‹ Israël au MarocChapitre 5 sur 9 · CT · texte numérisé non relu

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séparé du vainqueur. Mais la constitution religieuse de ce vainqueur est en même temps la constitution sociale, la loi politique, la loi civile. Et le Juif est ainsi hors de la société musulmane. Hors la loi. Dans les premiers temps, surtout quand les califes se font gloire de protéger à leur cour des savants juifs, ce « hors la loi » ne signifie pas une réalité bien pénible. Mais après ! Quand la civilisation musulmane sombre dans la barbarie des confréries ignorantes, la condition du Juif marocain devient pire que la plus abominable servitude. Il n'y a plus de droit pour lui. Le caprice du Sultan, du Seigneur et le caprice du peuple règlent son destin. Légalement, moyennant le paiement de son impôt spécial, et l'observance de certaines coutumes il de\Tait pou\'oir travailler et vivre en paix dans ses mellahs protégés par les soldats du maître. En fait il n'y a jamais de sécurité pour hii. Soumis aux plus dégradantes obligations, forcé de payer toutes les fois qu'on lui demande de l'argent, si d'aventure il proteste et fait appel à la foi jurée, on lui dit de s'estimer heureux qu'on ne le torture point, qu'on ne le tue point. Car on le torture quelquefois ; souvent les égorgeurs vont se distraire dans les

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mollahs. Les persécuteurs musulmans ont montré dans leur (jeuvre un génie comparable à celui de leurs émules chrétiens. Fallait-il obliger un Juif à « déclarer sa dernière cache d'argent » on savait, au Maroc, aussi bien (ju'en Europe, inventer mille « joyeusetés » persuasives. Des voyageurs ont noté celle-ci que les vieux Marocains racontent non sans fierté. Dans une petite cage on enchaîne un lion affamé, de telle sorte qu'il ne soit arrêté qu'à une vingtaine de centimètres des parois... puis on lui donne pour compagnon le malheureux cju'on veut rendre bavard. C'est paraît-il absolument irrésistible. Va des gens (jui se taisaient dans les supplices les plus cruels parlaient aussitôt qu'on les exposait ainsi au lion. Je n'insiste pas. Imaginez toutes les horreurs que vous pourrez. Elles furent certainement réalisées par les marocains dans les mellahs. Et quand on songe à ce qui vient de se passer à Casablanca on peut dire (|u'elles le sont, qu'elles le seront encore.

Les Marocains sont donc bien sauvages ; le fanatisme de l'Islam les a donc rendus bien féroces ! Rappelez-vous les beaux jours de l'anlisémitisme en France, en Algérie.

Ce n'étaient pas des Marocains ces électeurs.

ces paroissiens d'Alger, qui, pour s'amuser, assommaient des vieillards. Et cette mariée, toute jeune, toute jolie, qu'une foule en gaieté couvre d'abord de crachats et veut ensuite lapider, après lui avoir déchiré ses vêtements... Ce n'est pas des brutes marocaines qui voulaient s'en partager la chemise, et cela ne se passait point dans une kasbah lointaine. C'est des ]ionnêtes gens d'Alger qui s'offraient cet exquis plaisir devant la mairie d'une grande ville qu'on dit française. I^t toutes les vilenies, toutes les cruautés, tous les crimes, tout ce qui divertissait les Algériens antisémites — la presque unanimité des Européens d'Algérie — toutes ces abominations qui déconcertent notre raison, et qui sont d'hier, est-ce (jue tout cela n'est point de la même barbarie que ce cpie nous trouvons si barbare chez le Marocain ?^ Oui. L'homme est partout (juelque chose de bien.

I^t pour nous consoler, notons que si le Juif était à la place du Marocain, les mêmes horreurs se passeraient, avec l'unicpie différence que le bourreau deviendrait la victime.

Sans rechercher les anticjues histoires de Cyrène on ])eut trouver dans le Maroc d'aujourd'hui plus d'une tragique aventure où le Juif

a prouve (lue lorscju'il a la force il sait en abuser aussi parfaitement que n'importe (lui.

VA je ne j)arle ])as des abus classicjues, des abus connus, de ceux que Shakspeare incarna dans le personnage de Shylock. Evidemment toutes les fois ([u'un Juif marocain, passez-moi l'ex- })ression, peut serrer la \'is à (luelcpie débiteur, il tourne dessus comme les bourreaux d'Espagne sur le garrot. Mais je sais telles et telles histoires, et j'ai tels et tels souvenirs personnels, qui montrent, dans un ordre de faits purement physiques, la cruauté du Juif marocain pareille à celle du Maure, du Kabvle et de l'Arabe dans le même })ays.

Peut-être un jour publierai-je la romanesque histoire de cette pauvre petite danseuse, qu'un J uif conduisit chez le Sultan, comme étant la vraie Cleo de Mérode, et lit « disparaître » ensuite pour (pie la supercherie ne fut pas ébruitée. Elle montrera quelques traits de férocité caractéristiques.

Mais puisque nous sommes au chapitre des origines, je préfère vous dire une légende cpii expli(iue miraculeusement l'exode des Juifs d'Espagne vers les Etats barbarestpies.

Elle fut publiée en 1833 par le capitaine Rozet; (pii la tenait d'un Juif d'Alger.

(( En 1390, le premier rabbin de Séville, Simonben-Smia, qui possédait une grande fortune, fut arrêté et mis en prison par ordre du roi d'Espagne, avec soixante des principaux chefs des familles juives... Peu de temps après l'emprisonnement du rabbin, le roi ordonna de le mettre à mort, ainsi que tous ceux qui étaient enfermés avec lui.

La veille du jour fixé pour l'exécution, dans le moment où tous ses compagnons d'infortune s'abandonnaient au désespoir et à la douleur, Simon prit un morceau de charbon et dessina un vaisseau sur la muraille. Se tournant ensuite vers ceux qui pleuraient. « Que tous ceux qui croient en Dieu, dit-il, et qui veulent sortir d'ici à l'instant même, mettent avec moi le doigt sur ce bâtiment ». Tous le tirent, et aussitôt ce navire de charbon devint un navire véritable, qui se mit do lui-même en mouvement. La muraille s'ouvrit pour le laisser passer. Il traversa Séville au grand étonnement de tous les habitants, sans en écraser un seul, ni démolii- une maison, et se rendit droit à la mer avec ceux qu'il portait )>.

Le bateau navigua ensuite, non moins miraculeusement, jusqu'à la côte africaine. Le capitaine

Rozet ajoute que cette légende lui ayant paru plaisante, il voulut en rire a\'ec un Juif d'Alger. (>lui-ci, ([ui était un homme instruit, parlant plusieurs langues, et surtout parfaitement français, répondit froidfTnent : " C'est un article de notre foi >'.

Le bon capitaine semble étonné (ju'un homme raisonnable ait pu avoir un tel « article de foi ». Cependant n'y a-t-il pas quelcpies histoires un |)eu plus fortes, à l'actif d'un très ancien rabbin juif dissident, le dénommé Jésus, et que beaucoup

l'hommes, à réputation de raison, tiennent

•gaiement pour articles de leur foi ?

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CHAIMIRI-: III

OMMHNT LES JUIFS ONT-ILS PU VIVRK AU MAROC MAL(;KK rANT DK PKKSKCUTIONS

Résumons k's laits caractéristi(|iies de la conlitioil d'Israël au Maroc.

T'est : L'entassement dans des mellaiis sans

le moindre confort ; la pauvreté ; la mauvaise nourriture ; les mauvais traitements constants ; les massacres fort souvent ; le viol des femmes à toute occasion. Sachant cela et voyant, par ailleurs, le nombre relativement considérable de Juifs qui vivent actuellement au Maroc, pour peu que l'on ait de sens critique, on est conduit à se demander : 1° Comment peut-il y avoir autant de Juifs ; 2^ Comment ces Juifs peuvent -ils être encore des Juifs, les femmes a^^ant été si souvent violées ou prostituées.

Dans un autre chapitre je répondrai à cette question. Dans celui-ci cherchons comment le Juif a pu, malgré son épouvantable condition, ne pas mourir.

Il ne suffit pas de dire avec l'éminent écrivain bruxellois, M. E. Picard, que le Juif, étant une vermine, quoi qu'on puisse en écraser il en reste toujours. En effet, cela ne signifie rien. Et ce qu'on a lu plus haut de M. H. -M. -P. de la Martinière n'a pas plus de sens. Répéter avec une foule d'autres écrivains (jue je ne puis citer, car ils sont trop nombreux, que dans son abjection même le Juif trouvait le salut, ne serait pas davantage raisonnable. Pour que ce paria continuellement razzié, dépouillé, volé, ait pu, sans terre

M cultiver, gagner sa vie sous le guet de ses tyrans ;

Pour que ces familles parquées dans l'ordure, proies désignées à toutes les maladies, à toutes les épidémies aient pu vivre ;

Pour (jue les survivants des massacres qui, tant de fois ensanglantèrent les mellahs, aient j)U reconstituer des familles ;

Evidemment il faut, pour comprendre cette force magnifique de résistance et leur vitalité puissante, une autre explication c^ue celle de la « vermine » ou de u l'abjection ».

Voici.

Deux enseignements, deux li\'res, dont les Juifs rougissent aujourd'hui — en vérité je me demande pourquoi — les sauvèrent dans toutes les persécutions qui les ont frappés en tous pays.

Pour \ivre ils devaient se défendre contre les hommes leurs tyrans et contre la nature que les conditions (hi ghetto faisaient aussi une ennemie. Donc il leur fallait une tactique de défense sociale et une hygiène.

Ils eurent le Talmml et les préceptes de Maîmonide.

Les écrivains, même Juifs, condamnent en grande partie le Tahnud. Ils ont tort. Il ne

faut ni étudier ni apprécier le Talmud en l'appliquant aux conditions sociales d'un citoyen français juif vivant à Paris en 1907. On doit se reporter aux conditions du temps où il fut écrit, aux conditions sociales, d'Israël opprimé, qui le rendirent nécessaire. Le Talmud est un code de résistance à l'usage de faibles qui doivent se défendre contre des forts. C'était quelque chose d'analogue aux manuels de service en campagne, aux codes de tactique militaire. Que par toutes les ruses, dues au génie des plus habiles rabbins, le Talmud ait donné aux Juifs l'art de tromper, de voler, de tuer même le goy, n'était-ce point légitime, nécessaire, du moment que le goy tenait le Juif dans les conditions que l'on sait? Il est absolument ridicule de vouloir autour de ce fait des considérations de morale ou d'immoralité. C'était la guerre faite au Juif par le chré- * tien et le musulman. Le Juif, qui ne voulait point mourir, et demeurer Juif cependant, se défendait. Ses tromperies, ses ruses, ses mensonges sa délovauté... mais il me semble qu'on enseigne encore aujourd'hui dans toutes les écoles militaires qu'il faut toujours essayer de tromper l'ennemi. (|ue hi ruse est une arme de combat; qu'il faut mentir pour que cet ennemi ne soit

ISRAËL AU MAKOC

pas renseigné et (ju'il n'y a pas déloyauté à le berner.

La làciieté du Juif... mais il nie semble que le grand tacticien est encore aujourd'hui celui • pli manceuvre pour attacjuer en nombre supérieur, par surprise, et sans danger.

La noirceur d'âme et la cruauté du Juif... mais il me semble qu'un obus à la mélinite, une torpille une mine, un sous-marin... oui, qu'on réfléchisse...

Maintenant si l'on disait que cette formation mentale par le Talmud n'a pas tout à fait préparé le Juif à vivre en citoyen parmi les chrétiens ou les musulmans, un logicien répondrait que l'éducation des classes militaires, des familles militaires, des individus militaires, ne serait pas non plus très apte à former des concitoyens pour les gens paisibles.

Je n'insiste pas. J'ai simplement voulu montrer comment, n'ayant point la force du glaive, ne pouvant cultiver la terre, parqués en des mellahs qui sont des cachots, volés dès que le geôlier leur supposait quelque argent, les Juifs ont tout de même pu vivre au milieu des Marocains, en courtiers, en serviteurs, et, disons le mot, en usuriers. Ils ne pouvaient faire autre chose. Il fallait qu'ils le fissent. Le Talmud leur apprit à le faire bien.

\'oiUi pour la résistance morale, sociale.

\'oici pour la résistance physique salut des individus et salut de la race.

Tous les voyageurs qui sont entrés dans les

inellahs marocains se sont demandé comment il était possible que des hommes vécussent « làdedans ".

Ce n'est point par goût ni par plaisir (|ue les Juifs y demeuraient. Dans les villes de la côte a Tanger, aussitôt qu'ils ont pu en sortir, ils l'ont fait. Mais durant des siècles ils ont été obligés de vivre dans ces « sentines infectes >:. Ils y ont vécu parce qu'ils avaient une « hyij:iène ». Le Talmud leur enseignait à se défendre contre la tyrannie des hommes. Les préceptes le Maïmonide leur apprirent à se défendre contre les mauvaises conditions naturelles que leur imposait la tyrannie de kurs maîtres.

Le D^ Rertherand, dont les études sur l'Afrique lu Nord font autorité, avait été frappé par « la « merveilleuse aptitude de la race juive d'échapper « aux épidémies, d'acquérir une résistance vitale « et une longévité des plus remarquables ». Et il ajoutait u que cela devait s'expliquer « par une hygiène supérieure à toute autre. » Aussi avait-il cherché. Et il avait trouvé les « Principes de la santé physique et morale deTliomme, j)ar Arab Mouchi ben mimoun, autrement dit le rabbin Maïmonide. Traduits par M. Carcousse, il les édita en 1887, chez ^L Ruff, à Alger.

Quand on a lu ces i)rincipes, quand on sait i\\\c les rabbins les enseignaient et que les Juifs

ISRAËL AÎJ MAROC

les suivaient au Maroc, alors on comprend (luc les races d'Israël aient survécu dans ce pavs à toutes les causes de dégénérescence de maladie et de mort (]U(^ la méchanceté de l'iionnuo axait réunies contre elles.

Il serait trop long d'analyser ici complètement ces principes du grand savant d'Egypte. Nous en indiquerons seulement l'essentiel. Quelles sont les principales causes d'anéantissement des groupes humains placés dans de mauvaises conditions naturelles ?

C'est, coïncidant avec une insuffisante nourriture l'abus des plaisirs vénériens et l'oubli de ce que l'avenir de la race impose à l'individu dans le mariage.

Et c'est aussi, coïncidant avec le séjour dans une atmosphère contaminée, les autointoxications qui sont dues aux mauvaises digestions et aux excrétions retardées.

Y remédier c'est l'essentiel de l'hygiène pour les parias... et pour les autres également.

Les plaisirs vénériens. Vous savez le mot de la j)auvre femme à la grande dame : « C'est le dessert du pauvre ». Et celui du paysan : « A (|uoi donc voulez-vous que nous passions les longues soirées et les longues nuits d'hiver ». Ce que disent les pauvres gens, ce que disent les paysans, les juifs des mellahs ne le disaient peutêtre point, mais, certainement le faisaient.

Aussi l'un des grands soucis de Maïmonide fut de régler religieusement l'accomplissement de

l'acte imposé par la Nature aux hommes pour que

l'humanité se perpétue.

ICntre autres de ses prescriptions, je cite :

(( L'acte de génération, c'est la force du corps,

« c'est un luminaire pour les yeux, mais lors-

« qu'on en abuse, le corps est consumé dans

" sa vigueur, la vie est anéantie. Salomon

u l'a bien dit dans sa sagesse, ne donne point

« ta force aux femmes.

« Quiconque est plongé dans l'abus des femmes

(( se voit assaillir par la décrépitude ; sa force est perdue, ses yeux s'affaiblissent ; une mauvaise odeur s'exhale de sa bouche, de ses

« aisselles ; ses cheveux, ses sourcils, ses cils

(( tombent.

« Les poils de la barbe, des aisselles, des jambes

« se multiplient au contraire ; les dents s'ébran-

' lent et tombent. En outre d'autres maladies sont imminentes. Les médecins ont dit : « Un homme sur mille meurt de maladie ordinaire, et mille par l'abus des femmes ». Aussi doit-on

« prendre des précautions à ce sujet, si l'on xeut

' vivre sans souffrances.

'* On ne doit accomplir l'acte de génération

« (juc^ lorsqu'on se croit sain et très fort.

t( Lorsque l'honmie est en état de désir, d'une

<( manière naturelle et inconsciente, et qu'après (( avoir dirigé ses pensées vers d'autres sujets, il « sent son désir persister, qu'il éprouve des (( lourdeurs dans les reins, que ses nerfs sont (( comme tendus et que sa chair est chaude, « c'est qu'il a besoin d'accomplir l'acte de géné- « ration, et il est alors hygiénique de le faire.

« On ne doit pas se livrer au rapprochement « sexuel quand on est rassasié ni quand on a « faim : il faut toujours attendre que les alite ments soient digérés.

(( Avant comme après on doit s'obser\'er (( pour voir si le besoin d'uriner ou d'aller à la « selle n'est pas urgent.

« Il ne faut pas se livrer au rapprochement « sexuel, debout ou assis, ni au bain, ni le jour « où on a été au bain, ni le jour d'une saignée, « ni au moment de se mettre en voyage ou <( d'en étro re\*enu... etc.. )^

Dire que ces prescriptions de sagesse furent suivies à la lettre par les juifs marocains, serait exagérer. Car le Juif marocain est un homme. Il aime le u flirt » et... le reste. Sans être voyeur j'ai vu beaucoup au Maroc. Mes dessins sont vrais.

La lubricité (hi Juif de l'Afrique du Nord, qui a frappé tous les observateurs, et que les

antisémites lui ont tant reprochée est réelle. D'ailleurs, elle s'explique par les conditions spéciales de l'existence de la race, pendant si longtemps claustrée, pour ainsi dire, en ses mellahs, en ses ghettos. Le Juif, pendant des siècles, fut obligé de vivre beaucoup plus de son cerveau, de ses nerfs, que de ses muscles. Il a tout un long atavisme de suractivité cérébrale. La circulation de l'influx nerveux, chez lui, est plus intense que chez les hommes dont le passé ancestral est un passé de fatigue musculaire, aux champs, et qui ont, eux, surtout le développement de la circulation sanguine. L'être ainsi caractérisé par une plus grande puissance des fonctions cérébrales, quand il ne la dépense point en travail intelligent, soit dans le commerce, soit dans la banque, soit dans les arts, soit dans les lettres, devient fatalement un libidineux paillard..

Il est naturellement livré à la femme. Et non moins naturellement il en abuse.

Cela arrive même aux gens qui, ayant ailleurs emploi de leur activité cérébrale, pourraient plus facilement éviter cet abus. Cela se voit au Maroc. La seule différence qu'il v ait alors entre les pauvres diables et les gens riches, c'est que les premiers ont... comment diiai-je

cela ?... le choix moins exij^eant (iiie les autres.

Comme la femme est engendrée par l'homme, elle a le même tempérament. Cette constatation rend inutiles plus longues explications. Facilement on comprend pourquoi les rabbins se sont ipj)li(iués à refréner la lubricité de leurs communautés, et pourquoi si souvent ils ne sont point écoutés.

Mais cela est-il particulier aux Juifs ?

Mais à Paris... ? La sagesse de Maïmonide y >erait, j'en ai peur, encore beaucoup moins prisée que dans les mellahs. Cependant elle y serait aussi utile. Sans évoquer les ombres de tels ou tels illustres qui moururent pour avoir oublié cette sagesse prudente, combien en voyons-nous haque année, qui disparaissent... et qui vivraient ncore, sains et forts, s'ils avaient lu et suivi les préceptes de Maïmonide!

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israël au maroc a donc pu vivrk.

qu'est-il aujourdhui.

Donc Israël a pu vivre et se niultiplier, malgré

les persécutions et Toppression, grâce au Talmud et à Maïmonide dont, plus loin, je citerai quelques autres prescriptions.

Presque tous les voyageurs qui l'ont étudié semblent regretter qu'il existe, car ils nous le dépeignent sous les plus laides couleurs. Il semblerait qu'ils n'aient vu que ses défauts.

Dans les mellahs de l'intérieur ils notent presque uniquement son « abjection « et sa servilité ! Un passage de M. Aubin sur ce propos est caractéristique. Je le transcris.

« L'abjection matérielle conduit aisément à « l'abaissement des caractères. Les marques « de servilité abondent chez les Juifs marocams « surtout dans les petites villes du Haouz, où « leur existence même est livrée à l'arbitraire « des caïds locaux. Il est agaçant de voir sur « les grands chemins, les passants juifs s'in- « cliner profondément et baiser la main de vos « domestiques en leur prodiguant des ya Sidi, « ô mon seigneur ! et les formalités les plus obsé- « quieuses. Voilà autant de raisons pour marquer « l'extraordinaire mépris marqué à l'égard des « juifs par les musulmans, et les critiques « sévères formulées par tous les représentants de « l'alliance Israélite qui aspirent maintenant

« à la u conversion » des Juifs marocains ». La servilité, paraît-il. irait ( «'pendant de pair avec l'arrogance.

M. le vicorr.te de Foucauld (aujourd'hui le R. P. de Foucauld) a vu le Juif marocain avec ces deux défauts... et quelques autres. Citons encore :

(( Les Israélites au Maroc se divisent en « deux classes : ceux des régions soumises au « Sultan, Juifs de Blad-el-Maghzen ; ceux « des contrées indépendantes, Juifs de Blad-es- « Siba.

(( Les premiers, protégés des puissances euro- « péennes, soutenus par le Sultan, qui voit en « eux un élément nécessaire à la prospérité com- « merciale de son empire et à sa propre richesse, « tiennent par la corruption les magistrats, « auxquels ils parlent haut, tout en leur baisant « les mains, acquièrent de grandes fortunes, « oppriment les musulmans pauvres, sont reste pectés des riches et parviennent à résoudre « le })roblème difficile de contenter à la fois « leur avarice, leur orgueil et leur haine de ce qui « n'est pas Juif. Ils vivent grassement, sont « paresseux et efféminés, ont tous les vices et (( toutes les faiblesses de la civilisation, sans « en avoir aucune des délicatesses. Sans qua- « lités et sans vertus, plaçant le bonheur dans « la satisfaction des sens, et ne reculant devant

ISRAKL AU MAROC

« rien pour l'atteindre, ils se trouvent heureux

« Les Juifs de Hkul-es-Siba ne sont pas moins « méprisables, mais ils sont malheureux : atta- « chés à la j^lèbe, ayant chacun leur seigneur « musulman dont ils sont la propriété, pressurés

« sans mesure, se voyant enlever au jour le « jour ce qu'ils gagnent avec peine, sans sécu- « rite ni pour leurs biens, ni pour leurs personnes, « ils sont les plus infortunés des hommes. Pa- « resseux, avares, gourmands, ivrognes, men- « teurs, voleurs, haineux surtout, sans foi ni « bonté, ils ont tous les vices des Juifs de Blad- « el-Maghzen, moins la lâcheté. Les périls qui « les menacent à toute heure, leur ont donné une « énergie de caractère inconnue à ceux-ci et qui (( parfois dégénère en sauvagerie sanguinaire.

« J'écris des Juifs du Maroc moins de mal que «je n'en pense, parler d'eux favorablement « serait altérer la vérité. Mes observations s'ap- « pliquent à la masse du peuple ; dans le mal «général il existe d'heureuses exceptions. A « Fez, à Safran, à ]\Iakmar, à Tara, à Tarenakht, « à Debdou, en d'autres lieux encore, j'ai vu des « Israélites donner l'exemple de la vertu. Le « grand rabbin de Fez était aux yeux des musul- « mans mêmes un des hommes les plus justes de son « temps. Mais ces modèles sont rares et on les « imite peu ! »

Israël est donc servile... eh ! grands dieux certainement... lorsqu'il ne peut pas faire autrement pour conserver sa vie. Est-ce que cela ne

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cr

S* est pas toujours vu et partout, même chez nous, ' surtout chez nous, dans les classes qui sont aujourd'hui les plusfières? Mais si on pardonne cela au chrétien, on ne le pardonne pas au juif, mêriie quand on n'est pas antisémite. ^

La littérature des antisémites, elle, est féroce. En voici deux échantillons qui viennent d'Alger. Le premier, consacré au rabbin de Saint-Denis du Sig parut dans Y Antijuif du ii août 1899.

« ... C'était un de ces beaux Juifs marocains « qui, vus au repos, vous laissent perplexes « sur le rang qu'ils occupent dans l'échelle « animale.

« On se demande : est-ce un cochon, un boule- « dogue, un macaque ou un jeune chameau ? « C'est un peu de tout cela, en somme, au « physique et au moral. Cependant, ne croyez « pas qu'il se déplaise à lui-même; au contraire « il se croit très séduisant. •

« Au fond il n'a pas tort, puisqu'il trouve à « séduire !

« Mais n'allez pas croire que sa conquête soit (( une de ces jeunes guenons qui n'ont de la « femme que le sexe ; pas du tout ; est-ce ques- « tions de douros, de bijoux ou autres miroirs à « alouettes ? Toujours est-il que l'être qui a

laissé s'écrouler cette outre d'huile sur ses charmes, est jeune et jolie, pleine d'appâts, mais heureusement... Juive, l'honneur de la femme est sauf !

« Au moment où les deux animaux chantaient le plus beau couplet

« Dans ce tableau rapide des mœurs youtrines « on ne doit voir que l'origine de la corruption (f qui nous envahit chaque jour d'avantage.

(( La décence nous a fait passer sur des détails (( absolument dégoûtants, dans cette affaire qui « a révolté Saint-Denis du Sig, où cette colonie « de Juifs marocains apporte l'usure et la dépra- « vation à un degré invraisemblable »...

L'autre, qui est en vers, car il y a des poètes en Algérie, parut également dans VAntijuif (27 i janvier 1898). Consacré aux juifs émancipés d'Alger il peut s'appliquer à ceux de Tanger.

« Les Juifs avant not' conquête

« Etaient d' sales bêtes « Ils étaient crasseux et teigneux

« Avant Crémieux « Maintenant l'Juif est un autre homme

« Il fait la gomme (( Il fait le sélect le pschutteux

« Depuis Crémieux.

« Les juifs avant not'conquête « Etaient d'sales bêtes « On leur crachait dedans les yeux Avant Crémieux

« Maintenant \c Juif plein cl'inii)ortance (( (jonlle sa panse « Il se croit descendu des Dieux « Depuis Créniieux.

« Les Juifs avant notre conquête « Faisaient d' sales têtes, « Quand le Dey exigeait d'eux « Quelque chose d'honteux « Maintenant ils ont tous des cocottes « Oui les bécottent « Et se croient aimés pour leurs beaux yeux « Depuis Crémieux.

« Etc., etc. »

Je vous fais grâce des et caeteras, car ils sont vraiment trop dans le goût algérien, et chacun sait que le goût algérien n'est pas précisément le bon goût.

Incontestablement les Juifs marocains lorsqu'ils sont esclaves ont les vices de la servilité, et lorsqu'ils se libèrent ils ne peuvent éviter les défauts de l'affranchi. ^lais, encore une fois, c'est un phénomène humain, régulier, normal, naturel, qui est de tous les temps et de tous les pays, et s'applique à toutes les races, à toutes les classes. Condamner les Juifs marocains parce qu'ils se montrent tels que je les ai dessinés dans les illustrations de ce chapitre, arrogants, insolents, orgueilleux et vaniteux, bruyamment fêtards et noceurs ou bien gourmands, outrageu-

rment gourmands, aimant le vin et les bijoux, \ raiment cela serait tout à fait ridicule.

Hommes, pauvres hommes, les lois de l'humanité les régissent... malgré tous les sages pré- -.eptes de Moïse, de Salomon et de Maïmonide.

(HAIM'I RK V

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