le mot responsabilité avait un sens terrible. Le paiement fait au bénéfice d'un seigneur musulman à des Juifs d'Europe, on était sûr que le Juif des pays barbaresques le transmettrait fidèlement. La seule fois que cela n'arriva point, ce fut quand Bonaparte et Talleyrand, gardant })our eux la part du lion, mirent les Bacri d'Alger dans l'impossibilité de payer au dey les sommes que lui devait la Républiciue. Par ailleurs les transactions furent toujours faites régulièrement grâce au Juif. On peut même dire que, sans lui, durant des siècles, le commerce méditerranéen n'aurait pas existé.

Mais aujourd'hui les conditions du commerce ont changé, même au Maroc. Une pubhcation du Comité du Maroc (Supplément au numéro de février 1904, p. 44) prétend en effet que l'intermédiaire du Juif n'y est plus nécessaire.

« Nous croyons devoir nous élever, y est-il « dit, contre ce conseil que nous considérons <( comme dangereux que le Juif est l'intermé- « diaire obhe:atoire au Maroc...

« Il faut constater d'abord que, bien que « n'étant plus traités aussi durement que par « le passé, les Juifs marocains même les plus « riches ne jouissent d'aucune considération de « la part des indigènes... Quant aux détaillants i< il y aurait du danger pour nos négociants à « faire des affaires avec eux. »

C'est avec les 20.000 francs de souscription de M]\I. de Rotschild qu'on imprimait cette appréciation de l'honnêteté du commerce juif au Maroc !

La réalité juive au Maroc, c'est, d'un côté, une quantité de malheureuses familles, vivant misérablement et sur (jui retombera la mauvaise humrur des Marocains dans la crise actuelle. Et c'est d'un autre côté quelques familles très riches, très puissantes, associées ou apparen-

tées avec la grande juncTie d'Europe. Celles- Ici réaliseront un bénéfice énorme dans la transformation du Maroc. Au-dessous de cette aristocratie incarnée dans les Corcos il y a quelques centaines de familles « à leur aise, » déjà presque toutes libérées du joug musulman par la protection consulaire.

La puissance d'Israël au Maroc tient à celle d'Israël en Europe.

Notons cependant que les ouled Tazi à qui Abd-el-Azis abandonna le gouvernement et qui... l'endettèrent d'emprunt, sont d'origine juive. Ainsi l'opération financière qui livra le Maroc à l'Europe, non seulement eut l'intermédiaire juif, obligé, mais le ministre musulman qui la réalisa venait d'Israël.

Le sultan a même, officiellement, à son service des Juifs qui n'ont point abjuré. Les chefs de la régie du tabac et de celle du Kif à Fez sont des israélites. Beaucoup de fonctionnaires du trésor également. Enfin, comme le dit plus haut, une citation de M. Aubin, tous les grands personnages marocains ont pour homme de confiance un Juif.

Si ce qui se passe au Maroc n'est pas encore très exactement connu, on peut du moins s'en rendre compte par analogie avec ce qui existait

en Algérie avant la conquête et que l'on sait bien.

C'est un rôle d'absolue confiance que les Juifs jouaient à côté des chefs indigènes.

Aussi y a-t-il là deux faits que les historiens doués de sens critique doivent avoir peine à concilier : d'un côté l'excessif mépris où le musulman tenait le Juif — d'un autre côté l'excessive confiance qu'il avait en lui.

Pour l'expliquer il faudrait étudier dans l'ultime détail la psychologie des deux races en présence. Mais je crois que, sans aller jusque-là, peut-être il suffirait de rappeler qu'on a toujours tort d'abstraire en l'absolu d'un type les races que l'on décrit. Elles sont toujours composées d'individus. Et les individus, malgré qu'on puisse trouver toujours en chacun d'eux certains caractères communs à tous les individus de la race, n'en sont pas moins, fort souvent, très différents les uns des autres.

Il y a des Juifs qui trahirent Abd-el-Kader par exemple en nous servant nous, et il y en a d'autres que nous accusons de nous avoir trahis, parce qu'ils demeurèrent fidèles au chef national (hi pays dans lequel ils vivaient. C'était tout simplement des individus qui différaient les uns des autres, parce que d'appartenir à la

même race n'impose pas fatalement à tous les individus de cette race la même conception du devoir ou de l'honneur.

Chez les Juifs marocains nous retrouvons aujourd'hui la même diversité parmi les individus. Il y en a qui servent fidèlement le sultan et (|ue nous déclarons — avec MM.de Foucauld, de la Martinière, et autres — fanatiques ennemis de l'Européen. Et il y en a d'autres qui s'offrent servilement à l'Europe, qui nous sont fidèles, et que les marocains traitent de renégats.

De même, s'il y a beaucoup de commerçants peu recommandables ; s'il y en a qui pratiquent avec maestria le refus des commandes arrivées en douane pour l^s acheter ensuite au rabais ; s'il y en a qui font industrie des faux titres de propriété ; s'il y en a (jui fabriquent la fausse monnaie, etc., etc., cela ne peut pas signifier qu'il n'y en ait point d'honnêtes. Et il y en a. Car les communautés juives du Maroc, ce n'est pas un bloc formé d'une matière unique, puisque c'est des éléments humains, des éléments individuels. Et dans toute communauté humaine, il y a les bons et les mauvais. Ne nous a-t-on pas enseigné que c'est après leur mort seulement que Dieu sépare les bons des mauvais ?

Celui là n'eut pa.s besoin de juifs pour se ruiner à Tanger. Il lui a sufli de lire le bulletin du Comité du Maroc. Il a vu (octobre 1904) tpi'un « poseur de sonnettes électriques » pourrait gagner largement sa vie. Kt il est venu, avec sa femme, une «niodiste» également demandée par le Comité. Elle a pu se débrouiller pour repartir. Lui, pas.

Jm( pauvre de laza.

( IIAIMTRI': II

Lies ORl(;iNKS ET L*HIST()IRK.

ÂSSERVISSKMKNT HT PERSÉCUTIONS

Ecrire ' Israël au Maroc » n'est pas Correct i ar si les Juifs marocains sont tous de la relif^ion

d'Israël bien peu sont de sa race. Il y a parmi les Juifs marocains des hommes de beaucoup de races, quelques sémites israélites, quelques indigènes barbaresques, des Romains, des Slaves, des Vandales des Goths et des Ibères. Il ne faut pas oublier en effet que, dans les derniers temps du paganisme, il y eut beaucoup plus de conversions au judaïsme qu'au christianisme.

L'histoire des Juifs marocains pourrait tenir en ces quelques mots : « Ils furent persécutés. Ils furent opprimés. »

Le seul fait que, dans la dispersion de leur peuple vaincu, les Juifs, partout, furent des faibles, suffirait à expliquer l'oppression dont ils furent les victimes en tous pays, sauf en Chine.

Le faible doit travailler pour le fort. Le faible doit subir le caprice du fort. Le faible doit admirer le fort. Le faible ne doit rien dire, ne doit rien faire cjui puisse contrarier dans l'esprit du fort cette idée que le fort est supérieur en tout.

C'est une sale loi que les religions théistes ont incrustée dans le cerveau des hommes. L'expression la plus terrible en fut concrétisée par le Juif, à ([ui nous devons cette première phrase de nos catéchismes : ^( Dieu nous a créés

pour l'aimer, l'adorer et le servir. » Je ne crois pas à la justice immanente, au moins dans la torme où les « avocats » nous la présentent, mais s'il y fallait un argument, je n'en verrais {)oint de meilleur (jue celui de la persécution (jui partout frappa le Juif. Divinisant, pour le christianisme, l'orgueil du puissant, du tout-puissant, lequel veut être aimé, adoré, servi par ceux (jui lui doivent la vie, le Juif a retardé l'émancipation des liommes faibles opprimés par les hommes forts. Le mal qu'il a fait de la sorte à l'humanité, il en a souffert lui-même au suprême degré.

Dès la première prise du temple le vainqueur transporte des Juifs en Lybie. Le Romain qui domine de haut, le Romain non chrétien, sans conllit d'intérêts avec les déportés juifs devenus ses colons n'a pas de haine contre eux et les traite bien. Le Grec, un concurrent, les tracasse. On note le même phénomène dans la crise de l'antisémitisme algérien ; nous respections le Juif. L'hispano-maltais, son concurrent, demanda sa mort.

A la prise du deuxième temple, où sont massacrés tous les hommes de Jérusalem assez forts pour combattre, ce (|ui reste de la popula-

tion est dispersé. Il en vient à Cyrène. Et les femmes de Sion portent aux Juifs d Afrique la malédiction jetée au vainqueur par ceux (jui moururent. Et ces paisibles colons, ces commerçants tranquilles, animés par les haines des morts, se retrouvent les Juifs du dieu des armées. C'est la révolte. C'est la guerre pour une patrie à refaire. C'est une guerre très longue, où toute la force de Rome est à nouveau nécessaire pour vaincre définitivement les Juifs. Alors on les traite mal.

Les survivants, des femmes, des vieillards, des enfants, deviennent esclaves de l'empire et sont envoyés par groupes dans tous les centres de l'Afrique du Nord.

Voilà le fait essentiel à noter pour comprendre la condition des Juifs dans les états barbaresques. Les premiers ghettos, les premiers mellahs, c'est le (juartier des esclaves juifs du gouvernement romain.

Un mépris d'abord s'attache à ces esclaves. Ce mépris se transforme, avec les siècles, quand ces esclaves, profitant des révolutions, des guerres, des changements de propriétaire, acquièrent une liberté relative: Lorsque l'esclave émancipé reste, soit par une cause religieuse, soit par

ISRAKL AU MAROC 37

•iiise othni(|iio. soit ])ar cause politiciuc, sin- >;iilarisL' dans le peuple au niilic*u ducpiel il vit, le mépris (jue ce peuj)le avait pour lui (le\'ient <le la liaiue. (Les noirs en Amérique).

T'est la race, la religion et la condition politique (|ui singularisent les Juifs au milieu des î)aïens sujets de Rome, au milieu des chrétiens sujets de Ryzance, au milieu des Visigoths et des Vandales.

C'est la religion et la condition politique seu-

hMuent (]ui singularisent les Juifs au milieu des

Arabes. Les Juifs (pii étaient libres se défendirent

outre l'invasion arabe. Ils eurent même une

héroïne de leur patriotisme, la Kahina.

Les Juifs qui n'étaient point libres, n'ayant point de patrie puistpi'ils n'avaient pas de liberté, accueillirent au contraire l'envahisseur ivec empressement.

Maître dv rAfricjue du Xord l'Arabe désire la conversion des vaincus. Le chrétien se conxrrtit. Le Juif (|u'unt^ abjuration aurait fait entrer dans la nation dominatrice, comme elle y fit iitrer le chrétien, de race différente, ne se convertit cependant ])oint. Il est de la même race cpie le concpiérant. Isaac est frère d'Ismaël. Son orgueil ne lui permet point d'abjurer.

Je sais que Mahomet n'aimait pas les Juifs. Ceux d'Arabie l'avaient trop raillé, à ses débuts. Il leur reprochait aussi d'avoir altéré les écritures. Enfin il souffrait de ce qu'ils ne le reconnaissaient point comme troisième prophète, annoncé par Moïse et par Jésus. Mais cela il le reprochait également aux chrétiens. Et il ne demandait aux uns et aux autres qu'à le déclarer vraiment prophète pour qu'ils devinssent les égaux des premiers convertis sous sa loi.

Dans l'Afrique du Nord, malgré que les chrétiens fussent de races différentes, leur conversion les (( assimila » très rapidement aux vainqueurs. Les différences qui nous frappent aujourd'hui entre le Berbère et le u soi-disant » Arabe proviennent souvent moins de la race originelle que de l'influence du travail exigé par le milieu.

Comme le Juif était de même race que le vainqueur, il est permis de croire que sa conversion l'eût assimilé beaucoup plus rapidement, et alors beaucou]) plus intimement que les chrétiens, ou les j:)aïens indigènes, qui étaient de races différentes.

Mais, je l'ai dit, il ne voulut point.

Alors il tomba du mépris dans la haine et dans l'oppression.

Il y succombait (juand une force nouvelle

le résistance lui tut a])portée par les Juifs expulsés

d'Espagne. Ceux-là n'avaient jamais été esclaves

comme les malheureux descendants des révoltés

de Cyrène. On sait de quel éclat ils avaient brillé.

Je ne rappellerai qu'un détail. Le concile l'Klvire, en 320, a défendu aux fidèles de faire bénir leurs moissons par les rabbins. Les Espae^nols catholiques avaient donc à cette époque plus de confiance dans la sorcellerie juive que dans celle des prêtres chrétiens.

Lorsque la barbarie catholique chassa la civilisation juive de l'Espagne, dans les rangs d'Israël en fuite il y avait plus d'ibères convertis que de sémites de la race de ceux de Jérusalem, il y avait même des Goths. Un groupement de ténacité moins fatiguée vint ainsi renforcer elui des Juifs de l'Afrique du Nord et leur permettre de \'ivro les siècles de la douleur sous l'oppression musulmane

Cependant l'Islam est tolérant, il n'eut jamais quelque chose de comparable à l'Inciuisition. Il admet les autres religions. Alors ?

Expliquons. Le Juif se tient religieusement

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